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vif. A ne supposer que cela , les ennemistirèrent 4800 coups pendant les quatreheures , & voilà six coups pour tuer oublesser un homme. „ (En ne supposant lacartouche que de 41 balles,ce qui eít vrai-semblablement au-dessous de ce qui futemployé dans des pieces de grosse artille-rie, c’est a 16 balles pour tuer ou blesserun homme.)
“ Mais réduisons le nombre des coupsà la moitié, les admirateurs outrés descoups à mitraille, n’auront pas encoresujet de triompher, le même nombre decoups à boulets bien tirés auroit produitun effet double & peut-être triple. „
Nous ajouterons un fait dont nous a-vons été témoins, c’est qu’ayant été ex-posés avec une troupe d’cnviron six ba-taillons, formée fur quatre de hauteur ,au feu de deux pieces courtes, qui ti-roient avec des cartouches de fer blanc;de 200 coups au moins qui furent tirés à156 ou sqo toiles, il 11’y eut pas un hom-me tué ni blessé.
Voilà des expériences de guerre, qui,de l’aveudes partis les plus divisés d’o-pinions, font les plus décisives ; cepen-dant fauteur que nous venons de citer,les répéta à la Fere en 1760 , pour satis-faire la curiosité de plusieurs témoins.Les résultats dc ces épreuves vinrentcomplètement à Vappui des exemples ci-tés, & confirmeront que les balles ren-fermées dans des sacs de toile , avoientl’avantage fur celles qui étoient renfer-mées dans des boîtes de fer blanc. Lespartisans des anciennes méthodes en con-clurent que, quelle que soit la cartouchequ’on préféré, on ne doit employer cet-te maniéré d’exécuter le canon qu’à 100toises pour la grande distance , & entre60 ou 80 pour la distance moyenne, &de très près pour les effets décisifs ; quedans tous les autres cas , les boulets dé-voient être préférés aux cartouches,d’autant plus que l’effet des boulets estencore augmenté par la terreur & l’essroiqu’ils inspirent : car ils atteignent à détrès-grandes distances, ils épouvantentpar leur fiRement, ils brisent tout cequ’ils rencontrent dans leur course rapi-de , ils emportent plusieurs hommes à la
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fois; & leurs membres déchirés & Tan-glans , les éclat des obstacles qu’ils ontfracassés , font de nouvelles armes quiportent au loin l’épouvante & la mort,& qui par le spectacle affreux qu’ellesoffrent , intimident fur-tout les nou-veaux soldats qui n’en ont pas encore vude pareils.
II est fans doute cruel pour un militai-re qui , après avoir servi long-temps &s’être trouvé à nombre d’acti.ms sanglan-tes , conserve au fond de son cœur; desfentimens d'humanité, d’êtrc obligé, parétat, de faire son étude des moyens lesplus efficac-s d'opérer la destruction deles semblables, de rechercher les armesdont les effets font les plus terribles &les plus meurtriers, & de discuter oe sangfroid la maniéré la plus cruelle & la plusbarbare de les employer. Mais l'état deguerre étant devenu si commun auxhommes, la voie la plus sûre d’abrégercelles qu’ils fe font fi souvent fur des mo-tifs trop légers, feroit peut-être de lafaire d’abord très vivement ; & qu’unepuissance dont la réputation d’équité fe-roit aussi bien établie que méritée , ferendît auffi redoutable par ses forces quepar la maniéré de les employer, afinqu’en accablant ses ennemis tout à la fois,elle leur fît bien connoître le danger au-qitel on s’expofe en troublant injuste-ment la paix des nations : les guerres fe-rment moins longues & par conséquentmoins destructives ; car la faim, les fati-gues & la misere font périr plus de sol-dats que le fer & Iç feu. («)
Puisse , au surplus, le flambeau de Ureligion & de la philosophie éclairer leshommes fur leur véritable intérêt, leuívrai bonheur ! Puissent les souverains dela terre goûter dans leurs regnes longs &paisibles, Pinestimable bonheur d'ètréles bienfaiteurs, lesperes de leurs sujets îPuisse notre patrie jòùir d’une paix éter-nelle & d’un bonheur constant ! Alorsnous ne regretterons ni les maóx quenous avons foufferts, ni le sang que nòusavons versé pour elle. Poursuivons &hâ-tons-nous de terminer cet article.
Les partisans du nouveau système d'ar-tillerie ont beaucoup fait valoir l'écona-
(«) Safìùs eairn penuria qwtn fugna confumit exereitum , if ferro ftvior futiçitjì, Vegéce.
Tome III. Fart, II, Q »