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Feu. Pierre k Grand disciplina sa nation,& diminua cette quantité d 'artillerie \après lui , elle reparut dans les arméesEusses ; on les vit, la guerre derniere,traîner à leur fuite jusqu’à 600 pieces decanon , & certainement l’arméc Russen’étoit pas , de toutes celles qui se bat-toient alors en Europe, la plus lavante& la plus manœuvriere ; ses mouvemensse reffentoient de fa pesanteur: elle re-çut des batailles fans en savoir donner ;elle en gagna sans en pouvoir profiter ,toujours obligée d’abamlonner ses succèspour se rapprocher de ses magasins. Les.Autrichiens eurent, à l’instardes Russes,une artillerie nombreuse & formidable;ils firent la guerre relativement à cettequantité ; il» tâchèrent de réduire tousleurs combats à des affaires de poste : onne vit de leur coté ni les grands mouve-mens, ni les marches Forcées , ni la su-périorité des manœuvres.
„ Le roi de Prusse , dira-t-on, n’avoit-il pas aussi une artillerie immense? Sansdoute: mais outre qu’il en eut moins queles Autrichiens, elle étoit emplacée ouen réserve dans ses villes de guerre , plu-tôt que[dans ses arniées;c’étoit de-làq'u’illa tirait pour réparer les désastres, c’étoitde-là qn’il enfaifoit arriver des renfortsfur les positions défensives. Sa tactiqueen diminua Rembarras : il fut la perdre& la remplacer. E11 traînoit-il beaucouplorfqn’il voioit de Saxe en Silésie , de laSilésie sur l’Oder ? II en trouvoit dansles places qn’i! p réunit fur ces d/fterenspoints , ou bien il favoit combattre avecle peu qu’il avoit amené. A Roshach ilh’eut jâmais plus de douze pìecés en bat-terie , & il n’en avoit que quarante à fouparc. A Lissa , cc ne fut pas foil artilleriequi battit les Autrichiens. Réglé généra-le , Ibrfqu’ón tournera son ennemi, lors-qii’onl’attaquerapar des manœuvres,lorf-qn’on engagera sá partie forte contre sa par-tie faible, ce n’est pas avec de Vartilleriequ'on décidera te succès ; pnifqu'entameralors un combat à'artillerie,vx feroit don-’uér le temps à son ennemi dr se reconnoî-tre & perdre conséquemment tout le fruitdes manœuvres qu’on auroit faites, (a)Jetons maintenant lin premier coupd’teil fur le nouveau système A'artillerie ,
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c’cfl-à-dire, fur cette multitude de petite*pieecs qu’on se propose de traîner à la fui-te de nos ai mées , & suivons le calcul de'.'auteur de l 'Ejsai général de Tactique.Chaque bataillon fera accompagné dedeux pieces de canon du calibre de 4 ; ily en aura autant au pare de Y artillerie enpieces de 12 & de 8 j donc une armée de100 bataillons traînera à fa fuite 400 pie*ces de canon; ces 400 pieces de canon exi-geront 2000 voitures pour le transportdes munitions , outils, rechanges & au-tres attirails nécessaires; voilà 2400atte-lages , faisant au moins 9600 chevaux ;voilà 3000 & tant de charretiers, conduc-teurs , gardes d 'artillerie , capitaines decharroi , &c. II faudra pour le service deces 400 pieces , à raison de 12 canonnier*ou íervans l’un portant l’autre , environ4S00 soldats , non compris les officiers.Que le roi ait plusieurs armées furpié , comme les' circonstances ne peu-vent que trop souvent Rexiger , qu’ilfaille attacher de T artillerie à ces arméesdaus la môme proportion : quels énormesembarras , quelles dépenses , & quelseffets peut-on s’en promettre ? Toute lascience de la guerre se réduira-t-elle àbrûler de la poudre & à faire du bruit /Que fera une armée appesantie par cetteprodigieuse quantité de voitures, harce-lée , tournée parune armée moins nom-breuse & plus légere qui l’attaquera pardes manœuvres ? La moitié-ou lés deuxtiers de cette énorme quantité de bouchesà Feu fera dans l’inaciion en seconde li-gue , ou én réserve: les petites pieces derégihiens , dont les portées sont courtes& incertaines , éparpillées 'deux â deuxfur le front de l’armée, ne pouvant quedifficilement se joindre pour réparer parU nombre de leurs coups réunis Rincer-titude de chaque coup particulier, ne fe-ront que peu 0» point d’effet : les piecesde parc dé S & de 12, allégées & rac-courcies , ne pourront porter à des dis-tances raisonnables, fans être tirées fousdes angles d’élcvation qui rendront leurdirection peu sure; leurs boulets tombanssous des angles trop ouverts, ne frappe-ront qu’rtn point & s’enfonceront dans laterre , & l’on perdra par-là leur princi-pal effet qui estd’emporter plusieurshom-
(a) Essai général de Tactique , pag. 142 > N sui-v. Lorsque Végété écrivoit, ilsavoit 5; baliltes L 10 onagres par légion. Vég. liv, II. '