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Tome IV. AU - BHA.
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ont ouvert une carrière nouvelle auxpoètes & aux musiciens, qui auront lecourage de croire, que le théâtre dumerveilleux est propre à rendre le co-mique.

Les Italiens paroissent penser que lamusique n'est Faite que pour peindretout ce qui est de plus noble ou de plusbas dans la nature. Ils réadmettent pointde milieu.

Ils répandent avecproftision le sublimedans leurs tragédies, & la plus baffe plai-santerie dans leurs opéra bouffons, &ceux-ci n’ont réuffi que dans les mains deleurs musiciens les plus célébrés. Peut-être dans dix ans pensera-t-on commetux.Platéc, opéra bouffon de M. Ram eau,qui est celui de tous ses ouvrages le plusoriginal & le plus fort de génie , déci-dera fans doute la question au préjudicedes Fêtes Vinitiennes & des Fêtes de Tba-lie, peu goûtées dans leurs dernieres re-prises.

Peut-être la Mothe a-t-il fait unefaute en créant le ballet. Quinault avoitsenti que le merveilleux étoit le fonddominant de l’opéra. Voyez OPERA.Pourquoi ne seroit-il pas auffi le fonddu ballet? La Mothe ne l'a point ex-clu : mais il ne s’en est point servi. II est«bailleurs fort singulier qu’il n’ait pasdonné un plus grand nombre d'ouvra-ges d’un genre si aimable. On n’a delui que l 'Europe galante qui soit restée,au théâtre; il a cru modestement sansdoute, que ce qu’on appelle grand opéra,étoit seul digne de quelque considération.Son esprit original l’eût mieux servi ce-pendant dans un genre tout à lui. II n’estexcellent à ce théâtre que dans ceux qu’ila créés. Voyez Pastorale §5° ComÉ-die-Ballet.

II y a peut-être encore un défaut dansia forme du ballet créé par la Mothe. Lesdanses n’y font que des danses simples ;nulle action relative au sujet ne les ani-me ; on danse dans l'Europe galante pourdanser. Ce sont à la vérité des peuples dif-férons qu’on y voitparoître : mais leurshabits plutôt que leurs pas annoncentleurs différens caractères ; aucune actionparticulière ne lie la danse avec le reste dePacte.

De nos jours on a hasardé le mer-veilleux dans le ballet, & on y a mis

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la danse en action : elle y est une par-tie nécessaire du sujet principal. Cegenre, qui a plu dans fa nouveauté,présente un plus grand nombre de res-sources pour l’amusement du spectateur,des moyens plus fréqueus à la poésie ,à la peinture , à la musique , d’étalcrleurs richesses; & au théâtre lyrique,des occasions da faire briller la grandemachine, qui en est une des premièresbeautés ; mais il faut attendre la repri-se des Fêtes de l'Hymen & de VAmour ,pour décider 11 ce genre est le véri-table.

De tous les ouvrages du théâtre lyri-que , le ballet est celui qui paroît leplus agréable aux Franqois. La variétéqui y régné , le mélange aimable duchant & de la danse, dès actions cour-tes qui ne larmoient fatiguer l’attention,des fêtes galantes qui se succèdent avecrapidité . une foule d’objets piquantqui paroissent dans ces spectacles, for-ment un ensemble charmant, qui plaîtégalement à la France & aux étran-gers.

Cependant parmi te grand nombred’auteurs célèbres qui se sont exercésdans ce genre, il y en a fort peu quil’aient fait avec succès : on a encoremoins de bons ballets que de bons opéra ,si on en excepte les ouvrages de M.Rameau, du fort desquels on n’ose déci-der , & qui conserveront, ou perdrontleur supériorité, selon que le goût de lanation pour la musique se fortifiera, ous’affoiblira par la fuite. Le théâtre ly-rique qui peut compter à-peu-près furhuit ou dix tragédies , dont la réussiteest toujours sûre. n’a pas plus de troisou quatre ballets d’une ressource certaine,VEurope galante , les Elémens , les Amoursdes Dieux, & peut-être Ics Fêtes grecques& romaines. Û’où. vient donc la raretédes talons dans un pareil genre ? F.st-ce le génie ou l’encouragement qui man-que ? Flutarq. Cid. Appoll. Athen. Arift.Poétiq. Platon Hifl. de la danse par Bon-net. Lucien. L. P. Menestrier J. Traitédes Ballets , &c. (B)

„ Noiis joindrons encore ici les ob-„ servations de M. Sulzcr fur le même„ sujet.

Le ballet, difc-il, est une action in-téressante imitée par la danse , ou c’est