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plus robustes. Comme elle n'avoitpoint d’épée , elle voulut en avoir unequi depuis plus d’un siecle étoit dansle tombeau d’un chevalier , derrièrel’autel’ de Ste. Catherine de Fíerbois ;le roi afFectant une grande surprise , pu-blia qu’elle avoit deviné un grand se-cret, qui n’étoit connu que de lui seul;telle fut la seconde preuve miraculeusede sa million. II eu falloit une troisiè-me , on la trouva dans fa virginité ;on ne croyoit pas que, fans Une faveurparticulière du ciel, une fille si savan-te dans le métier de la guerre , & quiavoit fait son apprentissage daos le lieule plus funeste à la vertu , l’eût conser-vée jusqu'à sage de dix-sept ans. Jeannefut indignée du soupçon , elle jura; onne se contenta pas de son serment; on.la met entre les mains des matrones ;ces vénérables , présidées par la reinede Sicile, déclarèrent qu’elle étoit vier-ge , & lui expédièrent des lettrés de pu-celle. La multitude étonnée d’un auffigrand prodige , ne douta plus. que cene fût un ange, Charles l’envoya auffi-tôt vers Orléans avec un corps de trou-pes; mais quelque sublime idée qu’oneût de sa capacité , on la subordonnaan maréchal de Kieiix & ail bâtardd’Orléans i dès qu’elle eut. déployé fabannière oû Dieu étoit représenté sor-tant d’un nuage , & tenant un globe ,çìle écrivit ati roi d’Anglete.rre & à sesgénéraux , leur ordonnant de far Dieude sortir du royaume de France, £í Etfi ainsi ne le faites , disoit-elle , atten-dez les nouvelles de la pucelle qui vousira voir brièvement à vos bien grandsdommages . ... roi d’Angleterre , siainsi ne le faites , en quelque lieu quej’attendrai vos gens en France , je lesferai aller, veuillent ou non veuillentle reste de la lettre étoit à-peu - prèsdans ce-style. Les Anglois, an lieu d’enfaire le sujet de leur plaisanterie , trai-tèrent la chose très - sérieusement , &firent arrêter le messager. Dès qu’elleparut à la vue d’Qrléans , le comte deDunois qui défendait la ville en sor-tit, & vint au-devant d’elle avec toutesses troupes. On prétend que ce fut cefameux comte qui ayant .reconnu dansJeanne de l’efprit L du courage , formale projet de s’en bien servir ; rien n’est
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plus probable que cette conjecture ; Du-nois étoit bien capable de diriger lesorganes de cette héroïne. Quoi qu’ilen fiait, ./est»»? justifia par des victoiresles menaces qu’elle avoit faites. Cetteamazone animant le courage du soldatpar se s paroles , & plus encore par sesexemples , enleva successivement auxAnglois Jargeau , Beaugençi & toutes lesplaces qu’il tenaient dans l’Qrléanois.La journée de Fatal en BeauíTe , oùquatre mille des ennemis furent couchéssur le champ de bataille , & où le bra-ve généreux Talbot,fut fait prison-nier , mit le comble à sa gloire. Le s'François voioient à fa fuite, & la regar-dant comme une fille divine ils s’en-fonçoient dans les plus affreux périls.Les Anglois la fuyoient comme un fou-dre , ou plutôt comme une femme en-voyée par le diable & animée par lesdémons. Jeanne victorieuse court versle roi , met à ses pieds ses lauriers , &lui dit que e’est dans Rheims même qu’ilfaut en aller cueillir de nouveaux. La■Champagne presque énticre étoit au pou-voir de í’ennemi ; mais rien n’étoit im-poffible , il n’y avoit aucun obstaclecapable d’arrêter la pucelle : fou nomseul réduisoit à la fuite l’euuemi le plusaguerri ,. St changeoit en soldat intrépi-de le François le plus pusillanime. Char-les ne manqua pas de profiter de cetteheureuse effervescence il lui donnel’étendard royal & marche vers Rheimsà fa fuite : Auxerres , Troyes , C hâ-lons , se rendent sans souffrir de siégé.Les officiers qui commandoient dans laville archiépiscopale , prévoyant bienqu’il faudrait se résoudre à la fuite ,ehercherent des prétextes pour excuserleur pusillanimité , & s’éloignèrent.
Charles ne voyant autour de lui ni enne-mis ni rivaux , entre triomphant dansla ville , toujours précédé de la pucelle.Lés cérémonies de son sacre furent ordon-nées pour le lendemain. Dès que le roieut reçu le diadème des mains du prélat,Jeanne ne put retenir ses larmes ;elle se jette à ses genoux , les embrasse,exprimant ainsi la joie dont son ameétoit pénétrée : í£ Enfin , gentil • roi ,lui dit-elle , est exécuté . le plaisir deDieu, qui vouloit que vinssiez à Rheimsrecevoir votre digne sacre., en montrauc