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Tome IV. AU - BHA.
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qu’à ce qu’elle s’épaifiìsse. S’íl arriveque les grandes chaleurs ['empêchent deprendre promptement, alors tirez unevache, & jetez de foulait chaud unejuste quantité dans la baratre ; ou, sivovs êtes en hiver, approchez un peu labaratte du feu tandis que vous battrez.II y en a qui pensent que la crème prendplus promptement, si l’on met dans labaratte une piece d’argent. Quand lebeurre fera bien fait & bien lavé avec del’eau , on le ferrera dans un lieu propre& Frais.

Le beurre du mois de mai est le plusestimé & le meilleur; celui qu’onFaitcnété entre les deux Notre-Dame, vientaprès; celui du commencement de l’an-fomne est moins bon que les précédons ;mais il vaut mieux que celui qui fe faitplus tard. II faut lechoisir d’une odeur& d’une faveur douce : quant à la cou-leur, il faut qu’elle soit jaune, maisd’un jaune peu foncé.

On a deux sottes de beurre : le salé &le fondu. Pour saler le beurre, prenez-en deux livres à la fois ; étendez-le avecun rouleau fur une table bien nette ;saupoudrcz-le de sel bien égrugé ; pliez»le en trois ou quatre ; pétrissez-le bien;étendez-le nouveau ; salez une secondefois & pétrissez; goùtez-le ensuite, &s’il vous paroît assez salé, prenez un potde grès, couvrez le fond de sel, mettez-y votre beurre , & fermez votre potavec un autre lit de sel, ou faites unesaumure de sel Fondu dans l’eau , &verfez-la dessus ; renouveliez de temsen tems cette saumure ; mettez furcette saumure quelques doubles de pa-pier, & placez votre pot dans un lieufrais.

Pour faire fondre le beurre , il faut lemettre dans un chauderon, fur un feuclair & modéré ; le faire bouillir jufqu’àce qu’il soit cuit ; l'écumcr, & le verserdans iles pots de grès. II fe gardera pen-dant deux ans entiers, quoiqu’on n’yait pas mis de sc 1.

La Bretagne est celle de nos provin-ces qui passe pour fournir le meilleurbeurre. II nous vient dans de petits potsde terre grise, couverts d’une lit de selblanc.

Beurre , en Chymie ; les chymistesemploient ce mot pour signifier plusieurs

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de leurs préparations, comme le beurred’antimoine, celui d’arfenic, de cire ,de faturne , par rapport à la consis-tance de ces substances, qui approchent!de celle du beurre.

Le beurre d’antimoine se fait avec unepartie d’antlmoine erud qu’on met enpoudre dans un mortier ; ensuite ou lebroie fur un porphyre, en y mêlant peu-à-peu deux parties de sublimé corrosif,On met ce mélange dans une cornue deverre qui est lutée, & dont la moitiéreste vuide. On laisse la cornue en cetétat dans un lien humide, fans la bou-cher , pendant deux ou trois jours ; en-suite on la place datis un bain de fable;on y ajuste un récipient, & après avoirluté les jointures, on donne un feu doux,qit'on augmente peu , mais qu’on conti-nue long-temps , c’est-à-dire , jufqu’àce qu’i! ne paroisse plus couler rien parle bec de la cornue. En laissant le mélan-ge dans le cornue, avant que de la met-tre au feu , la matière s’humecte un peuà l’air, & l’acide qui est dans le sublimécorrosif, commence à agir sur l’antimoi-ne , & s’y joint plus intimement. Parcette précaution, on a aussi un beurremoins épais. Si malgré cela, il venoiíassez épais pour s’amaffer dans le cou dela cornue, il faudroit en approcher uncharbon allumé, qui fera fondre le beur-re, & le fera tomber plus promptementdans le récipient. On voit aussi que pourprévenir cet inconvénient de l'embarrasdu beurre dans le con de la cornue , cequi la feroit casser, & donneroit des va-peurs fort dangereuses, il est nécessaired’employer pour faire cette opération ,une cornue dont le cou soit large & court»On doit avertir l’artifte qu’il faut qu’ilévite soigneusement de respirer de lapoudre qui s’éleve en broyant le su-blimé corrosif avec ['antimoine; il luisuffit pour cela de détourner la tê-te , & de broyer doucement Sc égale-ment.

Le beurreiVantimoine exposé à l’air, yprend de l'humidité & se liquéfie. Lors-que le beurre d'antimoine ressemble pluspar fa consistance à l’huile qu’au beurre ,on le nomme Vbuile glaciale d'antimoi-ne. I! faut avoir foin de mettre dans lacornue le mélange , de faqon qu’il nereste rien dans le cou, parce que s’il y