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on prépositif, est un nom d’espece; c’estun adjectif. Les Latins qui n’avoieatpoint d'artìcles , avoient souvent recoursaux adjectifs démonstratifs. Dic ut la-pides i&i f unes fiant (Matth. iv, 3.) ditesque ces pierres deviennent pains. Quandces adjectifs manquent, les adjoints nesuffisent pas toujours pour mettre laphrase dans toute la clarté qu’eUe doitavoir. Si filins Dei es (Matth. iv, 6. ) onpeut traduire/? vous étés fils de Dieu , &voilà fils nom d’espece; au lieu qu’entraduisants? vous étés le fils de Dieu , lefils est un individu.
Nous mettons de la différence entre cesquatre expressions, I fils de roi, z. filsd'un roi , 3 .fils du roi, 4. le fils du roi. Enfils île roi, roi est un nom d’espece, quiavec la préposition n’est qu’un qualifi-catif ; z. fils d'un roi, d'unroi est pris dansle sens particulier dont nous avons par-lé ; c’-'st le fils de quelque roi ; 3. fils ditroi , fils est un nom d’efpecc ou appclla-t:f, & roi est un nom d’individu,//) de leroi-, 4. le fils du roi , le fils marque un in-dividu : filins régis ne fait pas sentir cesdifférences.
Etes vous roi ? êtes-vous le roi ? dansla premiere phrase, roi est un nom appei-Jatif; dans la seconde , roi est pris indivi-duellement : vexes tu? ne distingue pasces diverses acceptions: nemo satis gra-tium régi refert. Ter. Phorm. II., ij, 14,oìà regi peut signifier «n roi ou « un roi.
Un palnis de prince , est un beau palaisqu’un prince habite , 011 qu’un princepoursuit habiter décemment ; mais le pa-lais du prince f de le prince ) est le palaisdéterminé qu’un tel prince habite. Cesdifférentes vues né font pas distinguéesen latin d’une maniéré auffi fimplc. Sien fe mettant à table on demande le pain,c’est une totalité qu’oii demande ; le la-tin dira da ou affer panent. Si étant àtable ou demande du pain, c’est une por-tion de le pain ; cependant le latin diraégalement panent.
II est dit au second chapitre de S. Mat-thieu , que les mages s’étant mis eu che-min au sortir du palais d’Hárode, videntesJltlhun gaviji funt , & vitrantes Aomumìn-venerunt pucrum : voilà étoile, maison,enfant, fau s aucun adjectif déterminatif ;je conviens que ce qui yéct'de fait en-tendre que cette étoile est celle qui -avoitguidé les mages depuis l’orient, que
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cette maison est la maison que l’étoileleur indiquoit, & que cet enfant est ce-lui qu’ilsvenoient adorer: mais le latinn’a rien qui présente ees mots avec leurdétermination particulière; il faut quel’efpritsupplée à tout: ces mots ne fe-rment pas énoncés autrement , quand ilsserment noms d’especes. N’est-ce pas unavantage de la langue françoise , de nepouvoir employer ces trois mots qu'avecun prépositif qui fasse cormoître qu’ilssont pris dans un sens individuel déter-miné par les circonstances? ils virent l’ê-toile, ils entreront dans la maison, £9’ trou-vèrent /’ enfant.
Je pourrois rapporter plusieurs exem-ples, qui serment voir que lorsqu’on veuts’exprimer en latin d’une maniéré quidistingue le sens individue! du lénv ad-jectif ou indéfini, ou bien le sens parti-tif du sens total, on est obligé d’avoir re-cours à quelqu’adjectif démonstratif, ouà quelqu’autre adjoint. On ne doit doncpas nous reprocher que nos articles ren-dent nos expressions moins fortes &moins ferréesqu’e celles de la langue la-tine; le défaut de force & de précisionest le défaut de l’écrivain, & non celui dela langue.
Je conviens que quand Yarticle ne sertpoint à rendre l'expreffion plus claire &plus précise, on devroít être autorisé à lesupprimer: j’aimerois mieux dire, com-me nos pères, pauvreté n'eft pas vice, quede dire, la pauvreté n’eftpas un vice : ily a plus de vivacité & d’éuergie dans laphrase ancienne : mais cette vivacité Sccette énergie ne font louables , que lors-que la suppression de Varticle ne fait rienperdre de ta précision de l’idée, & 11edonne aucun lieu à l'indétermination dusens.
L’habitude de parler avec précision,de distinguer le sens individuel du feusspécifique adjectif & indéfini , nous faitquelquefois mettre Yarticle où nous pou-vions le supprimer : mais nous aimonsmieux que notre style soit alors moinsferré, que de nous exposer à être ob-scurs ; car en général il est certain queFarticle mis ou supprimé devant un nom(Gram. de Régnier, p. 151. ) fait quel-quefois une Jì grande différence de sens ,qn'on ne peut douter que les langues quiadmettent i’artiele n'aient un grand avan-tage fur la langue latine, pour exprimer