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Tome second. AL - AOU.
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les, i! paroit certain qu’iis font incapa-bles de sonner cette association d’idées ,qui feule peut produire la réflexion, danslaquelle cependant contrite l'esience dela pensée. C’est parce qn’ils ne peuventjoindre ensemble aucune idée , qu’ils nepensent ni ne parlent; c’est par laméraeraison qa’ils n’inventent & ne perfection-nent rien. S’ils étoient doués de la puis-sance de réfléchir, même au plus petitdegré, ils scrutent capables de quelqueefpece de progrès; ils acquerroient plusd’industrie ; les castors d’aujourd’liui bâ-tiraient avec plus d’art & de solidité quene bàtiíToient les premiers castors ; l’a-beille perfectionnerait encore tous lesjours la cellule qu’elle habite : car si onsuppose que cette cellule est auísi parfaitequelle peut l’étre, on donne à cet in-secte plus d’efprit que nous n’en avons;on lui accorde une intelligence supérieu-re à la nôtre, par laquelle il appercevroittout d'un coup le dernier point de perfec-tion auquel il doit porter son ouvrage,tandis que nous-mêmes nous ne voyonsjamais clairement ce point , & qu’il nousfaut beaucoup de réflexions, de temps &d’habìtude pour perfectionner le moindrede nos arts. Mais d’où peut venir cetteuniformité dans tous les ouvrages desanimaux? Pourquoi chaque efpece nefait - elle jamais que la même chose,de la même faqon ? pourquoi chaqueindividu ne la fait-il ni mieux ni plus malqli’tin autre individu ? Y a t il de plusForte preuve que leurs opérations ne fontque des réfolt ts méehaniqiies & pure-ment matériels ? Car s’ils avoient lamoindre étincelle de la lumière qui nouséclaire , on trouverait au moins de la va-riété , si l’on ne vavoit pas de la perfec-tion , dans leurs ouvrages ; chaque in-dividu rie la même efpece ferait quelquechose d’un peu différent de ce qn’auraitfait lin antre individu. Mais non ; toustravaillent fur le même modèle; l’ordrede leurs actions est tracé dans l’efpeceenfiere, il n’appartient point à l’indivi-du; & si'l’on vouloit attribuer une ameaux animaux , on féroit obligé à n’enfaire qu’une pour chaque espace, à la-quelle chaque individu participerait éga-lement. Cette ame ferait donc nécesiai-remen'tdívisihle , par Conséquent elle fe-rait-matérielle & fo-rt différente de lanô-ire. Car pourquoi mettons-nous au co-a-

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traire tant de diversité & de variété dansnos productions & d ans nos ouvrages?Pourquoi l’imitation servile nous cnûte-t-elle plus qu’un nouveau deffein ? C’estparfe que notre ame est à nous, qu’elleest indépendante de celle d'un autre. &que nous r,'avons rien de commun avecnotre efpece que la matière de notrecorps : mais quelque différence qu’il yait entre nous & les animaux, on ne peutnier que nous leur tentons de fort prèspar les dernieres de nos facultés.

On peut donc dire que quoique les ou-vrages du Créateur soient en eux-mêmestons également parfaits, l'animal est , se-lon notre façon d’appercevoir, l'onvragcle plus complet, & que l’homme en estle chef-d’œuvre.

Eu effet, pour commencer par l’a»»-mal qui est iei notre objet principal,avantque de palier à Vhomme , que de raiforts,que de forces,que de machines & de mou-vemens sont renfermés dans cette petitepartie de matière qui compose le corpsd’un animal ! Que de rapports, que d’har-monie , que de correspondance entre lesparties! Combien de combinaisons, d’ar-rangemeps, de causes, d’cffets , de prin-cipes, qui tous concourent au même but,& que nous ne connoíffons que par des.résultats si difficiles à comprendre, qu’ilsn’ont cesse d’être des merveilles que parl’habitude que nous avons prise de n'ypoint réfléchir !

Cependant quclqu’admirable que cetouvrage nous paroisse, ce n’est pas dausl’individu qu’estla plus grande inerveil-le, c’est dans la succession , dans le re-nouvellement & dans la durée des efpe-ces que la nature paraît tout-à fait in-concevable . ou plutôt , en remontant pluehaut , dans l'ordre institué entre les -partiesdu tout , par une sagesse infinie est par unemain toute-puijsante ; car cet ordre unefois institué , les effets quelque surprenantqu'U s soient . sont des suites néce sûres st?Jhnplet des loix du mouvement. La machi-ne est fuite , st? les heures se marquent foutl'ieil de l'korloger. JHai(~entre les suitesiu méchanifme , il faut convenir que cettefaculté de produite jon semblable qui résidedans les animaux st? dans les -végétaux ,cette efpece d'unité, toujours subsistante st?qiiì paroit éternellecette vertu procréa-trice qui s'exercc perpétuellement fans sedétruire jamais, ejlfour nous , • quand nous