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Tome IV. AU - BHA.
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BAI

BAILLON, s. m. Jurispr. crimin.,morceau dc bois qu’on met au traversde la bouche d’un homme, pour l’em.pêcher de parler ou de crier. La justi-ce s’en sert quelquefois à l’égard descriminels qu’elle envoie au supplice ,lorsqu’elle craint que leurs cris ou leursdiscours n’excitent dc la rumeur parmile peuple. L’auteur du siécle de LouisXV dit, en parlant de la ntort du géné-ral Lally : “ On lui mit dans la bouche„ un haillon qui déhordoit fur les le-„ vres ; c’cft ainsi qu’il fut conduit à la„ Greve dans un tombereau. Les hom-„ mes font si légers, que ce spectacle„ hideux attira plus de compassion que„ son supplice. „

II faudroit donc supprimer l’usage dubâillon, s’il ne peut qu’affoiblir l’im-prelsion que la justice attend ,du specta-cle des exécutions qn’elle ordonne. Lepatient en souffre ; & c’est en pure pertepour ceux que l'on se propose d’intimi-der & de retenir par l’appareil des exé-cutions.

- S’il est nécessaire de conduire solem-nellement des malheureux au gibet ; sil’on craint en même temps que leurspropos ou leurs clameurs ne causentquelque fermentation dans les esprits,il vaudroit peut-être mieux les Faire ac-compagner par des tambours, dont lebruit empêcheroit que leurs cris ne fus-sent entendus.

C'est au son du tambour que se fontles exécutions militaires j c’est au sondu tambour que périssent ces ministresprotestants, qui veulent, maigre la loidu prince , prêcher une doctrine querejettent & l’église & l’état. On pour-l'oit donc, dans tous les cas où l’oncroit le haillon nécessaire , admettre lemême usage; il rempliroit peut-êtremieux les vues de la justice , peut-être même l’humanité y trouveroit-ellccet avantage , que le bruit d’un ins-trument guerrier, étourdissant le mal-heureux qu’on va exécuter , son imagi-nation se détourneroit un peu de cetteperspective du supplice qui est souventplus terrible que le supplice même.(AA)

BÂILLONNÉ, adj. terme de Blason,Wse dit des animaux qui ont un bâton eli-

ft A I Li-

tre les dents, comme les lions , les ours,les chiens, c.

Rurneu$\au pays de Vaux* d'argentau lion desablé bâillonné de gueules à lubordure componnée d'argent U de fable .

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BAILLOGUES , f. f. c’est ainsi queles PiumaJ/iers nomment des plumes decouleurs mêlées blanches & noires, parexemple.

BAILLOTTE , en terme de Marine *c’est un seau.

BAINS, s. m. terme d'Architetfureigrands & somptueux bâtiments, élevéspar les anciens pour 1’ornement & lacommodité. II faut distinguer les bainsen naturels ou en artificiels. Les bainsnaturels font ou froids comme l’ean desrivières , ou chauds comme ceux deseaux minérales, propres à la guérisonde plusieurs maux. Voyez Eaux mi-NERALES, & f lus bas B A I N enMédecine.

Les bains artificiels, qui étoient plu-tôt pour la propreté du corps que pourla lanté, étoient chez les anciens desédifices ou publics .011 particuliers. Lesbains publics ont jeté en ulage en Grece& à Rome mais les Orientaux s’enservirent auparavant. La Grece con-noissoit les bains chauds dès le tempsd’Homere, comme il ’paroît par diversendroits de l’Odyssée ; Si ils étoientordinairement joints aux gymnases onpalestres , parce qu’en sortant des exer-cices on prenoit Ile bain. Vitruve adonné une description fort détaillée deces bains , par laquelle il paroìt qu’ilsétoient composés de sept pieces diffé-rentes , la plupart détachées les unesdes autres, & entremêlées de quelquespieces destinées aux exercices. Ces septpieces étoient i°. le bain froid ,frigtdaluvatlo en grec yovlfòv, - a . l'elœothe-Jìum , c’est-à-dire la chambre où l’on fefrottoit d'húìle ; Z°. le lieu de refraî-chissement, frigidarium ; 4". le propni-geum, c’est-à-dire l’entrée ou le vesti-bule de Yhypocaufium 011 du poëlie; y°.l’étuve voûtée pour faire suer, ou lebain de vapeur , appelle tepidurium ; 6 .le bain d’eau chaude , calida lavatio :auxquelles il faudroit joindre l'upody-terion ou garde - robe , si toutefois ce