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Tome second. AL - AOU.
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prentissage militaire enEspagiie.il se for-ma en joignant les Fatigues cl u soldat auxétudes du général. Dès l’âge de 26 ans,íl commanda f armée des Carthaginois ,qui lui avoient confié leur vengeance.Annibal p a fia d’Espagne en Italie , fran-chit lesPíreuées, parvint auRhône, &duborddece fleuve s’avança en dix jours,julqu'au pied des Alpes. Le passage de cesmontagnes lui causa des Fatigues incroya-bles & lui fit un 110m immortel. La neige,les glaces, les rochers, les précipices sem-blaient le rendre impossible. Enfin, aprèsneuf jours de marche à travers des vallées& des montagnes , Annibal se vit au som-met des Alpes. Cinq antres jours suffirentpour traverser la partie qui regavdoit l’I-talie. II entra dans la plaine, & la revuequ’it Stators de sestroupes,!ui apprit queson armée de 50 mille hommes de pied &de neuf mille chevaux, étoit réduite à 20mille hommes & à fix mille chevaux. Legénéral Carthaginois , malgré ses pertes,prit d’abord Turin ,• défit le consul Cor-nélius Scifion fur le bord du Tésin, &quelque temps après Sempronius , près dela riviere de Trebie. Cette bataille futmeurtrière. Les vaincus y perdirent 26mille hommes, & les vainqueurs acca-blés du froid le plus rigoureux , n’eurentpas la force de fe réjouir de leur victoire.A cela près tout réuffissoit à Annibal.L’année d’après il vainquit Cneius Flamì-nius près du lac de Thrasymene. Le gé-néral Romain resta mort sur le champ debataille, quinze mille ennemis périrent,fix mille furent faits prisonniers ; & An-nibal ne sachant que faire de tant de cap-tifs , renvoya fans rançon les Latins, &ne garda que les Romains. La républiqueaffligée de tant de pertes chercha à lesréparer, en élisant pour dictateur Q.Fabius Maxinrus. Ce grand capitaine ,qui acquit le surnom de Temporisenr, nes’appliqua qu’à observer les mouvemensà 'Annibal , à lui cacher les siens, & à lefatiguer par des marches multipliées,plutôt qu’à s’exposer à en venir à uncombat désavantageux, Fabius Maximus,que ses ruses & ses délais auroient dû fai-re aimer des Romains, ne s’attira que desplaintes. On partagea I’autorité du com-mandement entre lui & Minutius Félix,qui se laissa envelopper par le généralCarthaginois, & qui auroit péri, fans le

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secours de son collègue. Le temps de ladictature de Fabius étant expiré , Teren-tius. Varro & Paul Emile eurent le consu-lat & le commandement des armées. L’tin& l’autre furent vaincus à la bataille deCannes , 216 ans avant J. C. 40 millehommes de pied , & 2700 de cavalerieresterent fur la place. On dit qu 'Annibalenvoya à Carthage trois boisseaux d’an-neaux de 6530 chevaliers qui périrentdans ce combat. Annibal auroit dûpeut*.être profiter des avantages que lui of-Froient ses victoires, & marcher droit àRome ; mais il aima mieux passer l’hiverà Capoue ; & les délices de cecte villecauserent autant de maux à ses soldats,que ses armes avoient causé de terreuraux généraux Romains. En vain Annibalmarcha du coté de Rome pour l’aflîéger,les Romains en furent si peu touchés,qu’ils vendirent la terre où Annibal cam-poit. La pluie , les orages & la grêle l’o-bligerent de décamper, fans avoir eu letemps, pour ainsi dire, de voir les mu-railles de Rome. Le consul Marcellus eftvint ensuite aux mains en trois différenscombats ; mais il n’y eut rien Je décisif;& comme il en présentoir un quatrième,Annibal fe retira en disant : que faireavec un homme qui ne f eut ni vaincre niêtre vaincu ì Cependant Afirubai , frereà'Annibal, s’avançoit en Italie pour se-*,courir son frété ; mais Claude Néron luiayant livré bataille, tailla son armée enpieces & le tua lui-même. Néron rentrédans son camp , fit jeter à l’entrée de ce-lui A'Annibal la tête d’ Afdrubal. Le Car-thaginois en la voyant dit, qu’il ne dou-toit plus que le coup mortel n’eut étéporté à fa patrie. Carthage pressée de tousles cotés, songea à rappeller Annibal.Dès que ce héros fut arrivé en Afrique, ilpensa qu’il valoit mieux donner la paix àson pays, que de lui laisser continuer uneguerre ruineuse. II y eut une entrevueentre lui & Scifion ; mais le général Ro-main n’ayant voulu entier en aucune né-,gociation qu’auparavant le sénat de Car-thage n’eût fait des réparations à celuide Rome, ils ne purent convenir de rien.On en vint encore à une bataille ; Anni-bal la perdit, après avoir combattu avecautant d’ardeur que dans ses premieresvictoires : 40 mille Carthaginois furenttués ou faits prisonniers. Cette journée