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Tome V. BI - CALZ.
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Jte*. II ne faut pas s’imaginer que eettebibliothèque fût seulement pour une vaineparade : les personnes qui se trouvaientda n s la maison en saisoient un usage réel& journalier : on y employait à la íectureune partie de la matinée, & on s’entrete- >aoit pendant le repas de ce qu’ou avoitîu , en joignant ainsi dans le discours l’é- 1rudition à la gaieté de la conversation.

Chaque monastère avoit auffi dans sonétablissement une bibliothèque, & un moi-ne préposé pour en prendre soin. C'est ceque portoit la réglé de Tarnat & celle deS. Benoît. Rien dans la fuite des tempsne devint pins célébré que les bibliothè-que des moines : on y conservait les li-vres de plusieurs siécles, dont on avoitfoin de renouveller les exemplaires ; &fans ces bibliothèques , il ne nous resteraitguere d'ouvrages des anciens. C'est de làsn effet que font sortis presque tous cesexcellents manuscrits qu’on voit aujour-d’hui en Europe, & d’après lesquels ona donné au public , depuis l’invention derimprimerie, tant d’excellens ouvragesen tout genre de littérature.

Dès le VI e . siécle on commença dansquelques monastères à substituer au tra-vail pénible de ^agriculture, l’occnpa-tion de copier les anciens livres, & d'encomposer de nouveau. C’étoit l’emploile plus ordinaire, & même Tunique,des premiers cénobites de Marmoutier.On regardait alors un monastère qui n’au-roit pas eu de bibliothèque, comme unfort ou un camp dépourvu de ce qui luiétoit le plus nécessaire pour sa défense :claustrutti jìne armario , quasi cqflrumJìneurmamentario. II nous reste encore deprécieux monumens de cette sage & utileoccupation dans les abbayes de Cisteaux& de Clairvanx, ainsi que dans la pinsgrande partie des abbayes de Tordre de S.Benoît.

Les plus célébrés bibliothèques des der-niers temps ont été celles de M. de Thoujde M. le Édiles,archevêque de Rheims ;de M. Bulteau, fort riche en livres furl’histoire de France; de M. Coislin,abondante en manuscrits grecs ; de M.Baluse dont il sera parlé tout-à-Theure àl’occasion de celle du roi ; de M. Dufay ,du cardinal Dubois, de M. de Colbert,du comte d’Moym, de M. le maréchal«l’Etrées, de MAI. Bigot, de M- Danty

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d’Isnard , de M. Turgot de Saint-Clair ,de M. Burette, & de M. Tabbé de Ro-thelin. Nous n’entrons dans aucun détailfur le mérite de ces diffïreiites bibliothè-ques, parce que les catalogues en exis-tent, & qu’ils ont été faits par de fort fa-vans hommes. Nous avons encore au-jourd’hui des bibliothèques qui ne le cè-dent point à celles que nous venons denommer: les unes font publiques, lesautres font particulières.

Les bibliothèques publiques font cellesdu roi, dont nous allons donner Thistoí-re, celles de S. Victor, du college Maza-rin, de la Doctrine-Ch retienne, des Avo-cats, & de S.Germain-des-Près : celle-ciest une des phrs considérables, par lenombre & par le mérite des anciens ma-nuscrits qu’elle possede ; elle a été aug-mentée en 1718 des livres de M. L. d’E-trées, & en 1710 de ceux de M. Tabbé. Renaudot. M. le cardinal de Gesvreslégua ía bibliothèque à cette abbaye eti1744, fous la condition que le public enjouirait une fois la semaine. M. Tévêquede Metz, duo de Coislin, lui a auffi lé-gué un nombre considérable de manus-crits , qui avoient appartenu ci-devantau chancelier Seguier.

Les bibliothèques particulières quijouissent de quelque réputation , foiepour le nombre, soit pour la qualité deslivres, font celle de Sainte Genevieve,à laquelle vient d’être réuni , par ledon que lui en a Fait M.le ducd'Orléans,le riche cabinet des médailles que feule Régent avoit formé ; celles de Sor-bonne, du college de Navarre, des Jé-suites de la rue S. Jacques L de la rué 8.Antoine, des prêtres de TOratoire, &des Jacobins. Celle de M. Falconet ^in-finiment précieuse par le nombre L parle choix des livres qu’elle renferme, maisplus encore par Tusage qu’il en fait fai-re , pourrait être mise au rang des bi-bliothèques publiques , puifqu’en effet lesgens de lettres ont la liberté d’y allerfaire les recherches dont ils ont besoin ,& que souvent ils trouvent dans la con-versation de M. Falconet, des lumièresqu’ils chercheraient vainement dans seslivres.

Celle de M. de Boze est peut - être laplus riche collection quj ait été faite delivres rares & précieux dans les diffère»-