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Tome troisieme. APA - ATZ.
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Plutarque, remarquable par retenduede ses connoissances , a fur cet objet unpassagé digne d’étre rapporté. “Jetezles'yeux , dit-il dans son traité contre fépi-curien Colotès , c< fur toute la face de laterre; vous y pourrez trouver des villesfans fortification, fans lettres, fans ma-gistrats réguliers, fans habitations di-stinctes , fans professions fixes , fans pro-priété, fans usage des monnoies, L dansl’ignnrance universelle des beaux arts :mais vous ne trouverez mille part uneville fans cannoissance d’un dieu ou d’u-’ne religion, fans usage des vœux, desfermens, des oracles, fans sacrifices pourfe procurer des biens , ou fans rits dé-précaíoires pour détourner les maux. „Dans fa consolation à Apollonius, il dé-clare que l’opinion que les hommes ver-tueux feront récompensés après leur mort,est si ancienne , qu’il n’a jamais pú en dé-couvrir ni fauteur ni l’origine. Cieeron& Seneque avoient déclaré la même cho-se avant lui. Sextus Empirions voulantdétruire la démonstration de f existencede Dieu, fondée fur le consentement uni-versel de tous les hommes, observe quece genre d’argument prouveroit trop ,parce qu’i! prouveroit également la véri-té de f enfer fabuleux des poètes.

Quelque diversité qu’il y eût dans lesopinions des philosophes , quels que fus-sent les principes de politique que suivîtun historien, quelque système qu’un phi-losophe eût adopté , la nécessité de cc dog-me général, je veux dire des peines &des récompenses d’une autre vie, étoitunprincipe fixe & constant, qu’ou ne s’avi-1bit point de révoquer en doute. Le parti-san du pouvoir arbitraire regardait cetteopinion comme le lien le plus Fort d’uneobéissance aveugle ; le défenseur de la li-berté civile l’envifagcoit comme unesource féconde dc vertus & un encoura-gement à f amour de la patrie ; & quoiqueson utilité eût dû être une preuve invin-cible de la divinité de son origine, le phi-losophe athée en concluoit au contrairequ’elle étoít une invention de la politi-que ; comme si le vrai & futile n’avoientpas nécessairement un point de réunion ,& que îe vrai ne produisît pas futilecomme futile produit le vrai. Quand jedis VutìU , j’entcnds futilité générale, &j’excius futilité particulière, tontes lesfois qu’elle fe trouve en opposition avec

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futilité générale. C’est pour u’avoir pasfait cette distinction juste Sc nécessaire,que les sages de f antiquité payenne,philosophes, ou législateurs, font tombésdans ferrent de mettre en opposition fu-tile & le vrai ; & il en résulte que le phi-losophe, négligeant futile pour ne cher-cher que le vrai , a souvent manqué levrai ; L que le législateur au contraire,négligeant le vrai peur n’aiier qu’à futi-le , a souvent manqué futile.

Mais pour revenir à futilité du dog-me des peines & des récompenses d uneautre vie, & pour taire voir combienf antiquité a été unanime fur ce point, jevais transcrire quelques passages qui con-firment ce que j’avance. Le premier estde T iinée le Locrien, un des plus anciensdisciples dcPythngorc, homme d’état. &qui, suivant l’opinion de Platon , étoitconsommé dans les connoissances de laphilosophie, limée, après avoir fait voirde quel usage est la science de la moralepour conduire au honheur un esprit natu-rellement bien disposé, en lui faisant con-noître quelle est la mesure du juste & def injuste , ajoute que la société fut inven-tée pour retenir dans f ordre des espritsmoins raisonnables, par la crainte desloix & de la religion. “ C’est à l’égard deceux-ci, dit-il, qu’il faut faire usage dela crainte des châtimens, soit ceuxqu’infligent les loix civiles, ou ceuxque fulminent les teneurs de la religiondu haut du ciel & du fond des enfers,châtimens fans fin réservés aux ombresdes malheureux ; tourmens dont la tra-dition a perpétué l’idée , afin de purifierf esprit de tout vice. „

Polybe nous Fournira le second passa-ge. Ce sage historien, extrêmement versédans la connoissance du genre humain, &dans celle de la nature des sociétés civi-les , qui fut chargé de f auguste emploi decomposer des loix pour la Grece aprèsqu’elle eut été réduite fous la puissancedes Romains , s’exprime ainsi en parlantde Rome. “ L’excellence supérieure decette république éclate particulièrementdans les idées qui y règnent fur la pro-vidence des dieux. La superstition , quien d’autres endroits ne produit quedes abus &des désordres ,. y soutient aucontraire & y anime toutes les branchesdu gouvernement, & rien ne peut sur-monter la force avec laquelle elle agit