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Tome troisieme. APA - ATZ.
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ART

plaire n’est qu’une affection intérieureque notre cerveau a reçue par l’impres-fion qu’un objet extérieur a faite en nousla première fois qu’il a été apperçu , &dont il est resté des traces dans le cer-veau. Lorsque dans la fuite de la vie,nous venons à appereevoir d’autres ob-jets , li nous sentons que fun de ces nou-veaux objets nous affecte de la mêmemaniéré dont nous nous ressouvenonsqu’un autre nous a affectés , nous disonsque cet objet nouveau est de même efpe-ce que tel ancien : s’il nous affecte diffé-remment nous le rapportons à l’efpcce àlaquelle il nous paroît convenir, c’est-à-dire , quenotre imagination le place dansla classe de ses semblables ; ce n’est doncque le souvenir d’un sentiment pareil quinous fait rapporter tel objet à telle espe-ce : le nom d’une espece est le nom dupoint de réunion auquel nous rapportonsles divers objets particuliers qui ont ex-cité en nous une affection ou sensationpareille. L’animal que je viens de voir àla foire a rappelle en moi les impressionsqu’un lion y lit satinée passée ; ainsi jedis que cet animal est un lion ; si c’étoitpour la premiere fois que je visse un lion,mon cerveau s’enrichiroit-l’une nouvelleidée exemplaire: en un mot, quand jedis tout homme ejl mortel , c’est autantque fi je d i lois Alexandre étoit mortel ;César étoit mortel ; Philippe ejl mortel,& ainsi de chaque individu passé, présent& à venir , & même possible de l’especehumaine; & voilà le véritable fonde-ment du syllogisme : mais ne nous écar-tons point de notre sujet.

Remarquez ces trois façons de parler,tout homme ejl ignorant, tous les hommesfont ignorant , tout homme n'ejl que foi-blesse i tout homme, c’est-à-dire, chaqueindividu de l’espece humaine , quelqueindividu que ce puisse être de l’efpece hu-maine ; alors tout est un pur adjectif.Tous les hommes font ignorant , c’est en-core le même sens ; ces deux propositionsne font différentes que par la forme :dans la premiere , tout veut dire chaque jelle présente la totalité distributivement,c’est-à-dire, qu’elle prend en quelque for-te les individus l'un après l’autre, aulieu que tous les hommes les présententcollectivement tnus ensemble , alors touseft un prépositif destiné à remarquer l’u-niversalité de lès hommes , tous a ici une

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sorte de signification adverbiale avec laforme adjective, c’est ainsi que le partici-pe tient dú verbe & du nom ; tous , c’est-à-dire, universellement fans exception : cequi est si vrai, qu'on peut séparer tous deson substantif, & le joindre au verbe.jQiiinault , parlant des oiseaux , dit :

En amour ils font tous

Moins bêtes que nous

Et voilà pourquoi en ces phrases lesne quitte point son substantif , & ne semet pas avant tous : tout l'henme , c’est-à-dire, l'homme en entier , l’honìmc entiè-rement , l’homme considéré comme un in-dividu spécifique. Nul, aucun, donnentaussi une extension universelle à 'eursubstantif, mais dans un sens négatif : nulhomme , aucun homme n'ejl immortel jenie l’immortalité de chaque individu del’espece humaine ; la proposition est uni-verselle, mais négative ; au lien qn’avectous, fans négation , la proposition estuniverselle affirmative. Dans les propo-sition dont nous parlons , nul & aucunétant adjectifs du sujet, doivent être ac-compagnés d’unc négation : nul homme'n'ejl exempt de la nécessité de mourir. Au-cun philosophe de t antiquité n'a eu au-tant de coimoijfance de physique qu’onen a aujourd'hui.

II". Tout , chaque , nul, aucun , fontdonc la marque de la généralité ou univer-salité des propositions ; mais souvent cesmots ne font pas exprimés, comme quandon dit : les François font polis, les Italiensfont politiques ; alors ces propositions nefont que moralement universelles , demore , ut funt mores , c’est-à-flirc, selon cequ’on volt communément parmi les hom-mes ; ces propositions font aussi appelléesindéfinies, parse que d’un coté on nepeut pas assurer qu’ellcs comprennentgénéralement L faus exception tonsles individus dont on parle, & d’un au-tre coté on ne peut pas dire non plusqu’ellesexclucnt tel ou tel individu; ainsicomme les individus compris & les indi-vidus exclus ne font pas précisément dé-terminés , & queces propositions ne doi-vent être entendues que du plus grandnombre , on dit qu’elles font indéfinies.

III Quelque, un , marquent auffi unindividu de l’espece dont on parte : maisces prénoms ne désignent pas singulière-ment cet individu ; quelque homme ejl ri-che, un savant m'est venu voir : je parle

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