A N I
la constiérons en elle-même , U fans aucunrapport à Tordre institué par le Tout-puis-sant, un myftei'C dont il semble qu'il ne nousest pas permis de fonder la profondeur.
La matière inanimée, cette pierre,cette argille qui cil sous nps pies, a bienquelques propriétés : son existence feuleen suppose 1111 très-grand nombre; & lamatière la moins organisée ne laisse pasque d’avoir, en vertu de son existence,line infinité de rapports avec toutes lesautres parties de l’univers. Nmis ne di-rons pas, avec quelques philosophes, queJa matière, fous quelque Forme qu’ellesoit, connoît Fou existence & Fes facultésrelatives: cette opinion tient à mie que-stion de métaphysique, qu’on peut voirdiscutée à T article Ame. II nous suffirade faire sentir que n’ayand pas iiolis-mêmes la connoissaitce de tous les rap-ports que nous pouvons avoir avec tousles oh jets extérieurs, nous ne devonspas douter que la matière inanimée a’aitinfiniment moins de cette connoiíFance,& que (Tailleurs nos sensations ne res-semblant en aucune façon aux objets quiles causent, nous devons conclure paranalogie que la matière inanimée n’ani sentiment ni sensation ni conscienced’existence , & que lui attribuer quel-ques - unes de ces facultés , ce seroitlui donner celles de penser , d’agir& de sentir , à peu près dans le mê-me ordre & de la même faqon quenous pensons, agissons & sentons, ce quirépugne autant à la raison qiTà la'reli-gion. Mais une constipation qui s’accordeavec Tune Vautre , U qui nous est sug-gérée par le spectacle de la nature dans lesindividus , c'est que Tétat de cette facultéde penser , d’agir , de sentir , réside dansquelques hommes dans un degré éminent ,dans un degré moins éminent en d'autreshommes , va en s'ajfoiblìjfaht à mesurequ'on suit la chaîne des êtres en descendant,(st s’éteint apparemment dans quelquepoint de la chaîne tris éloigné , placé entrele régné animal est le régné végétal , point,dons nous approcherons de plus en plus parles observations , mais qui nous échapperaà jamais ; les expériences resteront toujoursen déçu , U les fy flème s iront toujours au-delà , T expérience marchant fié d pié, (stVesprit de système allant toujours par sauts£st par bonds.
Nous dirons donc qu’étant-Formés de
A N I 675
terre & composés de poussière , nousavons en effet avee la terre & la pous-sière des rapports communs, qui nouslient à la matière en général; tels sontTétendue, rimpénétrabilîté , la pesan-teur, cy c. Mais comme nous n'apperee-vons pas ces rapports purement maté-riels , comme ils ne font aucune impres-sion au-dedans de nous-mêmes , commeils subsistent fans notre participation , &qu’après la mort ou avant la vie ils exi-stent & ne nous aff. tient point du tout,011 ne peut pas dire qu’ils fassent partiede notre être : c’est donc Inorganisation ,la vie , l’ame, qui fait proprement notreexistence. La matière considérée dons cepoint de vue , en est moins le sujet quel’accessoire ; c’est une envesoppe étran-gère dont Tunion nous est inconnue & laprésence visible ; & cet ordre de pen-sées qui constitue notre être, en est peut-être tout-à-fait indépendant. Jl nie sem-ble que Thiflorien de la nature accorde iciaux métaphysiciens bien plus qu'ils n'ofe-roient lui demander. jQticlìe que soit la ma-niéré dont nous penserons quand notre amefera débarrassée de son enveloppe U sorti-ra de F état de chrysalide , il est constantque cette coque méprisable dans laquellee!le reste détenue pour un temps , influe pro-digieusement sur Fordre de passées quiConstitue son être ; U malgré les suitesquelquefois très-fàcheuses de cette influen-ce , elle n'en montre pas moins évidemmentla sagesse de la providence , qui se sert decet aiguillon pour nous rappeUer Jans cessed la conservation âe nous-mêmes (st de notreespece.
Nous existons donc fans savoir com-ment, & nous pensons fans savoir pouH»quoi. Cette propofition me paraît évidentesmais on peut observer quant à la secondepartie -, que Faîne est sujette à une sorted'ínertie, en conséquence de laquelle elleresterait perpétuellement appliquée à lumême pensée , peut-être d la même idée , stelle n'en étoìt tirée par quelque chose d’ex-têrìeur à e'ìie qui Fuvertit , sans toutefoisprévaloir sursis liberté. C'est par cette der-'uiere faculté qu'elle s’arrête ou qu'elle passelégèrement d'une contemplation à uneautre'. Lorsque l'éxercice de cette facultécesse , elle reste fixée sur la même contem-plation-, (st tel esl peut-être í état de celuiqui s'endort, de celui mime qui dort, (stde celui qui médite très - profondément.
Vïí