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curé la connoissanee de la religion de cepeuple subtil , savant, ingénieux. II y atrois principales sectes dans fempire dela Chine. La premiere fondée par Li-lao-kium , adore un Dieu souverain , maiscorporel, & ayant sous fa dépendancebeaucoup de divinités subalternes, furlesquelles il exerce un empire absolu.La seconde , infectée de pratique folles& absurdes , met toute fa confiance enune idole nommée Fo on Fo'è. Ce Fo nuFoë mourut à l’âge de 79 ans; & pourmettre le comble à son impiété, aprèsavoir établi l'idolâtrie durant sa vie , iltâcha d'inspirer l’athéisineà la mort.Pourlors, il déclara à ses disciples qu’il n’a-voit parlé dans tous ses discours que parénigme, & que l’on s’abusoit si l’on cher-choir hors du néant le premier principedes chofe C’est de ce néant, dit-il,quetout est sorti, & c’est dans le néant quetout doit retomber : voilà l'abyme oùaboutissent nos espérances. Cela donnanaissance parmi les Bonzes à une secteparticulière d'athées, fondée sur ct s der-nieres paroles de leur maître. Les autres,qui eurent de la peine à se défaire deleurs préjugés, s’en tinrent aux pre-mières erreurs. D’autres enfin tâchèrentde les accorder ensemble , en faisant uncorps de doctrine où ils enseignèrent unedouble loi , qu’ils nommèrent la loi exté-rieure & la loi intérieure. La troisièmeenfin plus répandue que les deux autres,& même la feule autorisée par les loix del’état, tient lieu de politique , de reli-gion, & sur-tout de philosophie. Cettederniere secte que professent tous les no-bles L tous les lavans, ne reeonnoît d'au-tre divinité que la matière, ou plutôt larature ; & fous ce nom, source de beau-coup d’crreurs & d’équlvoques, elle en-tend je ne fais quelle ame invisible dumonde, je ne fais quelle force ou vertusurnaturelle, qui produit, qui arrange,qui conserve les parties de i’univers.C’est, disent-ils, un principe très-pur ,très-parfait, qui n’a ni commencementni fin; c’est la source de toutes choses,l’esseuce de Chaque être , & ce qui en faitla véritable différence. lisse servent deces magnifiques expressions, pour ne pasabandonner en apparence l’ancienne doc-trine ; mais au fond ils s’en font tine nou-velle. Quand on l'exarnine de près, ceH’est plus ce..souverain maître du ciel,
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juste, tmit-puifîhnt, le premier des es-prits , Sc l'arbitre de toutes les créatures:on ne voit chez eux qu’un athéisme rafi-né, & un éloignement de tout culte reli-gieux. Ce qui le prouve , c’est que cettenature , à laquelle ils donnent des attri-buts fi magnifiques, qu’il semble qu’ilsl’affranchissent des imperfections de lamatière , en la séparant de tout ce qui estsensible & corporel, est néanmoins aveu-gle dans ses actions les plus réglées, quin’ont d’autre fin que celle que nous leurdonnons, & qui par conséquent ne sontutilesqu’autant que nous savons cn faireun bon usage. Quand on leur objecte quele bel ordre qui régné dans l'univers n’apû être l’effet du hasard, que tout ce quiexiste doit avoir été créé par une premie-re cause qui est Dieu: donc, répliquent-ils d’abord, Dieu est fauteur du mal mo-ral & du mal physique. On a beau leur di-re que Dieu , étant infiniment bon , nepeut être fauteur du mal: donc, ajou-tent-ils, Dieu n’est pas f auteur de toutce qui existe. Et puis, continuent-ilsd’un air triomphant, doit on croire qu'unêtre plein de bonté ait créé le monde, &que pouvant le remplir de toutes sortes deperfections, il ait précisément fait le con-traire? Quoiqu’ils regardent toutes cho-ses comme f effet de la nécessité , ils en-seignent cependant que le monde a eu uncommencement, & qu’il aura une fin.Pour ce qui est de f homme, ils convien-nent tous qu’il a été formé par le con-cours de la matière terrestre & de la ma-tière subtile, à-peu-près comme les plan-tes naissent dans les Isles nouvellementformées, où le laboureur n’a point semé,& où la terre seule est devenue fécondepar sa nature. Au reste notre ame, disent-ils, qui en est la portion la plus épurée,finit aveb le corps quand ses parties fontdérangées, & renaît aussi avec lui quandle haiard remet ces mêmes parties dansleur premier état.
Ceux í^ui voudroient absolument pur-ger d’athéilineles Chinois, disent qu’ilne faut pas faire un trop grand fond furle témoignage des missionnaires ; & quela feule difficulté d’apprendre lent lan-gue & de lire leurs livres, est nue raisonde suspendre son jugements D’ailleurs,en accusant les jésuites, fans doute àtort, de souffrit les superstitions desChi-nois , on a, fans y penser, détruit sac-