Band 
Tome second. AL - AOU.
Seite
686
JPEG-Download
 

686 A N I

l’animalité eR ce qui constitue l’animal,ma» qu’est-cette chose qui constitue Pani-malîquel est le caractère distinctif de l’ani-7nalitéí Recherche importante dans le sys-tème des êtres naturels ; question plusdifficile à résoudre que ne pensent lesphysiciens, qui se formant une idée del’aiiimal d’après des idées particulièresprises de quelques individus, prennentpour le caractère essentiel de \'animalitéce qui n’en est qu’u.ne variation.

La forme , la maniéré de i’e nourrir, decroître, de multiplier , la faculté loco-motive , le sentiment, voilà d'où l'on pré-tend tirer le caractère distinctif de V ani-malité. Mais on prouve d'une maniérésensible que toute cela est insuffisantpour le but que l’on se propose ; & cetterecherche nous mene à une impossibilitémanifeste d’exclure raisonnablement au-cun être naturel de la classe des animaux.Ainsi le philosophe qui étudie la naturesent ses idées s’aggrandir à mesure qu’ilcontemple plus attentivement fa marche& la gradation de ses productions , &bien-tôt il ne volt plus qu’un seul systèmeimmense, où il croyoit appercevoir d’a-bord plusieurs petits systèmes partiaux.

II n’y a psint de forme particulière af-fectée à i’animal ; il n’y a point déforméparticulière exclue de Vanimalité. L’estce qu’indique la variété infinie des For-mes animales : suivez la métamorphosedu prototype depuis l’huitre jusqu’àla baleine, depuis le polype jusqu’à Pé.léphant, jusqu’à l’hnmme. Non - seule-ment ìa nature peut animaliser la matiè-re , sous telle forme qu’il lui plaît, fansexception , mais elle peut encore fairepasser un même individu par plusieursformes successives qui paraissent tvès-éloignées les unes des autres, & dontpourtant la seconde est engendrée par lapremière, comme elle engendre 1a troi-sième. C’estle phénomène que nous offrela métamorphose des insectes. Un faitplus particulier & plus curieux encore,est la transformation des poissons en gre-nouilles. On volt un petit poisson , especede têtard, pousser succ; Hivernent des pat-tes , perdre i'a queue, & changer la formede poisson en celle d’une'grenouille. Cechangement est fur - tout remarquabledans la grenouille d’Amboine, dont Pem-bryon est un petit poisson d’une figure sidéterminée , qu’on ns soupçonne roit pas

A N I

qu elle ne fût qn’un passage à une autreforme: c’est un corps ramassé, une têtecourte, une queue longue, garnie d’aile-rons remontés jusques vers la tête (fig.9 ) i du reste aucune apparence de pat-tes , qui puisse indiquer que ce soit unegrenouille déguisée. Bientôt Pembryouprend des pies, la queue disparaît, St lepoisson est une grenouille parfaite ( /ìF-14. ) Ce ne pas là la fin de cette feenechangeante. Les grenouilles de Surinam,de Curaçao & d’autres contrées de l'Amé-rique ,fe changent derechef en poissons.Dès qu’elles font parvenues à leur gros-seur , il leur pousse une queue au bas del’épine du dos , & à mesure qu’elle croîtleurs pattes s’cssacent, la tête change deforme , & le naturaliste témoin de cephénomène voyant un poisson parfait,garni de nageoires, est forcé de convenirque P animalité est indépendante des for-mes. F. GRENOUILLE.

Les zoophytes, animaux-plantes, ouplantes animales, font de vrais animaux,dont la forme extérieure approche plusdu végétai que de l’animal. Le champi-gnon marin, la plume de mer , une tigebrauchue , une gousse assez semblable àcelle qui contient la graine de pavots ,portée fur un pédicule enraciné dans unmorceau de rocher, font des êtres, dontVanimalité est constatée, & qui pourtants’éloignent assez des formes animalesordinaires, pour qu’il soit aisé de les con-fondre avec les formes végétales. Le po-lype à bouquet ressemble plus à une st; urqu’à toute autre chose. Auisi Marstgli apris les petits polypes marins pour dessieurs, par une méprise qui portoit uni-quement sur l’apparence extérieure, &Trentbley a douté quelque temps de lanature des polypes d’eau douce. Con-cluons que P animalité se cache souventsousles formes qui semblent lui conve-nir îe moins , lorlqii’ori les com pare à cel-les des autres animaux plus connus &plus ordinaires , mais que dans le vraîtoutes les formes lui conviennent, qú’ellen’en exclut aucune. en un mot, que tou-tes les formes naturelles font animales ,& qu’il n’est .pas possible d’admettre ladifférence des formes pour un distinctifsuffisant entre les animaux & les végé-taux. L^'ksGhívmpignon marin , Ho-LOTHVRIE , PlUME-OE-MER ,

Rein . ce-mer,-eiuape à tige déliée