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Tome second. AL - AOU.
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les arts à un degré de perfection que les 1■modernes n’atteignent que très-rare-meut. II y a eu des critiques qui ont exal-té avec tant d'enthousiasme la fupério- -■rite des anciens , que d’autres ont cruvoir dans ces éloges une censure offen-sante des modernes. C’elt ce qui occa-sionna en France la dispute fi vive & siconnue sur la prééminence entre les an-ciens & les modernes , dispute qui pen-dant quelques années fut poulsée depart & d’antreavec trop de chaleur. ■■■•

Nous n’entrerons point ici dans cettequerelle. La discussion serait plus longueque ne l’a cru M. Perrault, qui a préten-du prouver dans son petit ouvrage , Pu--nillele des anciens U des modernes, qneles modernes ont égalé & même surpasséles anciens dans tous les genres. Nousnous bornerons à des réflexions généra-les furie goût des anciens , telles qne lanature de cet ouvrage le permet. Nous .n’en parlerons même ici que relative-ment à l’éloquence & à ta poésie , ren-voyant à l 'art. Antique pour ce quiconcerne les arts de la peinture & de iasculpture.

Les réglés fondamentales d u goût font.les mêmes dans tous les ficelés, puif-qu’elles découlent des attributs invaria-bles de l’efprit humain. II y a néanmoins-beaucoup de variétés dans les formes ac-cidentelles fous lesquelles le beau fepeut présenter. C’est à ce qu’ily a d’acci-dentel qu'on doit nécessairement faireattention, lorfqu'il s’agit de juger desanciens. Un morceau d’éloqucnce ou depoésie peut être parfaitement beau, &•s’écarter néanmoins beaucoup de ce quichez les modernes p a île pour être de laplus grande beauté. Si l’on néglige defaire cette réflexion, on risque de por-ter à tout moment des jugemens faux.On ne doit pas juger de la beauté d’unhabillement persan d’après la mode desEuropéens; il faut nécessairement avoirfous lesyeuxh forme persane ; c’eft clleseule qui peut servir de réglé dans le- ju-gement qu'on voudra porter.

La forme que les anciens donnaient àleurs ouvrages de 'goût s’éloigne pour■ l’ordinaife très-fort de la forme qu’onfuit aujourd’hui , quoique 1 essence de.ces ouvrages n’ait point varié. Nous, par-lons ici principalement des écrits qui nefont pas de simple amusement, mais qui

ont un but moral, qu’ils tâchent d’obte-nir fous une forme accommodée au goûtdit fiecle. . : ,

Le but des poètes Grecs, par exemple,dans leurs tragédies, n’étoit pas unique-ment de jeter.pour quelques heures lesspectateurs dans une agréable agitationde fentimens divers, démontrer leur ha-bileté dans sart de remuer ies passions,& de s’attirer une considération ou d’au-tres avantages personnels, ce qui est lebut ordinaire des .poètes modernes. Cettedifférence dans les vues a dû nécessaire-ment en produire une très - grande dansl’exécuti on.

11 n'y a peut-être point de genre, soiten poésie, soit en prose, qui n’ait étédans fa premiere origine introduit à l’u-i’age de la religion ou de la politique.C est d’après cette remarque qu'il fautjuger de la forme accidentelle de chacunde ces genres. Sans le secours de ce fil,on s'égareroit, & l’on porteroit des ju-gemens très-faux & très-injustes fur lesouvrages de sautiquité. Combien d'au-teurs modernes qui. désapprouvent leschontrs dans les tragédies anciennes-,parée qu’ils leur paroissent peu naturels !Mais s’ils fuioient réflexion que leschants folemnels. de ces chœurs étoientla partie la plus .essentielle des prentia-res tragédies, & que faction n’étoitqn'un accessoire ( P . Chœur , Episo-de), ils recotinoítroient que les poètesn’avant pas la liberté de toucher auxchœurs , ont su les incorporer à factionavec beaucoup de. sagesse & tout le goûtimaginable. ■ -

On trouve pareillement dans les ou-vrages des anciens , des traits qui répon-dent parfaitement & de la maniéré la-plus judicieuses an but principal de fau-teur, & qui par conséquent tienncntjàla. perfection de fourrage ; & l’on nesaurait nier néanmoins que dc pareilstraits dépareroient infiniment l'ouvraged’un auteur moderne. Qu’on lise parexemple dans VAntigène de Sophocle-,la quatrième sceue du premier acte, ontrouvera froide & choquante la maniérédont le soldat vient annoncer à Créonfeiiterrementde Pnlynice. Une personnepeu instruite fera tentée de croire que-Sophocle a vonln ici donner dans le bur-lesque. Mais quand on se rappellera l’.o-bligation que ía politique imposoit aucc