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Tome second. AL - AOU.
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depuis Descarles jusqu’à Pinvention descalculs rfiff rent el Sc intégral. tsoy. Al-gèbre , Différentiel , Intégral,& Géométrie. (O)

ANCIENS , f. m. pi. Bell. ht. II sedit particulièrement des écrivains & desartistes de Tancienne Grecs & de l’an-cienne Rome.

Dans les dialogues dr P.rrault intitulésParallèle des anciens & des modernes . l’undes interlocuteurs prétend que c’est nousqui sommes les anciens. “ N’est-ii pasvrai, dit-il, que la dure'e du monde estcommunément regardée comme celle dela vie d’uii homme; qu’elle a eu fou enfan-ce,fa jeunesse & fou âge parfait, & qo’ei-le est présentement dans fa vieillesse? Fi-gurons-nous de même que la nature hu-maine n’est qu’ui seul homme. íi est cer-tain que cet homme auroit été enFantdans l’eufance du monde, adolescent dansson adolescence, homme parfait dans laforce de son âge , & que présentement l.emonde & lui fe oient dans leur vieillesse.Cela supposé , nos premiers peres ne doiveat-ils pas être regardés comme les enfans, & nous comme les vieillards Sc lesvéritables anciens du monde,, ?

Ce sophisme ingénieux d après lequelon a dit plaisamment, le monde estJìvieuxqit'ilradote , a été pris un peu trop à lalettre par fauteur du Parallèle. Ii peutRappliquer avee quelque justesse auxconnaissances humaines , an progrès dessciences & des arts, à tout ce qui ne re-quit son accroissement & sa maturité quedu temps. Mais qu’il eu soit de même ditgoût & du génie , c’est ce que Perraultn’a pu sérieusement penser & dire. Iciles caprices de la nature , les circonstan-ces combinées des lieux , des hommes &des choses , ont tout fait, fans aucunerègle de succession & de progrès. Où lescauses ne font pas constantes,, les effetsdoivent être bizarrement divers.

L’avantage que Fontenelle attribueaux modernes d 'être montés fur les épaulesdes anciens , est donc bien réel du coté desconnoissances progressives , comme laphysique, l’astronom e, les méchaniques:la mémoire & l’expérieuce du passé , lesvérités qu’on aura saisies, les erreurs oùl’on fera tombé, les Faits qu’on aura re-cueillis, ics secrets qu’on aura surpris &dérobés àia nature, les soupqons mêmequ anta Fait naître finductioii ou l’analo-

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gie , feront des richesses acquises ; Scquoique pour passer d’un siecle à I autre ,il lent ait fallu franchir d’immenfes dé-serts d’ignorance , il s’est encore échap-pé , à travers la nuit des temps, assez derayons de lumière , pour que les obser-vations, les découvertes , les travaux desanciens aient aidé les modernes à péné-trer plus avant qu’eux dans f étude de lanature & dans l’invcntion des arts.

Mais en fait de talens , de génie & degoût, la succession n’est pas la même. Laraison & la vérité se transmettent, î in-dustrie peut s’imiter ; mais le génie nes’imite point, f imagination & le senti-ment ne passent point en héritage. Quandmême les facultés naturelles fendent éga-les dans tous les siécles, les circonstan-ces qui développent on qui étouffent lesgermes de ces facultés, setv.arient à Pin-fini : un seul homme changé, tout chan-ge. Qu’importe que sous Attila & fousMahomet la nature eut produit les mê-mes talens que fous Alexandre & fousAuguste ?

II y a plus : après deux mille ans , lavérité ensevelie se retrouve dans fa pu-reté comme l’or, L peur la découvriril ne faut qu’tin seul homme. Copernica vu le système du monde, cornmes’ïl fûtsorti tout récemment de Pécule de Py-thagore. Combien d’arts & combien desciences, après dix siécles de barbarie,ont repris leurs recherches a» mêmepoint où l’antiqnité les avoit laissées ?

Mais quand le flambeau du génie estéteint; quand le goût, ce sentiment sidélicat, s’est dépravé; quand l’idée es-sentielle du beau , dans la nature & dansles arts , a fait place à des conceptionspuériles & fantasques , ou absurdes &monstrueuses ; quand toute la masse desesprits est corrompue dans un siecle, &depuis des ficelés: quels lents efforts nefaut-il pas à la raison & au génie même ,pour se dégager de la rouille de Pignô.rance & de ('habitude, pour discernerparmi Ics exemples de l’antiquité ceuxqu’il est bon de suivre & ceux que l’ondoit éviter ?

Perrault , ses partisans & ses adver-saires ont tous eu tort dans cette dispute;aux uns c’est lc hon goût qui manque,& aux autres la bonne foi.

Quelle pitié de voir, dans les dialo-gues furies anciens est les ;ucderi}eSj op-