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Tome troisieme. APA - ATZ.
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veroit pas fi étrange qu’elle employâtson activité à se rendre malheureuse ; ondiroit, il Faut bien qu elle obéisse à uneforce majeure : c’est apparemment pouréviter un plus grand mal, qu’elle se don-ne la gravelle , la colique , la fievrechaude, la rage. Mais elle feule dansl’univers, rien ne lui commande , rienne l’exhorte , rien ne la prie. C’est fapropre nature, dit Spinosa , qui la porteà se donner elle - même en certaines cir-constances un grand chagrin, & une dou-leur très-vive. Mais, lui répondrai-je ,ne trouvez-vous pas quelque chose demonstrueux & d’inconcevable dans unetelle fatalité?

Les raisons très - Fortes qui combattentla doctrine que nos âmes font une por-tion de Dieu , ont encore plus de soliditécontre Spinosa. On objecte à Pythagorasdans un ouvrage de Cicéron, qu’il résultede cette doctrine trois faussetés éviden-tes : 1°. que la nature divine ferait déchi-rée en pieces ; î°. qu’elle seroit malheu-reuse autant de fois que les hommes ; Z°.q ne l'esprit humain n’ignoreroit aucunechose , puisqu’il seroit Dieu.

6°. Je voudrois savoir à qui il en veut,quand il rejette certaines doctrines, &qu’il en propose d’autres. Veut-11 appren-dre des vérités ? Veut-il réfuter des'er-reurs ? Mais est - il en droit de dire qu’ily a des erreurs ? Les pensées des philo-sophes ordinaires , celles des Juifs, cel-les des chrétiens ne font-elles pas desmodes de l’être infini, aussi- bien que cil-les de son éthique ? Ne lont-elles pas desréalités aussi nécessaires à la perfectionde l’univers que toutes les spéculations ?‘N’émanent-elles pas de la caute nécessai-re? Comment donc ose -1 - il prétendrequ’il y a là quelque chose à rectifier ? Ensecond lieu , ne prétend-il pas que la na-ture dont elles font les modalités , agitnécessairement, qu’elle va toujours songrand chemin, qu’elle ne peut ni se dé-tourner ni s’arrêter, & qu’étant uniquedans l’univers , aucune cause extérieurene l’arrêtera jamais ni redressera ? II n’ya donc rien de plus inutile que les leçonsde ce philosophe. C’est bien à lui, quin’est qu’une modification de substance , àprescrire à l’Etre infini ce qu’il Fau!faire! Cet être l’entendra-t-il ? Et s’ill’entendoit, pourroit-il en profiter? N’a-

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gît - il pas toujours selon toute l’étenduede ses forces , fans lavoir ni où il va, nice qu’il fait ? Un homme comme Spi-nosa le tiendroit en repos , s’il raiíonnoitbien. S’il est possible qu’un tel dogme ré-tablisse, diroit-il, la nécessité de la naturerétablira fans mon ouvrage j s’íl n’est paspossible, tous mes écrits n’y feront rien.

Le système de Spinosa choque si visi-blement la raison , que ses plus grandsadmirateurs reconnoissent que , s’il avoitenseigné les dogmes dont on l’accuse, ilseroit digne d’exécration; maisils préten-dent qu’on ne l’a pas entendu. Leursapologies , loin de le disculper , fontvoir clairement que les adversaires deSpinosa, l’ont tellement confondu & aby-mé, qu’il ne leur reste d’autre moyen deleur répliquer, que celui dont les jansé-nistes fe sont servis contre les jésuites ,qui est de dire que son sentiment n’est pastel qu’on le suppose : voilà à quoi se ré-duisent ses apologistes. Afin donc qu’onvoie que personne ne sauroit disputer àses adversaires 1 honneur du triomphe , ilsuffit de considérer qu’il a enseigné effec-tivement ce qu’on lui impute, & qu’ils’est contredit grossièrement & n’a su cequ’il vonlnit. On lui fait un crime d’a-voir dit que tous les êtres particuliers sontdes modifications de Dieu. II est manife-ste que c’est fa doctrine , puisque sa pro-position 14 e est celle - ci , prœter Deumnulla tlari neque concipì potejl substantia ,& qu’il assure dans la iy e , quidquid ejí,in Dee est , U nihilJim Deo neque este ne-que concipì potefi. Ce qu’il prouve parlaraison que tout est mode ou substance , &que les modes ne peuvent exister ni êtreconçus fans la substance. Quand donc unapologiste de Spinosa parle de cette manié-ré : s’il étoìt vrai que Spinosa eût enseignéque tous les êtres particuliers sont des mo-des de la substance divine , la victoire deses adversaires seroit complété , & je nevoudrois pas la leur contester ; je ne leurconteste que le fait, je ne crois pas quela doctrine qu ils ont réfutée soit dansson livre : quand , dis-je, un apologisteparle de la sorte , que lui manque-t-ilqu’1111 aveu Formel de la défaite de sonhéros ? car évidemment le dogme enquestion est dans la morale de Spinosa.

11 ne faut pas oublier que cet impien’a point méconnu les dépendances iné>