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Tome second. AL - AOU.
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qu’à Tacite, & de Vautre enté font auplus un ou deux liecles de culture; d’ob-server ensuite ce qu’un demi lieds amisdepuis dans la balance. On pourroitdire alors : voilà ce qu’a donné l’efpaeede soixante années. Qu’on attende en-core quelques siécles , & quand les tempsseront égaux , on aura droit de compa-rer les hommes.

On rapprocherait ensuite les circon-stances locales, celles des hommes <fc destemps ; & combien, du coté de la poé-sie , comme de 1’éloquence & de Pliistoi-re, les modernes n’auroient-ils pas degloire d’avoir surmonté tant d’obstaclespour approcher des anciens ? sfoyeal’ar-ticle Poésie.

C’étoit ainsi , ce me semble , que cettecause devoit être plaides. Si on ne se paf-fionnoit que pour la vérité, on feraitjuste, impartial comme elle ; mais onse passionne pour son opinion , & la va-nité veut avoir raison , à quelque prixque ce soit.

Le parallèle de Perrault dans la par-tie des arts, est d’un homme plus éclai-ré , mais présumant trop de ses forces,ou plutôt donnant trop à l’adulatiorr.Quand il seroit vrai que les modernesauraient égalé les anciens en sculpture,en architecture , .la gloire de cïs deuxarts n’en seroit pas moins toute entiersou presque tonte entiere à ceux qui, lesayant créés, les ont portés à ua pointd’élégance, de correction , de noblesse,digne de servir de models. On a beau di-re qii'on peut ajouter aux beautés de l’ar-eiiitecture ancienne, cela n’est pas arrivéencore. On a donné plus de hardiesse Scde commodité aux édifices > c’est le fruitde P expérience; mais plus d’élégance &de majesté, non. Or, c’est là le fruit dugénie.

Quant à la peinture & à la musique, ilfaut savoir douter des prodiges què l’onnous vante ; mais ne pas assurer fur despreuves légeres que ces arts n’étoientqú’au berceau; que les anciens qui chan-taient fur la lyre ne se doutoieni pas desaccords; que dans la peinture ils n’a.voient ni la magie du clair - obscur ,ni l’une & l’autre perspective ; ne pasjuger d’Athènes d’après Pompeïa; &présumer qu’un peuple dont les nfga-neà étaient si délicats & le goût fi fin && juste, ne se seroit point passionné pour

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ces deux arts, s’il n’avoit pas été à peuprès de niveau avec ceux où il excelloit.Apelles, limante , Action; en auroient-iis imposé aux juges de Praxitèle & dePhidias? Une musique Foible auroit-el-le produit des effets qu’on oferoit à pei-ne attribuer à {'éloquence, & fait crain-dre. même aux plus sages, fou influen-ce sur les mœurs, & sou ascendant furlcsloix? Ce préjugé, favorable aux «íj-cicns , méritoit qu’on ne négligeât aucundes avantages du coté des modernes, &l’Italie eut été d’un grand poids dans labalance des beaux-arts. D’on vient doncque Perrault a eu la vanité de n’v faireentrer que Pécule framjoise ? II avoir faitun mauvais petit poème , dans lequel,pour flatter Louis XIV, il avoit opposéson régné à toute l’antiquité. Ou trou-va la louange outrée; il voulut la jus-tifier, & fit tm livre , où avec de P es-prit il s’efforqoit d’avoir raison : moyenpresqu’affuré de faire un mauvais livre.

Ainsi lui - même il avoit affoihli unecause déja trop foible , en détachant duparti des modernes tout ce qui n’appav-tenoit pasau régné de Louis le. grand ; &s’il appelle à son secours Malherbe,Pascal & Corneille, fur-tout l’Ariofte &le Tasse , c’est qu’il s’oublie, L perdde vue l’objet qu’il s’étoit proposé.

Mais ce qui Pavait mis encore plus àl’étroit, c’est l’alternative comique à la-quelle il étoit réduit, 011 de louer fesadversaires & les amis de fes ennemis,ou de renoncer à tout l’avantage queleurs talens donneroient à fa cause. Ra-cine, Desprcaux , Molière, la Fontaineétoient bien d’autres hommes A opposeraux anciens , que Chapelain & Scuderi.II eût fallu avoir le courage & la fran-chise de les louer autant qu’ils méri-toient del’être; & cette vengeance étoiten même temps 1a plus noble & la plusadroite qu’il pût tirer d’un injuste mé-pris. (AI. Alarmontcl.)

A'nciens, Antiquité, Bemtx . m - ts .Lorsqu’en traitant des beaux arts onparle des anciens ou de f antiquité, onentend fous ce nom les peuples ancienschez lesquels ces arts ont été fìoriffans,& ce font principalement les G/ecs&les..Romains. Ces deux nations se sont dis-tinguées par la délicatesse de leur goût,par t'excellence de leurs ouvrages. On nesauroit disconvenu qu’elses ont porté