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Tome second. AL - AOU.
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Ceux qui entreprennent d’envoyer desvaisseaux en armement, ne sauroienttrop s’attacher à la bonté des ancres,parce que la vie de l’éqnipage y est in-téressée, & que la conservation des na-vires & des marchandises en dépend. Ilsne sauroient être trop attentifs à ce quele fer qu’on emploie pour les fabriquerne soit ni trop doux ni trop aigre , lesdeux extrémités étant également dan-gereuses, parce que le trop d'aigreur lefait casser , & le trop de douceur le rendpliant & le fausse. C’est pourquoi ceuxqui veulent avoir de bonnes ancres fontfaire un alliage de fe' d’Efpagne, qui estdoux, avec lc fer de Suede, qui est aigre& leur donnent ainsi le degré de-bontéconvenable.

L’ancre dont nous venons de donnerla description & d’indiquer les usages,est un assemblage de barres plattes &pyramidales, arrangées les unes fur lesautres, & forgées ensemble de façonqn’elles aient pins de diamètre & moinsde longueur que la piece qu’on veut for-ger, parcs qu’elies s’étendent & dimi-nuent d’épaissenr en les forgeant.

Toutes ces barres liées ensemble avecdes liens de fer soudés, qu’on fait entrerpar le petit bout dú paquet, & qu’onchasse ensuite à grands coups, reçoiventplus d’épaísseur à mesure qu’eltes s’éloi-gnent du centre, afin que le feu agissedavantage fur elles.

Quand on a percé la croûte de charbonqui enveloppe le paquet, on connoît qu’ilest assez chaud & propre à être soudélorsqu’il paroîtnet & blanc. Alors, à Lai-de de la potence & de fa chaîne qui em-brasse le paquet, on le porte assémentsousle martinet, K on le soude en quatre oucinq coups qu’on lui donne: c’est cequ’on appel] e forger lu verge del'ccncre.On fait ensuite le trou par OÙ doit passerl’organeau ; on coupe le ringard ; on for.me le quarré L les tenons; on perce letrou qui doit recevoir la croisée; on pro-cedeensuide à forger la croisée & ies pat-tes qu’on fait avec des barres de fer for-gées comme eh dessus , L applaties dansleurs extrémités.

Lorsqu’on a encollé l’ancre , c’est-à-di-re après qu’on a soudé la croisée à la ver-ge , on la rechausse & on travaille à sou-der la bctlcvrè, c’est-à-diie, à frapper avecun marteau & réparer les inégalités qui

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restent nécessairement à l'endroît où s’estfait l’encollage.

Quoique la machine qtti meut le mar-tinet soit la chose la plus importante d’unattelier où l’on fait les ancres , nous n’enfaisons pas la description, parce qu’ellenous entraîneroit dans un trop long dé-tail. Nous renvoyons les curieux auxplanches de marine qui les instruirontbeaucoup mieux,

Quelque bien faites que soient les an-cres , 11 y auroit de l’imprudence à s’enservir avant de les avoir éprouvées , soiten les élevant en haut au moyen d’unegrue , & les laissant tomber sur un tas devieux fer; soit en attachant les bras del’ancre à un pieux enfoncé dans la terre,& en passant dans l’organean une cordeque l'on tire jufqu’â la casser, par lemoyen d’un cabestan. Lorsque l’ancre arésisté à ces diverses épreuves, elle estcensée bonne.

On fait des ancres de toutes grosseurs& longueurs, mais toujours proportion-nées aux efforts qu’elles ont à soutenir.On abat en rond tous leurs angles pourrendre plus doux le frottement contreles cables Lies rochers. Les ancres d'ungrand vaisseau font moins fortes à pro-portion que celles d’un petit, parce qu’ensupposant que les deux vaisseaux ontdans beau une égale étendue de bois re-lative à leut grandeur, on a expérimentéque la mer, qui déploie une égale forcecontre un petit vaisseau & contre ungrand, donne lieu à l’eau d’agir égale-ment fur,une étendue égale; ce qui faitqu’on supplée par le poids de l’ancre à lalégèreté d’un petit vaisseau qui n’apas lamême force que le grand pour résister àla violence de l’eau.

La longueur d’une ancre de six millelivres pesant doit être à peu près de quin-ze piés, & fa grosseur de dix pouces. Onsdoit toujours proportionner le poids desancres à la force de l’équipage & à lagrandeur du vaisseau.

On forgeoit autrefois les ancres à for-ce de bras dans tous les ports du royau-me; au jourd'hui on les forge au martinet,& c’est là la meilleure façon , parcequ’un marteau pesant huit cents livresdoit mieux souder qu’un marteau pesantquinze ou seize livres. On fe sert de char-bon de terre par préférence à celui debois, patch qu’il donns^ilus de chaleur,