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Tome troisieme. APA - ATZ.
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à peine dix-sept ans lorsqu’elle conçut,on plutôt lorsqu’on lui inspira le nobledessein de sauver la France du-joug desAnglois ; ces bers insulaires en stoientpreíqu'e»tiérement les maîtres. I.cnrdomination étoit affermie dans la capi-tale , Charles VII an désespoir fuioitdes préparatifs pour l’e retirer en Dau-phine , feule province que les ennemisn cuisent pas entamée : il ne lui restoitde plus que quelques places éparses dansle royaume. Ce fut dans ces tristes con-jonctures que Jeanne s’offrit à Bamlri-cmirt, gouverneur de Vauconleurs enChampagne. .Son imagination embraséeparle récit des hauts faits dont elle en-te» doit parler chaque jour , L pensantavoir une inspiration divine , élit* crutqu'elle étoit destinée à chasser les An--glois , L a conduire Charles' à Rhvinrs.Charles ne portoit, dans le pays où do-mino! t la faction Bc-rguignone , quele titre de dauphin , encore qu’il fût vrai-ment roi, les cérémonies du sacre n’a-jjutant rien à la dignité ; elles ne ser-vent qu’à rendre la personne des roisplus vénérable , en lui donnant un ca-ractère iacré r la couronne ne dépenden Fiance que de la loi qui la déféréausti-tót au plus proche héritier du roidécédé. “ Capitaine Messire , dit Jeanneà Baudricourt , Dieu depuis un tempsen ça m’a plusieurs fois fait savoir <Srcommandé q ne j’allasse devant le gentildauphin qui doit être & est vrai roi deFrance , & qn’il me baillât des gensd’armes , &• que ie ìeverois le siégé d'Or-léans „ : telle fut à-pen-près fa haran-gue. Rejettée par le gouverneur, qui latraita comme une fille en délire . ellealla faire le méme compliment à Long-pont; ce vieux gentilhomme blâma Bau-dricourt de son indifférence ,& eut a fiezde génie pour voir qu’elle ponvoit servirà inlpirer un zele extraordinaire , seulremede qui pût alors opérer une révo-lution. Jeanne avoit bien des qualitésqui pouvaient la faire passer-pour unefille envoyée par le ciel : elle avoit unelprit juste:, une conception vive , unetaille bien ' prise & peu ordinaire anx.personnes de son état , un courage àdéfier non un homme , mais une armée ,maniant un cheval , le poussant avecautant d’adreíTe& d’intrépidité que le

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cavalier le mieux exercé ; elle se ser-voit avec la même dextérité du sabre &de l’cpée ; elle s’étoit formée à tous cesexercices dans (on hôtellerie , dont ellealloit abreuver les chevaux , & oû ellevivait confondue avec les gens de guei re, 'dont la Champagne étoit pour lors rem-plie. Elle étoit parfaitement instruitede tout ce qui s’étoit fait de grand dansles deux armées, elle connoissoit le nomde tous les soldats & des officiers quis’étoient distingués par quelqu’actinitd’éclat ; enflammée du désir de partagerleur gloire , elle retourna chez Bamlri-court. “ Au nom de Dieu , lui dit-elle ,que tardez-vous à m’envoyer ? aujour-d’hui le gentil dauphin vient d’avoirun assez grand dommage anx environsd’Orléans „. Baudricourt , déterminépar Longpont , consentit enfin à Ren-voyer an roi qu’il avoit en l’attenrionde prévenir ; il lui donna des armes ,un cheval, & la fit conduire à Cliinouoù la cour étoit alors : elle parut de-vant le roi fous l’appareil d’un guerrier,& le reconnut , dit on , au milieu d'u-ne foule de seigneurs , quoiqu’il fût dé-guisé. Suivant une réflexion judicieusedu pere Daniel , cette circonstance ,dont on eut grand soin d’informer far-inée , n’avoit lien d'étonnant, paree quela majesté d’un roi imprime toujoiirs uncertain respect que l’on ne siuroit per-dre , lors même qu’il l’ordonne ; maisn’étoit-il pas aussi possible que Jçunnefût informée du déguisement dont le roidevoit user ce jour-là , comme d* l'ha-bit qn’il avoit coutume de porter? Lesaffaires de Charles étoient tellement dés-espérées , que l’on croyoit qu'elles nepoiivoiênt ie rétablir que par un mira-cle ; il ne devoit donc pas être fâchéque l’on crût que le ciel pût en opéreren fa faveur. Jeanne ayant obtenu l'au-dience du roi, lui fit part de fa mission ,Rassurant qu’elle venoit dc- la part deDieu pour le conduire à Rhcinis & dé-livrer Orléans dont l’ennemi faisoit leliege. Charles consentit sans peine à larecomioítre pour une inspirée > il la fitauisi-tôt paroítre en présence de lacour , armée de toutes pieces j la pe-santeur- de soir armure ne l’empécha pasdc monter- fur l’on cheval fans aide, c»que ponvoient ìi peine les cavaliers les