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a*tst presque d’aucunè importance queîetit quantité absolue n'augmente pas ,& que cette augmentation peut à la lon-gue les réduire à l’éîat iles choses com-munes , qui il’ont ilu prix qu’autantqu elles font utiles au.x usages de la vie ,& par conséquent les dépouiller de leurqualité représentative , ce qui ne seroitpeut-être pas un grand malheur pour lespetites républiques ; mais pour les grandsétats c'elt autre chose : car on conçoitbien que ce que j'ai dit plus haut estmoins mon sentiment, qu’une maniéréfrappante de faire sentir i'absurilité de■i’ordónnance des Espagnols fur l'emploidel’or & de l ’argent en meubles & étof-fes de luxe. Mais si ('ordonnance desEspagnols est mal raisonnée, c’est qu’é-tant possesseurs des mines, on conçoit■combien il étoit de leur intérêt que lamatière qu’ils en tiroient s'anéantit &devint peu commune , afin qu’clle ensûr,fautant plus précieuse ; & non préci-sément par le danger qu’il y avoit que cesigne de la richesse fût jamais réduit ànulle valeur à force de se multiplier :c’est ce dont on se convaincra facile-ment par le calcul qui soit. Si l’état del’Europe restoit durant encore deuxmille ans exactement ce qu’il est au-jourd’hui , faus aucune viciísitudc sen-sible , que les mines du Pérou ne s’épui-fassent point & pussent toujours se tra-vailler, & que parleur produit P aug-mentation de Vargent en Europe suivit laproportion des deux cent premières an-nées, celle de 32 à i, il est évident quedans dix - sept à dix-huit cent ans d’ici,V argent ne seroit pas encore assez cornu npour ne pouvoir plus être employé à re-présenter la richesse ; car si Vargent étoitdeux cent quatre-vingt-huit fois pluscommun , un signe équivalent à notrepiece de vingt- quatre fous , devroitêtre deux cent quatre-vingt-huit foisplus grand , on notre piece de vingt-qiiatro fous n’équivaudroit alors qu’àun signe deux cent quatre-vingt-huitfois plus petit. Mais il y a deux cent qua-tre-vingt-huit deniers dans notre piece devingt - quatre fous ; doue notre piece devingt-quatre fous ne représenteroit alorsque le denier; représentation qui seroit à!a vérité fort incommode, mais qui n’a-Wantirôìt pas encore tout-à-fait dans ceTome IÎL Fart, I,
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métal la qualité représentative. Or danscombien de temps peuie-r-on que l’irr-gent devienne deux cent quatre-vingt-*huit fois plus commun , en suivant lerapport d’accroisscment de 32 à 1 pat*deux cent ans? dans 1800ans, à comp-ter depuis le moment où l’on a com-mencé à travailler les mines , ou dans1600 ans , à. compter ifaujourd’hui ;car 32 est neuf Fois dans 28S , e'est-à-dire que dans neuf fois deux cent ans,la quantité d'argent en Europe lera àcelle qui y étoit quand on a commen-cé à travailler les mines , comme 288à 1. Mais nous. avons supposé que dansce long intervalle de temps , les mi-nes donneroient toujours également ,qu’on pourroit toujours travailler, queVargent ne souffrirait aucun déchet parl’u sage , & que l’état de l'Europe reste-roit tel qu’il est sans aucune vicissitu-de ; suppositions dont quelques-unesfont fausses , & dont les autres ne fontpas vraisemblables. Les mines s’épuisentou deviennent impossibles à exploiter pafleur profondeur. L 'argent décheoìt pafl’usage, & ce déchet est beaucoup plusconsidérable qu’on ne le penle ; & ilsurviendra nécessairement dans un inter-valle de 2000 ans, à compter d’aujour-d hui, quelques - unes deees grandes ré-volutions , dans lesquelles toutes les ri-chesses d’une nation disparaissent pres-qu’entiérement , sans qu’on sache bience qu’elles deviennent : elles font , 011fondues dans les embrâsemens , ou en-foncées dans le sein de la terre. En uamot, qu’avons-naus aujourd’hui des tré-sors des peuples anciens? presque lien.II ne faut pas remonter bien haut dansnotre histoire, pour y trouver Vargententièrement rare , & les plus grands édi-fices bâtis pour 'des sommes si modi-ques , que nous cn sommes aujourd’huitout étonnés. Tout ce qui subsiste d’au-cicnnes monnaies dispersées dans lescabinets des antiquaires , rempiiroit àpeine quelques urnes : qií’est devenu Isreste? il est anéanti ou répandu dans lesentrailles de la terre , d’où les focs de noschaînes font sortir de temps à autre uitAutotlin, un Othan, oul’essigie précieu-se de quelqu’autre empereur On trou-vera ce que l'on peut désirer de plus inté-ressant fur cette matière à Varticle MoH-V