ART
ric. Statu»! Thusci primant in Italia in-mene-runt, dit Caísiodore. Les ruines dePœftum , restes de la plus antique archi-tecture des Grecs, semblent Unir du goûtdes Egyptiens ; & l’on trouve daris lesécrits des anciens plusieurs vestiges, quiprouvent que la poésie a pénétré de l’o-rient, de l’occident, & même du septen-trion dans la G ece.
M.iissi les aria ne furent d'abord chezles Grecs que des plantes exotiques , ilfaut convenir qu’ils y acquirent bien viteun? beauté & un goût qu’ils n’ont eusnulle part ailleurs, ni avant ni après cettetransplantation. La Grece, pat un effet deson heureux climat & del’admirable gé-nie de ses habitans, a vu & a su conserverpendant des siécles entiers dans la plusgrande perfection & dans l’éclat L plusbrillant toutes les branches des beaux-arts. Ils y ont méme été durant quelquetemps consacrés à leur véritable destina-tion, comme on peut ïc prouver par milleexemples ; c’est donc à juste titre que laGrece est regardée comme la patrie desarts.
Cette nation , distinguée si avantageu-sement par tous les dons de l'esprit&ducœur, ayant enfin perdu sa liberté , lesbeaux-arts perdirent aussi leur lustre. LesRomains qui après réversion des répu-bliques I grecques dominèrent pendantquelques siécles fur le monde connu ,avoieut un génie trop roide pour entrete-nir les art! dans leur splendeur; quoiqu’oneût transplanté au milieu de cet empireles artistes grecs & les chefs-d’œuvre deleur nation, les Romains ne possédèrentjamais au même degré que les Grecs cetteliberté d’el'prit qui laisse agir la raison.Le désir de dominer eut toujours le des-sus dans leur caractère ; & emportés parcette passion , la culture des beaux-artsleur paroissoitun hors-d’œuvre étrangerau plan qu’ils s’étoient prescrit.
Les Muses ne furent jamais appelléesà Rome ; on leur y accorda simplementun asyle, comme à des fugitives étran-gères , & le foin de leur culture futabandonné an hazard.
II semble néanmoins qu’Auguste lesvoulut faire entrer dans son plan de gou-vernement ; mais la fermentation inté-rieure qu’un reste d'amour pour la liber-té enchaînée excitoit fur les esprits, nelaissoitpas la tranquillité nécessaire poux
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rendre aux arts toute la beauté qu’ilsavoienteue chez les Grecs. La force d’ef-prit qu’on conservoit encore étoit dirigéevers de tout autres objets. Le parti domi-nant avoit estez à faire à maintenir son au-torité parles moyens les plus prompts; ily Failoit la force ouverte ; & quant à ceuxqui (upportoient impatiemment l’oppref-sion, ils n’étoíent occupés qu’à fappersourdement le pouvoir qui les accabloit.Le parti neutre, spectateur de cette dan-gereuse fermentation, cherchoit au mi-lieu de cette position critique à se conser-ver autant de repos que ta conjoncture enponvoit permettre, Entre îes mains decsparti, le génie devint -rt & se vendit àprix d’argent. Ceux qui s’étoient emparésd’iine autorité jufqu’alors mal affermie ,employèrent les travaux de ces artistesmercenaires pour rendre la tyrannie ai-mable. On voulut que la partie du peuplequi fouffroit le jougfans résistance, perdîtde vue l’idée de la liberté, & qu’elle don-nât toute son attention aux divertissemen»publics. L’esset qui devoit nécessairementrésulter de cette politique , fut que lesbeaux-arts se virent non - seulement dé-tournés de leur véritable destination ,mais encore dépravés dans les principesqui font la base de leur perfection. Dès-lors ils se dégradèrent insensiblement, &tombèrent enfin dans un état d’avilif-sement, dans lequel ils ont croupi pen-dant plusieurs siécles, & dont ils n’ontpoint pu se relever encore,
II est vrai qu’au milieu de cette déca-dence, les beaux-arts conservèrent quel-que lustre apparent- La partie méchani-que de chaque art se perpétua dans lesatteliers des artistes ; mais le goût A l’es-prit s’affoibiirent insensiblement ; les ar-tistes subsistèrent, A la place des templesconsacrés aux divinités d u paganisme, onconstruisit des églises ; au lieu des statuesdes dieux & îles héros , on dressa des ima-ges aux saints & aux martyrs. La musiquepassa du théâtre dans les églises, &l’élo-queuce fut transférée de la tribune auxharangues lu r la chaire. Aucune branchedes beaux-arts ne périt,mais peu-à-peu el-les le flétrirent: toutes elles devinrent en-fin fi racornies, qu’on ne peut plus y dé-mêler les vestiges deleur ancienne beauté.
II en a été de* arts, comme de certainesfolemnités , qui dans leur origine ont cude l’importance & une signification bien