ART
contraire elles y cheminent, parcs quela matière enflammée fait résistance àl’eau , & s’oppose à son introduction dansla fuí'ée. La cause qni la fait mouvoirdans l’eau est la même que celle qui Faitmonter en Pair les fusées volantes.
Après avoir donné une idée de la façonde préparer les pieces d’artifices les plusessentielles, il nous reste à dire un motde la maniéré de dresser la carcasse decharpente, fur laquelle on les place ordi-nairement.
Avant que de former un dessein d'unfeu d’artifice , on en tìxe ia dépense, &unie réglé fur la somme qu’on veut y em-ployer, tant pour la grandeur du théâtre& de les décorations , que pour la quanti-té d’artifiecs nécessaires pour le garnirconvenablement.
Les revétemens de la carcasse de char-pente fe font ordinairement de toile pein-te à la détrempe , & les bords sont termi-nés par des châssis de planches con tour-nées en arcades, en festons, eu consolesou en trophées, suivant que le desseinTexige.
On fait ces ouvrages â part, & lorsquetoutes les pieces sont bien faites & nu-mérotées , ouïes apporte fur la place oùl’on veut tirer le feu d’artilìce, & on lesassemble en très-peu de temps.
Un artificier doit avoir attention, avantque d’arranger sos pieces artifices furun théâtre , de prévenir les incendiesqui rendent confus le jeu des artifices,& diminuent Tordre de la beauté duspectacle. Pour prévenir ces accidens,on doit couvrir toutes les parties situéesde niveau , comme plates-formes L gale-rie» , d’une couche de terre grasse recou-verte d’un peu de fable répandu pour pou-voir marcher dessus fans glisser. Outreces précautions , on doit avoir des gensactifs.', vêtus de peau , munis de baquetspleins d’eau, & toujours prêts à étein-dre le feu, en cas qu’il vînt à s’attacherà quelques parties du théâtre. Pour met-tre ces hommes en fureté , il est à proposde leur ménager uuc retraite à couvert,pour qu’ils puissent s’y retirer dans lemoment du jeu de certains artifices , dontles feux sortent en grand nombre. 11 fautde plus que ces retraites communiquentaux escaliers par où l’on monte iur lethcotre d’artifice.
Un artificier dans l’exécution pe doit
A R T 557
rien négliger potir que les pieces d’artlfi-ee dont il a fait provision, offrent auxyeux des feux successifs & une belleí'vmmétrie.
Si le feu d’une illumination précedecelui de l’artifice , on commence dès a-vant ia fin du jour par allumer ce qui doitformer l’illumination , & lorsque la nuitest assez noire pour que les feux paroiffentdans touie leur beauté , on annonce iespectacle pat une salve de boîtes ou de ca-nons ; après quoi on commence pat dc*fusées volantes, qu’on tire à quelque dis-tance du théâtre d’artifice , ou successive-ment, ou par douzaines.
Après ces préludes, un courantin , des-tiné à allumer toutes les lances à feu quibordent le théâtre , part de la fenêtre uùest la personne la plus distinguée qui ymet le feu quand il est temps, & va toutd’un coup commencer à éclairer le spec-tacle.
L’art de l’artificier est libre , & n’apoint été érigé en maîtrise. Les person-nes qui defireroìent des détails étendusfur cet art, peuvent consulter le Manuelde Vartificier , dont nous avons tiré unebonne partie de cet article.
II y a encore des artificiers qui sontparticulièrement attachés au corps deî’artillerie ; ce font ceux qui composenttous les feux d’artifice qu’on peut jeterdans les places qu’on attaque, ou au basde celles qu’on défend. Casimir Simiero-■ceits , Polonois , a écrit un excellent trai-té fur tout ce qui concerne les feux d’ar-tifice , tant pour la guerre , que pour lapaix. Joachim Brcchtelius a donné anísiun fort bon ouvrage fur ce sujet. (As)
On appelle aussi artificiers., un certainnombre de soldats dans chacune des com-pagnies de bombardiers du corps royald’artillerie. Ils sont principalement oc-cupés à la composition des artifices deguerre. ( M . de Pommereul. )
Ali TIGIS , Géogr. , ville d’Efpagne,au pays desTurdules j on croît que c’estaujourd’hui Alhama entre Grenade & lamer , en tirant vers Malaga. ( C. A. )
ART1K-ABAD , Gíog. , ville ou bourgde la Turquie en Asie , dans le gouver-nement de Siwas, au milieu d’une plai-ne entre la ville même de Siwas & cellede Tocat ou Tuhac. Ses environs sonttrès-fertiles en grains , & on y trouve detrès-beaux fruits. (C'. A-)