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l’Yemen est le plus uniforme & le mieuxpolicé ; gouverné d’abord par des souve-rains particuliers , il reçut l’alcoran lafeptieme année de l'hégire.
Cette belle province excita plusieursfois l’ambition de l’Egypte, & fut sou-mise aux sultans ottomans. Elle devintla proie de Saladin , de Guri, de Soli-man j mais l’arnour de la liberté triom-pha toujours des armes ottomanes furles montagnes de cette province. En1630, Khassem , l’undesfclieichs indé-pendans , força les hachas Turcs à quit-ter le pays ; Ismaël, son fils , affermitcette heureuse révolution , & prit laqualité d’iman : on l’honora comme unsaint pendant sa vie & après fa mort: sonrenoncement au plaisirs du siécle , fafrugalité, fa modération , furent les ti-tres de son apothéose, II n’eut d’autresrevenus que le produit de la vente desbonnets qu’il n’avoit pas dédaigné de fairelui-méme.
De toutes les villes commerçantes del’ Arabie, la plus riche , la plus floris-sante , est celle de Moka , située dansun terroir stérile , à i2‘‘ 19' de latitu-de. On voit presque toujours son portrempli de vaisseaux qui arrivent d’Egyp-te & des Indes. Moka fut fondée parun sage de la secte de Sunni , qui s’étoitconfiné dans un hermitage des environs.Almanzor, second calife Abaíside , bâtitprès de la cellule d’un autre philosophe ,la ville de Bagdad , qu’on peut appellerla Babylone de V Arabie.
Beit-el-fakih (c’est-à-dire, la maisondes savans ), située au 14* gi / de lati-tude , est maintenant l’entrepôtdu com-merce du café : c’est au port de cetteville qu’abordent continuellement desvaisseaux de tous les pays , pour ache-ter cette denrée , devenue si précieuse& fi nécessaire en Asie & en Europe. Lacroupe des montagnes voisines présentede tous cotés des casiers.
Sana, capitale de l’Yemen, est le lieude la résidence de l’iman. Sa situation ,peu favorable pour le commerce , n’yattire point cette foule d’étrangers qu’onremarque dans les rilles dont nous ve-nons de parler; mais Pair y est infini-ment plus pur , plus sain , & le soleilbeaucoup moins ardent. Elle comman-de une vaste plaine où la nature a pris
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plaisir à étaler ses plus précieux trésors.Tel est le séjour où quelques pontifesmusulmans s'endorment dans les bras dela mollesse & dc la volupté.
Taâs, éloigné de l’éqiiateur de i a 34/,est rempli de mosquées magnifiques, quiattestent son ancienne splendeur..
Aden, l’une des plus anciennes & desplus célébrés villes de VArabie , situéeà n 1 ' 4-Y de latitude , a secoué depuis1740 le joug de la domination de l’iman.Le despotisme des pontifes, le souvenirdes l’expulsion des ottomans, encoura-gèrent les habitans à tenter cette révo-lution. 11s réclamèrent lenrs anciensdroits, & nommèrent un scheich qui nedevoìt exercer sur eux qu’uiie puissancepaternelle.
Dans la vaste contrée de Haschid &de Bekil, on trouve plusieurs chefs quifont autant de souverains fous le titre dîNetkib. L’iman se Fait gloire de les avoirpour alliés ; & c’eft parmi les Arabes de cepays qu’on regarde comme les plus belli-queux , qu’il forme ses meilleures trou-pes. Le métier de partisan est fort à lamode dans- le Nedsjeran ; un scheichde ce district , appelle Mekkrctmi , tra-versa l’ Arabie avec un camp volant, de-puis la mer rouge jusqu’au golfe Persi-que.
Les habitans de Sahan ne commissentd'autres loix religieuses ou civiles, quecellës de l’instinct. Ils se contententd’une seule femme , & ne marient leursfilles qu’à quinze ans , tandis que dansle district de l’iman elles sont commu-nément meres à Page de neuf ou dix ans.
Les mœurs, les usages, tout clicz cepeuple annonce une simplicité & uneinnocence qui valent bien , fans doute,les vices aimables des villes polies.
Dans la province d’Oman, les débau-ches du pontife Seif-Ben, sultan, ontopéré depuis peu une révolution remar-quable. Achmet-Ben-Saïd qui l’a chassé ,par la douceur de son régné , fit oublieraux habitans les maux qu’ils avoientsoufferts sous de perfides usurpateurs.
Masoat, situé au 23’’ 37' de latitude, aun port aussi sûr que commode. Cetteville, la plus riche & la plus commerçantede l’ Arabie , qui s’étend le long du golfePersique.est défendue par deux châteaux.Les Portugais s’emparerent de cette place