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Tome IV. AU - BHA.
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chés aux tragédies & aux comédies desGrecs; Athenée les appclíe danses philoso-phique s , parce qnc tout y était réglé, &qn’clles étoicnt des allégories ingénieu-ses, & des représentations d’actions, oudes choses naturelles qui renfermoient uusens moral.

Le mot ballet vient de ce qu’origi-nairement on dansoit en jouant à lapaume. Les anciens , attentifs à toutce qui pouvoit former le corps , lerendre agile ou robuste, & donner desgrâces à ses mouvements, avoient unices deux exercices , en forte que lemot ballet est venu de celui de balle :on en a fait bai, ballet , ballade, & ba-ladin ,1e ballar & bailo des Italiens, & lcbcálar des Espagnols, comme les Latinsen avoient fait ceux de ballare & de bulla-tor , &c.

Ceux célébrés danseurs furent enGrecc les inventeurs véritables des bal-lets , L les unirent à la tragédie & à lacomédie.

Batile d’Alexandrie inventa ceux quireprésentoient les aillons gaies, & Fi-ladc introduiiit ceux qui représentoientles actions graves, touchantes, L pa-thétiques.

Leurs danses étoient un tableau fidelede tous les mouvements du corps, & uneinvention ingénieuse qui servoít à les ré-,gler, comme la tragédie en représentantles pallions, servoit à rectifier les mouve-ments de l'ame.

Les Grecs avoient d’abord quatre espè-ces de danseurs, qu’on nommoit byluro-des, Jìmodes , magodes &liJìodes ; ils s’eníervoient pour composer les danses deleurs intermèdes. Voyez ces mots à leursdifférens articles.

Ces danseurs «’étoient proprement quedes bouffons, & ce fut pour purger lascene de cette indécence, que les Grecsinventèrent les ballets réglés , & leschœurs graves que la tragédie reçut à faplace.

Les anciens avoient une grande quan-tité de ballets, dont les sujets font rap-portés dans Athenée ; mais on 11 c trou-ve point qu’ils s’en íbient servis au-trement que comme de lìmples inter-mèdes. Voyez Intermède. Aristote,Platon, Sic. cn parlent avec éloge t &le premier est entré, dans/a poétique,

BAL’

dans un très-grand détail an sujet decette brillante partie des spectacles desGrecs.

Quelques auteurs ont prétendu quec’étoit à la cruauté d’Hyeron tyran deSyracuse, que les ballets dévoient leurorigine. Ils disent que ce prince soup-çonneux ayant défendu aux Siciliensde se parler, de peur qu’ils ne cons-pirassent contre lui ; la haine & la né-cessité, deux sources fertiles d’invcn-tion, leur suggérèrent les gestes , lesmouvements du corps & les figures,pour se faire entendre les uns aux au-tres : mais nous trouvons des ballets ,& et» grand nombre, antérieurs à cet-te époque ; & l’opinion la plus certai-ne de l’origine des danses figurées ,est celle que nous avons rapportée ci-dessus.

Le ballet passa des Grecs chez les Ro-mains , & il y servit aux mêmes usa-ges ; les Italiens & tous les peuples del’Europe en embellirent •succeffivementleurs théâtres, & on l’employa enfinpour célébrer dans les cours les plusgalantes & les plus magnifiques, les ma-riages des rois, les naissances des prin-ces , & tous les événements heureux quiintéressoient la gloire & le repos des na-tions. 11 forma seul alors un très-grandspectacle , & d’une dépense immense,que dans les doux derniers fiecles on aporté au plus haut point de perfection &de grandeur.

Lucien qui a fait un traité de ladanse, entre dans un détail fort granddes sujets qui font propres à ce gen-re de spectacle : il femule que cet au-teur ait prévu l’usage qu’on en feroitun jour dans les cours les plus polies del’Europe.

On va donner une notion exacte deces grands ballets, aujourd’hui tout-à-fait hors de mode ; on a vu quellea été leur origine & leurs succès; onverra dans la fuite leurs changements,leur décadence , & le genre nouveauqu’elle a produit : des yeux philo-sophes trouvent par-ton t ces commen-cements, ces progrès, ccs diminutions,ces modifications différentes , en unmot, qui fort t dans la nature; maiselles se manifestent d’une maniéré ençp-rti plus sensible dans l’hiftoire des arts,