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Tome IV. AU - BHA.
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S/le. Mais pourquoi cette Cymméttie tropsparoît-elle néeessaire ? l’ur la raison qu'fi-le plaît. Mais qui êtes-vous pour vousériger en arbitre de ce qui doit plaire oune pas plaire aux hommes ? & d’où savez-vons que la fymmétrie nous plaît ? J'enfuis sûr , farce que les choses ainsi dispo-sées ont de la décence , de lajufttjje , de lagrâce ; en an mot faree que cela est beau.Fort bien : mais dites-moí,ce!a est-il beauparce qu’il plaît? ou cela ptait-il parçequ’il est beau ì Sans difficulté cela fiait,farce qu'il est beau. Je le crois commevous : mais je vous demandeencore pour-quoi cela est-il beau ? & si ma questionvous embarrasse, parce qu’en ester lesmaîtres de votre art ne vont gnere juf-ques-i.ì,vous conviendrez du moins lanspeine que la similitude,['égalité , la con-venance des parties de votre bâtiment,réduit tout à une espece d’unité qni con-tente la raison, t" est ce que je voulois dire.Oui : mais prenez-y garde ; il n’y a pointde vraie unité dans les corps , puiíqu’itsfont tons composés d’un nombre innom-brable de parties, dont chacune est en-core composée dénie infinité d’autres.Où la voyez-vous donc cette unité quivous dirige dans la construction de votredessein ; cette unité que vous regardezdans votre art comme une loi inviolable;cette unité que votre édifice doit imiterpour être beau , mais que rien fur la terrene peut imiter parfaitement,puisque riensur la terre ne peut être parfaitement un?Or delà que s’en l'uit-il ? ne fau t-il pasreconnoítre qu’il y a ari dessus de nos es-prits une certaine unité originale, sou-veraine, éternelle, parfaite, qui est larègle essentielle du beau, & que vouscherchez dans la pratique de votre art ?D’où S. Augustin conclut, dans un autreouvrage , que c'ejl l'unité qui constitue ,pour aìnjt dire , la forme U t’efencc dubequ en tout genre. Omnis forro pulchri-tuiinis ferma , imitas est.

M. Wolf dit,dans fa isychofagie qu'ily a dts choses qui nous piaffent, à ti-tres qui nous déplaisent; & que cettedifférence est ce qni constitue se beau &le laid ; que ee qui nous plaît s’appellebeau , & que ee qui nous déplais estlaid.

II ajoute que la beauté consiste dans

perfection!, de maniéré que par laTome IV. Fart. IL

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force de cette perfection , !a chose qnien est revêtue est propre à produire ennous du plaisir.

I) distingue ensuite deux sortes debeautés , la vraie & ['apparente : la vraieest celle qui naît d’une perfection réelle*& l’ apparente , celle qui naît li’une per-fection apparente.

II est évident que 8. Augustin avoit étébeaucoup plus loin dans la recherche dr»beau que 1e philosophe Leíbnitseri : celui-ci semble prétendre d'abord qu’une choseest beíie, parce qu elle nous plaît :au lienqu’elle ne nous plaît que parce qu’elle eítbelle, comme Platon & 8. Augustin l’on Ctrès-bien remarqué. II est vrai qu’il faifcensuite entrer la perfection dans ridéede laíif««fé: mais qu’est-ee que la per-fection? le surfait est-il plus c].air <52plus intelligible que 1e beau ?

Tous ceux qui fe piquant de ne pasparler simplement par coutume & fansréflexion,', dit M. Crouíaz, voudront des-cendre dans enx-mêmes, & faire atten-tion à ce qui s’y paflé, à U maniéré doueils pensent, ct à ee qu’ils sentent lors-,qu’ils s'écfient cela est beau , s’apperce-vront qu’ils expriment par ce terme uncertain rapport d’un objet avec desfen-timens agréables ou avec des idées d'ap-probation , & tomberont d’aceord quedire cela est beau , est dire , j'apperqoisquelque choie que j’approuve ou qui mefait plaisir.

Ou comprend affez que cette défini-tion de M. Crousaz n’est point prise dela nature du beau, mais dê l’esset feule-ment qu’on éprouve à fa présence - ellea 1e même défaut que celle de M. Wolf.C’eft ce que M. Crousaz a bien senti ;auífi s’qccupe-t-íl ensuite à fixer les ca-ractères d u beau : il en compte cinq , lavariété , l'unité, l» régularité, l'ordre , laproportion.

D'où il s’cnsuit, on que la définitionde S. Augustin est incomplète, ou quecelle dc M. Crousaz est redondante. Sil’idée d 'unité ne renferme pas ses idéesde variété , de régularité , i'ordre & deproportion, & li ees qualités font es-sentielles su beau , S. Augustin n’a pasdû ses omettre : si i’idée S unité les enfer-me , M. Crousaz n’a pas dû les ajouter.