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prime le-suc, il rend comme toutes lesautres, plantes de la famille, des orchis ,no.eodeitr. désagréable d’eau croupie.
Usages. Dans l’isle de Ternate les da-mes , l'nr-fout les princesses du sangroyal , que l’on appelle putri en langa-ge Mab.ys , & boki aux Moluques , scsont'tellement approprié l’usqge de cetteplanté,' qu’èlles se croiraient déshono-rés si des femmes du commun , & en-core plus des domestiques ou des escla-ves s’avisoient de parer leiir tête de sesfleurs ; de sorte que les femmes , lessœurs ou les filles des rois se sont réser-vé seules le droit d’envoyer chercherdans les bois-les fleurs de I’«»grec pourles attacher dans leurs cheveux, persua-dées que la nature elle-même en ne fai-sant c-roître cette plante que sur des lieuxélevés, leur démontre que ses fleurs nepeuvent convenir à des gens d’une basseçoudition , & c’estde-là que leur est ve-nu le nom de bonga putri bu bonga boki ,qui veut dire fleur de princesse. Les Ma-lays qui habitent les autres isles Molu-ques, emploient aufli Vetngrtc pour dé-corer leurs appartemens; à cet effet, ilsséparent de sa racine l’épi de fleurs & lebourgeon qui y tient, & le placent, nonpas dans dc l'eau qui leur procureroitun.e odeur Fétide, mais dans de la terre,L la conservent ainli pendant huit joursen fleur, lorsqu’ils ont attention de lacueillir an moment où celles d’en bascommencent à s’épanouir.
Cette plante a d’autres usage queceux de Ample agrément. La moelle her-bacée, de la gaine de ses bourgeons dé-pouillée de fa peau , pilée dans l’eau saléeavec un peu de eurcuma, «'applique avecsuccès fur les panaris , qui dìsparoiffenten peu de temps, ou qui se guérissent fansaccìdehs, lors même qu’.ils viennent àa-boutir. La même moelle pilée avec unpeu de gingembre , appliquée en cata-plasme fur le ventre , y excite d’abordune légers démangeaison , mais c’est unexcellent vermicide qui débarrasse peuaprès les intestins de toutes les humeursmalignes qui les remplissent. On mâcheses bulbes ou bourgeons jusqu'à cequ'il s’ensuive une Forte salivation pourdjstipcr les aphtes de la bouche. Quoiqueleur faveur soit sade & rafraîchissante euapparence, ou les mêle avec les autresmets patir les faire manger à ceux qui
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ont 1s dysenterie. Les habîtans d’Am-hoine préparent avec ses graines qui res-semblent d une farine jaune , une espe-ce de filtre qu’ils prétendent fi puissant,qu’une femme ne pourroit s’empêcherd’aimer éperdument & de suivre jusqu’àla mort un homme qui auroit eu le secretde lui en faire boire ou manger.
Rumphea observé deux autres especesou variétés de cette plante que nous al-lons rapporter.
Seconde espece. Le cocotier produitencore une forte d'angrec que quelques-uns regardent comme une espece , parcsqu’en effet elle différé assez de la premiè-re. Elle croît communément sur le cotédu tronc des vieux cocotiers. Sa racineforme une touffe de cônes longs, menus,mais mous & non piquans, dont la mas- .se feroit la charge d’un homme. Les gai-nes ou bourses de ses bourgeons fontcomme dans \'an grec commun , mais lis-ses , fans articulations ; les feuilles onttreize à seize pouces de longueur, troisfois moins de largeur, & font, par con-séquent ,' plus larges à proportion , maisplus épaisses, fans nervures, à l’exuep-tion d’un canal qui s’étetid à leur milieufur toute leur longueur.
Sa tige, qili porte fcs ‘fleurs en épi,a jusqu.’à cinq piés & demi delougueur;elle est cylindrique , ferme, presque li-gneuse, de la grosseur du petit doigt.Les cinq grandes feuilles de les fleurslonf jaunes, peintes de caractères bruns,qui pour l’ordinaire, ne forment que destaches assez'grofsieres, quoique quelque-fois on y distingue assez bien les trois let-tres, A , I, O; cette espece fleurit ennovembre.
Troisième espece. La troisième espececroît.pius communément fur les grossesbranches du mangier , & de quelquesautres arbres qui, comme lui, ont l’é-corce succulente. Ses feuilles font plusgrandes que dans les deux clpeces précé-dentes; elles ont vingt-sept à vingt-huitpouces de longueur , trois à quatre, pou-ces de largeur , & une feule nervurelongitudinale. Ses fleurs font au nombredc cinquante à cinquante-deux fur cha-que épi : leurs taches représentent moinsdes caractères hébreux que des lettres lu-tines ; de forte que l’on peut, en ran-geant plusieurs de leurs feuilles par os-dre , en gomposer dífférens noms.