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un pigeon* ou qui mangeoient de sa chair.Ses statues étoient fans ornement; elleétoit représentée dans la nudité & sescheveux épars : ee désordre pouvoit bienétte une image de fa vie licentieuse.
Ninias, tils d'une rnere qui réuniffoitles ta.’ens & 1e courage des grands hom-mes, ne porta fur le trône que les foi bles-ses qui font même la censure des femmes.Les rois, jufqu’alors gardés par l’amourde leurs sujets, avoient ressemblé à desperes au milieu de leur famille. Niniasintroduisit l’usage de se faire garder pardes hommes armés, qui semblent annon-cer aux rois que tous les citoyens fontleurs ennemis. Ce prince trop efféminépour avoir de l’ambition fe renfermadans ì’ombre de son palais, où assoupidans les molles voluptés il ne vivoitqu'avee ses femmes St fes concubines ,dontil avoit les foibleffes : & ce Fut enfe rendant invisible à fes peuples, qu’ilcrut fe dérober au mépris publie.
Trente générations s’écoulerent fansqu’il parut un roi digne de l’être : leursnoms, comme leurs actions, font tombésdáns l’oubli. Ce vuide qui se trouve dansl’histoire A'Affyrie , a fait présumer à dejudicieux critiques, que est empire n'eutplus de rois après Ninias : leurs conjectu-res ont toutes les couleurs de la vraisem-blance; on ne voit parmi ces rois aucunlégislateur, aucun ambitieux. Commentpendant douze cents ans cet état anroit-il pu subsister sans troubles domestiques,fans guerres étrangères? Comment tantde rois tributaires auroient-ils été si long-temps dociles au joug imposé par Belus& Sémiramis ? S’il a éprouvé les secous-ses &!es agitations qui ébranlent les au-tres empires, pourquoi les écrivains del’antiquité auroient-ils gardé un silenceunanime fur fes révolutions ? Plus ilavoit d’étendue , plus il devoit intéresserla curiosité, plus fes ressorts compliquésétoient sujets à fe déranger. C'est suppo-ser que tous les rois de la terre étoientaussi dégradés que les monarques Assy-rien» ; supposition plus difficile, que deconcevoir que depuis Ninias jusqu'dSardanapale ce trône ne fut point occu-pé. L’oppotition qui fe trouve dans lesdeux listes de leurs anciens rois, favorisecette conjecture; l une contient trente-six rois, & l’autre quarante & un. Onn’est pas plus d’accord fur la durée de cet
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empire; les uns lui donnent 1306 arfsf^&. les autres réduisent ce nombre àmais comme tous 11’ont pour guide queCteíias, ils n’onf fait que répéter les er-reurs.
Après une éclipse de plus de mille ans,on voit reparoítre furie trône d'Ajsyrìc,un Sardanapale, dont les vices Sc lesmœurs efféminées ant immortalisé la mé-moire. On donne encore aujourd’hui sonnom à ces prétendus conducteurs despeuples qui sommeillent abrutis fous lapourpre , & qui ne fe réveillent quepour sucer la lueur & le sang des peuplesépuisés, pour fournir des alimens à leurssales débauches. Ce tyran invisible , en-vironné d’eunuques & de Concubines,n’étoit occupé qu’à la recherche des vo-luptés , de celles même qui révoltentla nature, & que la pudeur défend denommer. Fatigué du poids du sceptre,il prenoit la quenouille, & fe fardoit pourdisputer aux femmes le prix des grâces& de la beauté. Tel est le portrait que desauteurs outrés nous en ont laissé pournous peindre un prince voluptueux, quifacrihoit à fes plaisirs les foins de Ionempire. Ce monarque avili fit un peuplede mécontens. Arbace , Alede de nation,honteux d’obéir à un maître efféminé,forma une conjuration avec Belefis,gouverneur de Babylone, prêtre & guer-rier, qui ayoit la réputation de pénétrerdans les secrets de l’avcnir : les peuplesfe rangèrent en foule fous leur drapeau.Les conjurés furent souvent défaits; maissoutenus de la faveur de la nation, ils ferelevèrent toujours de leur chute. Sarda-napale , réveillé par le bruit du danger,fit voir que le goût des voluptés n’étcintpas toujours le courage ; il donna despreuves d’un génie véritablement faitpour la guerre, & après avoir remportétrois victoires, il essuya un revers quiPobligea de fe renfermer dans Ninive. IIy fut assiégé par l’armée rebelle, dont lesefforts enflent été impuistans, si le débor-dement du Tigre n’eùt renversé la mu-raille. Le monarque voulant prévenirla honte d’implorer la clemence du vain-queur , sit préparer un bûcher qui le ré-duisit en cendres, avec fes eunuques,fes concubines & fes trésors. II s’élcvatrois grands royaumes fur les débris de cevaste empire. Arbace, chef de la conju-ration , eut celui de Médie ; Belelis »