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violence des passions pour étouffer unenotion aussi évidente que celle de la divi-nité. Le monde , la cour Si les arméesFourmillent de ces sortes i'athées. Quandilsauroient renversé Dieu de dessus sontrône, ils ne se donneroient p.asplus delicence L de hardiesse. Les uns, ne cher-chant qu’à se distinguer par les excès deleurs débauches , y mettent le comble ènse moequant de la religion ; ils veulentfaire parier d’eux, & leur vanité ne seroitpas satisfaite , s’ils ne jouissoient haute-ment & fans bornes de la réputation d’im-pies : cette réputation dangereuse est lebut de leurs souhaits, & ils seroientmé-contens de leurs expressions, fi elles n'é-toient extraordinairement odieuses. Lesrailleries, les profanations & les blas-phèmes de cette forte d’impies, ne fontpoint une marque qu’en effet ils croyentqu’il n’y a point de divinité ; ils ne par-lent de la forte que pour faire dire qu’ilsenchérissent fur ies débauchés ordinaires:leur athéisme n’çst rien moins que raison-né, il n’est pas même la cause de leurs dé-bauches , il en est plutôt le fruit &l’ef-fet, & pour ainsi dire le plus haut degré,I,es autres, tels que les grands, qui fontle pins soupconnés d’athéilme , trop pa-resseux pour décider en leur esprit queDieu n’est pas, se reposent mollementdans le sein des délices. " Leur indo-„ lence , dit la Bruyere , va jusqu’à les„ rendre froids & indifférens fur cet ar-„ ticle si capital , comme fur la nature,, de leur aine Sc fur les conséquences„ d’u ne vraie religion; ils ne nient ces,, choses ni ne les accordent, ils n’y pen-,, sent point Lette efpece d’athéifmeest la plus commune, & elle estauísi con-nue parmi les turcs que parmi les chré-tiens. M,. Ricaut, secrétaire de M. lecomte de Winchelfey, ambassadeur d’An-gleterre à Constantinople, rapporte quele s athées ont formé une secte nombreuseen Turquie, qui est composée pour laplupart de cadis & de personnes savantesdans les livres arabes, K des chrétiensrenégats, qui pour éviter les remordsqu’ils sentent de leu r apostasie, s’efforcentde se persuader qu’il n’y arien à craindreni à espérer après la mort. II ajoute, quecette doctrine contagieuse s’est insinuéejusques dans le ferrail, & qu’elle a infec-té l’appartement des Femmes & des eunu-ques ; qu’elle s’est auifi introduite estez
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les bachas , & qu’aprçs les avoir empoi-sonnés, elle a répandu son venin fur tou-te la cour ; que le sultan Amurat favo-risait fort cette opinion dans fa cour &dans fou armée.
II y a enfin des athées de spéculation &;de raisonnement, qui se fondant sur desprincipes de philosophie , soutiennentque les argumens contre l’exístence & lesattributs de Dieu , leur paroissmt plusforts Si plus concluaiis que ceux qu’onemployé pour établir ces grandes vérités.Ces sortes d ’athées Rappellent des athées:théoriques. Parmi les anciens on comptaProtaguras, Démocrite, Diagoras, Théo-dore , Nicanor, Hippon , Evhemere,Epicure & ses sectateurs, Lucrèce, Pli-ne le jeune, &c. & parmi los modernes,Averroès , Calderiiius , Politien, Pom-ponace, Pierre Bembus , Cardan, Cis-alpin , Taurellus, Crémouin , Bérigard,Vivian!, Thomas Hobbes, Benoit Spi-nosa , &c. Je ne pense pas qu’on doive-leur associer ces hommes qui n’ont niprincipes, ni système, qui n’ont pointexaminé la question, & qui ne saventqn’imparfaitement le peu de diffictiltéqu’ils débitent. Ils se font une sotte gloi-re de passer pour esprits forts ; ils en af-fectent le style pour fe distinguer de Ufoule , tout prêts à prendre le parti de lareligion, fi tout le monde fe déciaroitimpie & libertin: la singularité leur plaît.
Ici fe présenté naturellement la célé-bré question, savoir si les lettrés de laChine font véritablement athées. Les sen-timens fur cela font fort partagés. Le P.le Comte , jésuite, a avancé que le peu-ple de la Chine a conservé près de ioooans )a connoifsimce du véritable Dieu ;qu’ils n’ont été accusés nubliquement d’a-sséisme par les autres peuples, que parcequ’ils n’avoient ni temples ni sacrifices,qu’ils étoient les mains crédules & lesmoins superstitieux de tous les habitnnsde l’Asie. Le P. le Gobien , auifi jésuite,avoue que la Chine n’est devenue idolâ-tre que cinq ou six ans ayant la naissancede J. C. D'autres prétendent que Passéis-me a régné dans la Chine jusqu’à Confu-cius, Si que ce grand philosophe même-en fut infecté. Quoi qu’il en soit de cestemps si reculés, fur lesquels nous n’osonsrien décider , le zele rie l’apostolat d’uncoté, & de Vautre, l’avidité insatiabledes négocians Européens,,nous ont pr«-