Band 
Tome second. AL - AOU.
Seite
358
JPEG-Download
 

358 AME

qui survient parmi le bétail transplanté«te l’Europe dans les colonies anglaisesde terre - ferme , depuis le quarantièmedegré de latitude , jnstiu’à 1 extrémitédu Canada, Hijl. nat & civ. de la Pen-Jylvanie. Quant à l’homme sauvage, lagroílìéreté des alimens , & le peu d’jn-clination qu'il a popr le tiavail d s ,mains , le rendent moins robuste qu oune seroit tenté de le croire , fi lYn nesavoir que c'est principalement l'hahi-tude du travail qui fortifie les muscles& les nerfs des bras , «om me l'habitndede chass r fait que les Américains fou,tiennent de longues marches : & c’estprobablement ce qui a déterminé M,Fourmpnt à pommer ces peuples-!à despeuples coureurs, Rêfi- critiques , quoi-qu’ils ne courent ou ne chassent quelorsque la nécessité la plus pressante lesy obtjge. Car quand ils ont quelquesprovisions de chair boucanée, ils restentjour & nuit couchés dans leilrs cabanes,d'où le besoin seul peut tes forcer à sor-tir ; & on sait aujourd'hui par un grandjvmbre d’observations recueillies dansdifférentes contrées , que tous les sau-vages en général ont un tel penchantpour la paress , que c’est là un des ca-ractères qui 1er distingue le plus des peu-ples civilisés. A ce vice honteux il fautjoindre encoie une insatiable soif des liquelKS spiritueuses ou f. rmrntées , L.alors on aura une idée a fr éSî juste de tonsles excès dont ces barbares sont capa-bles. Ceux (iui croient que l’extrême in-tempérance dans le boire ne, régné quechez des peuple' situés fais des climatsfroids . se trompent, puslqu’on voit partoutes l»s relations , que fous les cli-mats les plus froids , comme fous les cli-mats les plus chauds , les Américainss’enivrent avec la\méme fureur, toutesles fois qu’ils en ont l’occafion ; & ilsauroient presque toujours, cette occa-sion , s’ils étoient moins paresseux. Maiscomme ils ne cultivent que très-peu demaïs & dç manioc , la matière premiered’où il faut extraire la liqueur , leurmanque souvent ; car on sait que leeaouin , la piworée , la ehica,, & d’autresbreuvages factices de cette eípeee, fontpour la plupart tirés de,1a farine du maïs& rfe fa cassavo. Chez les hordes, qui necultivent absolument point, comme lesMoxes, les Patagtms fr-milíp autres ,on

AME

emploie des racines, des fruits sauvages& même les lustres des ronces , pour don-ner du goût à l'eau , & lui communiquerune qualité enivrante ; ce qui est très-ai-sé par le moyen de la fermentation , qui«'opère •(l’ellt'-méme. On soupçonne quele tempérament froid & phlegmatiquede*. Amériquains , les porte plus que lesautres hommes vers ces, excès, qu’onpnurroit nommer, avec M. de Montes-quieu ,.une ivrognerie de nation ; cepen-dant il s’en faut bien que les liqueursqu’ils brassent eux - mêmes , détruisentantapt leur sftnté que l'eau - de- vie queles Européens leur vendent, .& qui faitdes ravages aussi grands,que la petitevérole , que les Européens ont égale-ment apportée an nouveau monde, oùelle est fur-.tout funeste à ceux d’entreles sauvages qui vont nus, parce que leurépiderme & leur tissu muqueux , tou-jours,exposés à l'air, Répaississent ; & ilsçn, hou hent encore lc! pores'avec descouleurs, des graisses & des huiles, dontils .(e vernissent tout le corps, pour se ga-rantir des piquâtes des insectes, multi-pliés au-delà de l’iniagination dans lesforêts.& les lieux incultes: & c’est îapersécution qu’oti y essuie de la part desMarJugOUÎns & des Moustiques qui aaussi enseigné l’ufage de fumer du tabac.

Les anciennes relations parlent très-souvent de l’cxtrêrae vieillesse à laquelletous les Américains parviennent : maison fait aujourd'hui qu’il s’est glissé dansces récits des exagérations- grossières ,qui encouragèrent vraisemblablementcet imposteur ridicule , qu’on a vu pa-raître en Europe sous le nom A' H ult a-zob , & qui vouloir se faire passer pourun çscique Américain , âgé de cinq centans. Nous l’avons observé & M. Ban.croft a fait la même observation dans 1*Guiane en ivfiíí ; il est impossible de eon-noître exactement fáge des sauvages,parce que les uns manquent absolumentde mots numériques , & chez les autres ,les mots numériques fònt à peine portésjusqu’au terme de trois r ils n’ont pas demémoire , ni rien de ce qui seroit néces-saire Mur y suppléer ; & faute de calen-driers , ils ignorynt non - seulement lejour de leur naissance, mais même Tan-née-tìe leur naissance. En général, ilsvivent autant que les autres hommes ,3H moins dans les contrées septentrio-