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à en développer la génération & à enfaire différentes compositions ou décom-positions pour les comparer par tous lescotés qui peuvent en montrer les rap-ports.
Vanalyse ainsi définie, il est aisé de voirqu’elle est le vrai secret des découvertes.Elle a cet avantage fur la synthèse, qu’el-le n’offre jamais que peu d’idées à la fois ,& toujours dans la gradation la plus sim-ple. Elie est ennemie des principes va-gues , & cle tout ce qui peut être contraireà i’exactitude & à ía précision. Ce n’cstpoint avec le secours des propositions gé-nérales qu’elle cherche la vérité , maistoujours par une espece de calcul; c’est-à-dire, en composant & décomposant lesnotions pour les comparer, de la maniéréla plus fivorable aux découvertes qu’onen a vues. Ce n’est pas non plus par desdéfinitions, qui d’ordinaire n« Font quemultiplier les disputes : mais c’est en ex-pliquant la génération de chaque idée.Par ce détail, on volt qu’elle est la feuleméthode qui puisse donner de l'évidenceà nos rsisonnemens, & par conséquentla seule qu’on doive suivre dans la recher-che de la vérité , & dans la maniéré mê-me d’en instruire les autres ; honneurqu’on fait ordinairement à la synthèse. IIs’agit maintenant de prouver ce que nousavançons.
Tous les philosophes, en général, con-viennent qu’it faut dans l’expolition ,comme dans la recherche de la vérité ,commencer par les idées les plus simples& les plus faciles ; mais ils ne s’accor-ilent pas fur la notion qu’íls se Formentde ces idées simples & faciles. Presquetous les philosophes, à la tè.te desquelsonpeut mettre Descartes, donnent ce nomà des idées innées, à des principes géné-raux & à des notions abstraites, qu’ilsregardent comme !a source de nos con-noissaoces. De ce principe, il s’cnfuit né-cessairement qn’il faut commencer pardéfinir les choses , & regarder les défini-tions comme des principes propres à enfaire découvrir les propriétés. D’nntrescn petit nombre , tels que Locke & Bi-con, entendent par des idées simples, lespremières idées particuìicres qui nousviennent par sensation & par réflexion ;se sont les matériaux de nos connoissin-ces que nous combinons félonies circon-stances, pour en former des idées comple-
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xes, dont Vanalyse nous découvre les rap«ports. II ne faut pas les confondre aveoles notions abstraites , ni avec les princi-pes généraux des philosophes; ee íbntaucontraire celles qui nous viennent immé-diatement des sens , & à la faveur des-quelles nous nous élevons en-suite par de-grés à des idées plus simples ou plus com-posées. Je dis plus composées , paroe queVanalyse ne consiste pas toujours, commeon se l’imagine communément, à passerdu plus composé au plus fimple-
II me semble que si ou saisissait bien leprogrès des vérités, il seroit inutile dechercher les raisonuemens pour les dé-montrer , & que ce seroit assez de lesénoncer; car elles se suivroient dans untel ordre , que ce que l’une ajouterait àcelle qui l’auroit immédiatement précé-dée, seroit trop simple pour avoir besoinde preuve ; de la sorte on arriverait auxplus compliquées, & l'on s’en assureraitmieux que par toute autre voie. On éta-blirait même une li grande subordinationentre toutes les connoissances qu’on au-rait acquises, qu’on pourrait à son gréaller des plus composées aux plus sim-ples, ou des plus simples aux plus com-posées ; k peine pourroit-on les oublier,ou du moins, si cela arrivoit, la liaisonqui seroit entr’eìlcs , faciliterait lesmoyens de les retrouver.
Mais pour mieux faire sentir l’avanta-gs de l 'analyse fur la synthèse , interro-geons la nature, & suivons l'ordre qu’elleindique eile-même dans Texposition dela vérité. Si toutes nos connoissancesviennent des sens, il est évident que c’estaux idées simples àpreparer l’intelligen-ce des notions abstraites. Est-il raison-nable de commencer par Tidée du possiblepour venir à celle de T existence, ou parTalée du. point pour passer à celle du so-lide ? II est évident que ce n’est pas là lamarche naturelle de i’esprlt humain : siles philosophes ont de la peine à recon-noître cette vérité, c’est parce qn’ilssonfcdans le préjugé des idées innées, ou parcequ’ils se laissent prévenir pour un usageque le temps parait avoir consacré.
Les géomètres mêmes , qui devraientmieux connoitre les avantages de Yana-hse que les autres philosophes, donnentsouvent la préférence à la synthèse ; sulsiquand ils sortent de leurs calculs peupentrer dans des recherches rì’une nature