ANA
vulgairement Vintérêt tic Vintérêt ou l'in-térêt comprise, f 7 '. IntÉkÈT.
C’est la plus criminelle espece d’usure ;elle est sévèrement condamnée par lesloix romaines, & par le droit commun dela plupart des nations; elle est contrairesu droit naturel & divin ; nulle autoritén’en peut accorder ni la dispense ni l’ab-solution , même à l’article de la mort,sans la restitution, ou d u moins la pro-messe de restituer , si on le peut, tout lebien acquis par ce crime également opposéà la justice & à la charité. fAUsuitE. (#)
* ANATOLIE , voyez Natolie.
¥ ANATOMIE, f. f. (Ordre encycl.Entend. Raison, Philos, ou Science,Scien-ce de la nut. Phyjìq. générale, particul.Zoologie, Anat.Jìinple & comparées) G’estl’art de disséquer ou de séparer adroite-ment les parties solides des animaux,pour en connoítre la situation, la figure,les connexions, &c. Le terme anatomievient de ocvxreiu.vu , je coupe , je dìjseque.II a différentes acceptions. S’il se prend,comme on vient de le dire , pour l’art dedisséquer, il se prend aullì pour le sujetqu’on dissèque ou qu’on a disséqué; &quelquefois même pour la représentationen plâtre, en cire, ou de quelqu’autremaniéré, soit de la structure entiere ; soitde quelqu’une des parties d’un animaldisséqué. Exemple : IIy a uu cabinet duroi de heUes anatomies en cire.
Eut de l'anatomie. Le but immédiat deYanatomie prise dans le premier sens, ouconsidérée comme l’art de disséquer, c’estla cnnnoissance des parties solides qui en-trent dans la composition des corps desanimaux. Lt but éloigné , c’est l’avanta-ge de pouvoir, àl’aide de cette contiois-sance, se conduire sûrement dans le trai-tement des maladies,qui font l’ohjet de lamédecine & de la chirurgie,Ce seroit fansdoute une contemplation très belle parclle-même, & une recherche bien digned’occHper feule un philosophe, que cellede la figure, de la situation, des conne-xions des os, des cartilages, des membra-nes, des nerfs, des ligamens , des ten-dons', des vaisseaux artériels, veineux,lymphatiques, fisc. Mais si on ne pnssoitde l’examen stérile des parties solides ducorps à leur action fur les parties fluides,fur le chyle , furie sang, le fait , la lym-phe , la graisse , £?V. & de-là à la couler- Ivation & au rétablissement de la machi- I
ANA fn
ne entiere ; ce travail retomberoit dansle cas de beaucoup d’autres travaux, quifont un honneur infini à la pénétration del’esprit humain , & qûi seront des mofiu-mens éternels de fa patience , quoiqu’onn’en ait retiré aucune utilité réelle.
Avantage de l anatomie. Lorsqu’on exa-mine combien il est nécessaire deconnoî-tre parfaitement le méchanisme de l’ou-vrage le plus simple , quand on est pré-posé par état, soit à l’entretien , soit aurétablissement de cet ouvrage , s’il vientà se déranger , on n’imagine guere qu’ily ait eu & qu’il y ait encore deux senti-mens différens fur l’importance de Vamt-tomie pour l’exercice de la médecine.Lorsqu’on s’est dit à foi-même , que toutétant égal d’ailleurs , celui qui connoîtrale mieux une horloge fera l’ottvrier leplus capable de la raccommoder, il sem-ble qu’on soit forcé de conclure , que toutétant égal d’ailleurs , celui qui entendrale mieux le corps humain , fera le plus enétat d’en écarter les maladies, & que lemeilleur anatomiste fera certainement lemeilleur médecin.
C’étoit auflì Lavis de ceux d’entre lesmédecins qu’on appelloit dogmatiques. IIfaut, disoient ils, ouvrir des cadavres ,parcourir les viscères , fouiller dans ies en-trailles , étudier l'animal jusques dans sesparties les plus insensibles ; & l’on ne peuttrop louer le courage d’Hérophile & d'E-rasistrate, qui recevoient les malfaiteurs& qui les disséquoient tout vifs , & la sa-gesse des princes qpi les leur abandon-noient, & qui sacrifioient mi petit nom-bre des médians à la conservation d'unemultitude d'innocens de tout état, de toutâge, & dans tous les siécles à venir.
Que répondoient à cela des empyriques?Que les choses ne sont point dans un ca-davre , ni même dans un homme vivantqu’on vient d’ouvritgee qu’elles sont dansle corps sain & entier ; qu’il n’est guerepossible de confondre ces deux états fauss’expoíer à des fuites fâcheuses; que siles demies notions font toujours nuisibles,c’eft íhr-teiit dans le cas présent ; que larecherche anatomique, quelque exacte& parfaite qu’on la suppose , ne pouvantjamais -rW5(i procurer d’évident fur !e tis-su des solides, fur la nature des fluides,fur le jeu de la machine entiere , cette re-cherche ne manquera pas de devenir lefondement d'une multitude de systèmes,