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cours d’nne affaire suivant les circonstan-ces heureuses ou malheureuses, lesquel-les exigent par conséquent de nouvellescombinaisons & de nouveaux niouVe-mens : ces mouvemens font d’autant plusdifficiles à exécuter,qu’il faut autans qu’ilest possible, qu’ils ne nuisent point à ceuxdes troupes,maisqu’ilsles-favorisent&lesprotègent au contraire par un feu sui-vi &. bien dirigé. II faut donc que lescommandons de l 'artillerie commissent lesévolutions & les manœuvres des troupes,qu’ils soient actifs & prompts pour feporter par-tout où leur présence est né-cessaire , & où les changemens qui arri-vent dans les dispositions de l’ennemi,obligent de changer celles des batteries.Les affaires dans les montagnes, dans lesplaines découvertes, dans les pays cou-pés. & couverts, les attaques & défensesde- retranchemens & de postes, les passa-ges de rivières, l’offensive ou la défensi-ve , sont autant de circonstances particu-lières qui exigent des préparatifs,des ma-nœuvres , des mouvemens, des emplace-mens , des systèmes différens. Pour lessièges , nouveaux talens, soit dans l’atta-que ou ia défense des places, nouveauxdétails pour les approvisionnemens dansfuu ou l’autre eas; science des mines ,art des ponts, des constructions d’affuts,de baquets , de voitures de toute el'pe-ce, des petites manœuvres, c’est-à-dire,fart d’employer avec avantage & promp-titude les leviers , les treuils,les poulies,£? ‘c. des grandes manœuvresjC’est-à-dire,l’art de suppléer à toutes ces machines ,lorsqu’on en est dépourvu :tout cela est duressort d’un bon officier à'artillerie , & lesconnaissances qu'il doit réunir, & que nousne faisons qu’indiquer rapidement, font,comme on voit, très-étendues ; mais cesderniers objets font étrangers à cet arti-cle , où il n’est question que de Yártilleriede campagne ou de bataille , & de l’espe-ce de pieces qu’on y emploie.
L’objet de l 'artillerie dé bataille estnon-feulemeot d’empécher ou de retar-der la formation des troupes ennemies jOu de les rompíe lorsqu’elles sont for-,mées, de porterie désordre dans les ba-taillons & les escadrons , en saisissant lesemplacemens les plus avantageux pourles battre de front, d’écharpe & de re-vers , de détruire les hateries ennemies,£fc, mais aussi d’ouvrir les rçtranehe-Tme III. Part, II.
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mens, lesabbatis, les murs même de cer-tains postes qui coûteroient bien du sangpour les insulter & les prendre de viveforce , fans le secours du canon. Maisquelque convaincu que nous soyons defutilité de 1 ’artillerie, nous sommes bien> éloignés de penser qu’il faille la multi-plier excessivement dans les armées, ainsique font fait presque toutes les puissan-ces de f Europe. “Les Romains aguerris& disciplinés , pour tout dire en un mot,les Romains de la république , n’avoientpoint if armes de jet à la fuite de leurs lé-gions : peu à peu on en eut quelques-unes pour battre les retranchemens ,pour occuper les points principaux dansles ordres de bataille ; cette petite quan-tité relative & suffisante à f objet propo-sé, pouvoit être regardée comme un pro-grès de fart militaire : on en accrut suc-cessivement le nombre : la tactique dé-chut,les courages dégénérerent;a!ors f in-fanterie ne put plus résister à la cavale-rie , il fallut de grosses machines de jetpour l’appuyer : ou en traîna jufqu’àtrente par légion ; on en colivrit le frontdes armées ; les combats s’engageoientpar-là,souvent ils finissoient avant qu’oiten fût venu aux mains: ces temps furentceux de la honte & de la ruine de sou-pire.
„ Suivons f histoire de nos siécles,nousy verrons pareillement les nations.plaeerleur confiance dans la quantité de leur <tr-tillerie,e n raison de la diminution du cou-rage & de f ignorance des Vrais principesde la guerre. Les Suisses qui humilièrentla maison de Bourgogne, ces Suisses dontFranqois I & Charles V fe difputoientl’alliance, dédaignoient le canon , ils lisferoient crus déshonorés de s’en servir;c’étoít une étrange prévention , effet deleur ignorance, qui causa leur défaite àMarignan : encoré, cet excès valoit - jlmieux que celui où l’on a donu» depuis ;il fupposoît du courage, & celui dans le-quel nous sommes tombés ne fait honneurni à notre courage ni à nos lumières,
j. Où Gomnteiiqs f usage des trainsénormes â’artiilerie ? Ce fut chez lesTurcs , chez les Russes, Les czars Jean& Bazile menoienr avee eux 300 piecesde canon dans leurs guêtres contre tesTartarés. C :s retranchemens de Nerva ,,que Charles XII emporta avec 8000 Sué-dois , étuient garnis de 130 bouches à