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Tome troisieme. APA - ATZ.
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ART

connaître qn’en disant roi, pere , ami , ona dans l’esprit l'idée particulière de telroi , de tel pere, de tel ami, & que l’ex-preflìon ne soit pas consacrée par l'usageauseul sens spécifique ou adverbial, alorson peut ajouter le qui ; il se conduit en pe-re tendre qui ; carc’est autant que si l’ondisoit comme un pere tendre ; c'est le sensparticulier qui peut recevoir ensuite unedétermination singuliers.

11 efl accablé de maux , c’est-à-dire , demaux particuliers ou de dettes particuliè-res , qui &c. Une forte de fruits qui , &C.une forte tire ce mot fruits de la générali-té du nom fruit j une forte est un indivi-du spécifique, ou un individu collectif.

Ainsi, je crois que la vivacité, le feu,l’enthousiasme, que le style poétique de-mande , ont pu autoriser Racine à dire(Esther, act. II, sc. viij.)»«//? paix pourl'hnpie ; il la cherche , elle fuit : mais cetteexpression nc iéroit pas régulière en pro-se , parce que la premiere propositionétant universelle négative, & où nulleemporte toute paix pour l’impie, lespronoms la & elle des propositions quisuivent, ne doivent pas rappelles dans unsens affirmatif & individuel un tnot qui ad’abord été pris dans un sens négatif uni-versel. Peut être pourroit-on dire nullepaix qui soit, durable n'eíl donnée aux hom-mes : mais on Feroit encore mieux de direune paix durable n'est point donnée auxhommes.

Telle est la justesse d’esprit & la pré-cision que nous demandons dans ceux quiveulent écrire en notre langue , & mêmedans ceux qui la parlent. Ainsi on dit ab-solument dans un Cens indéfini ,fe donnerenfpeéhcle , avoir peur , avoir pitié, unesprit de parti , un esprit d'erreur. On nedoit donc point ajouter ensuite àces sub-stantifs, pris dans un sens général , desadjectifs qui les íùpposeroient dans unsens fini, & en feroient des individus mé-taphysiques. On ne doit donc point direse donner en speélacle funejle, ni un espritd'erreur fatale, de Jéeurité téméraire, niavoir peur terrible: on dit pourtant avoirgrand’penr , parce qu'alors cet adjectifgrand , qui précede son substantif, & quiperd même ici sa terminaison féminine ,ne Fait qu’un même mot avec peur , com-me dans grandi messe, grand'mere. Parlemême principe, je crois qu’un de nos au-teurs n’a pas parlé exactement quand il a

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dit : (le P. Sanadon, vie d’Horace, page47.) Ociavien déclare en plein sénat, qu ilveut lui remettre le gouvernement de larépublique > enpicin sénat est une circon-stance de lien, c’est une forte d’expreiiionadverbiale, où sénat ne se présente pasfans l’idée d’un être personnifié ; c’est ce-pendant cette idée que suppose /«r remet-tre ; il falloit dire, Oélavien déclare ausénat assemblé qu'il veut lai remettre , &a.ou prendre quelqu’autre tour.

Si les langues qui ont des articles, ontun avantage fur c c iles qui n'en ont point.

La perfection des langues consisteprincipalement en deux points. i°. Aavoir une assez grande abondance demots pour suffire à énoncer les différensobjets des idées que nous avons dans l’es-prit: par exemple, en latin regnum si-gnifie royaume, c’est le pays dans lequelun souverain exerce son autorité ; maisles Latins n'ont point de nom particulierpour exprimer la durée de l’autorité dusouverain , alors ils out recours à la péri-phrase; ainsi pour dire feus le régné i‘Au-guste , ils disent imperante Cassure Au-guste , dans le temps qu’Auguste regnoit,au lieu qu’en franqois nous avons royau-me, & de plus régné. La langue Françoisen’a pas toujours de pareils avantages furla latine. 2 0 . Une langue est plus parfai-te lorí’qu’elle a plus de moyens pour ex-primer les divers points de vue fous les-quels notre esprit peut considérer le mê-me objet: le roi aime le peuple , St le peu-ple aime le roi : dans chacune de ces phra-ses, le roi & le peuple sont considérés fousun rapport différent. Dans la premiere,c’est le roi qui aime : dans la seconde, c’estle roi qui est aimé; la place ou positiondans laquelle ou met roi & peuple, Faiteonnoître l’un & l’autre de ces points devue.

Les prépositifs & les prépositions fer-vent autïi à de pareils usages en François.

Selon ces principes , il paraît qu’unelangue qui a une forte de mots de pinsqu’une autre , doit avoir un moyen deplus pour exprimer queique vue fine del’esprit ; qu’ainfi !es langues qui ont desarticles a n prépositifs, doivent s’énonceravec plus de justesse & de précision quecelles qui n’en ont point. L’article le tireun nom de la généralité du nom d’especc,& en fait un nom d’individn , le roi, oud’iiidividus, les rois : le nom fans articleMo »