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thés. Ninus fut le premier fondateur del’tmpire d’AíTyrie : en donne à cet empireune dnrée de treize cents ans, jusqu’à lamort de Sardanapale , qui en fut le der-nier souverain. ( C. A.)
Assyrie, Hifl. anc. L’émpire á'As-syrie a essuyé tant de révolutions, qu’ílest difficile d’en fixer les limites : sonétendue avarié seion ses prospérités ouses revers. L’opinion la mieux sondéesuppose qu’il renfermait tout le pays si-tué entre le Tigre & l’Indus : on lui don-ne pour fondateur Assur, que quelques-uns confondent avec Nembrod. L 'Assy-rie, dans son origine, eut des rois oudes chefs héréditaires, qui, comme danstoutes les sociétés naissantes , n’eurentqu’un pouvoir limité ; l'habitude de com-mander leur fit rechercher les moyensd’établir la tyrannie fur les débris de laliberté publique , & le sceptre mis dansleurs mains pour les Faire souvenir qu’ilsétoient les conducteurs des peuples, futune verge dont ils frappèrent les hom-mes déchus de leur indépendance natu-relle. L’AJsyrie fut le berceau du despo-tisme , parce que ce fut le premier em-pire où l'on déifia les rois : on vit ces des-potes insolens exiger & recevoir l’cncens& les sacrifices que la superstition offroità la divinité ; mais ces idoles révéréesétoient souvent avilies & traînées dans laboue , parce que tout ce qui déroge à lanature n’a qu’une existence passagère.
Leur législation n’est point parvenuejusqu’à nous, ce qui suppose qu’ils n’a-voient que des usages ou des loix fort in-formes. Nous ne sommes pas mieux in-struits de leurs rites sacrés : on fait feule-ment qu’ils étoient idolâtres & Fort su-perstitieux , & que leurs principales di-vinités étoient représentées fous la formed’une mule, d’un cheval, d’un paon, d’unfaisan & d’une caille; ils rendoient un cul-te particulier aux poissons, en mémoire de-là déesse Derceto, qui fut ainsi métamor-phosée: Sémiramis étoit adorée sous lafigure d’un pigeon. On peut juger deleur penchant pour l’apothéose, quandon les volt déifier tous leurs rois, fansmême en ex clore le voluptueux; Sarda-nale : les Assyriens, en les plaçantdans le ciel, nefirent que suivre l’exem-ple de leurs voisins.
1 Ce pays, autrefois si riche & si fécond ,
n’offre plus que, des plaines incultes &
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stériles, où quelques habitans épars traî-nent une vie obscure & indigente; soitque le sol se soit épuisé par sa propre fé-condité , soit que sa situation entre plu-sieurs rivaux qui en ont fait le théâtredes guerres, ait préparé cette étonnanterévolution, on ne voit plus que quelquesviles bourgades dans les lieux où l’onadmiroit antref»is Niuive, Ctésiphon,& tant d’autres villes riches & peuplées,dont f histoire a consacré les noms & lamagnificence. Ce pays étoit arrosé parplusieurs grands fleuves, dont les plusconsidérables étoient le Tigre, ainsi nom-mé à cause du grand nombre de tigres quiinfestoientses bords ; ie Lycus & le Câ-pres , connus aujourd’hui sous le nomdes deux Zabes. On y trouvait un lacqu’on croitêtre l’Averne; ses eaux étoientsi meutrieres, que l'oiseau ou l’animalqui en bu voient, & qui respiroient lesvapeurs qu’elles exhaloient, tomboientmorts fur le champ.
L’hiftoire des rois d’ Assyrie n’est qu’untissu de fables révoltantes, rassembléespar Ctefias, qui a été copié partons lesécrivains postérieurs. Tout y parait encontradiction aveccequiest consigné dansnos annales sacrées , qui seroient desguides sûrs pour l’histoire orientale, sielles ne s’étoient pas presque bornéesaux faits relatifs au peuple de Dieu;ainsi l’on est obligé de suivre Ctésias, quia plutôt écrit ce qui étoit cru que ce quiétoit arrivé.
Ninus, qu’on suppose avoir été le pre-mier roi d 'AjJyrie, pourroít n’ètre qu’unhéros fabuleux, créé par l’imaginationdes Grecs, qui trouvaient dans le nomd’une ville celui de fou fondateur ; ainsidcNinive ils purent tirer celui de Ninus.Les traits dont ils embellissent son hi-stoire , montrent qu’iis ont réalisé unfantôme : ils disent que Ninus fut ie pre-mier qui attenta à l’indépendance despeuples, qui jusqu’alors n’avoient pointeu de guerres à soutenir : ils ajoutentqu’il craignit d’être arrêté dans ses expé-ditions par les Arabes, qui étoient lesplus belliqueux de la terre : tont est con-tradiction dans ce récit. S’il est vrai quece fut la premiere guerre que les hommeseurent à soutenir, comment les Arabespouvaient-ils avoir la réputation d’unpeuple belliqueux ? C’est encore à ceprince qu’on attribue la fondation de Ni-