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préjudiciable qui se pratique générale-ment ailleurs par toutes les blanchisseu-ses, on n'a jamais de linge bien blanc, &(Tailleurs il est bientôt mis en pieces &absolument usé. J’avoue qu’il y a biendes maîtresses de maison qui apportentun peu plus de foin pour le blanchissagede leur linge ; mais la plupart cependantpartent des mauvais principes que je.viens de blâmer,on elles ne font les cho-ses que bien imparfaitement, quelquebonne volonté qu’clles aient. Ainsi je meflatte qu’elles liront avec plaisir ces ob-servations , & qu’elles voudront bien enpr-fiter. (-j-)
BLANCHISSERIE ou BLANCHI-MENT DES TOILES. L’art de blan-chir les toiles consiste à leur faire perdrela couleur jaune, sale ou grise qu’ellesont au sortir des mains du tisserand : onnomme blancbijferie le lieu où se fait cet-te opération.
Les toiles reçoivent bien des façonsdifférentes avant qu’on puisse les porterau marché ; elles occupent conséquem-ment beaucoup de mains. La maniéré deIcs gouverner dans les blanchìjseries est lepointle plus important. C’est delà quedépendent leurs qualités essentielles,quifont la blancheur & la force.
II y a tout lieu de croire qu’on a dé-couvert de bonne heure dans les climatschauds, que le soleil & la rosée , ou lesfréqnens arrose meus, pou voient blanchirla toile. Cette me'thode est certainementla pins ancienne qu’on connoisse : on cnfait encore usage dans les Indes orienta-les. II y en a deux autres plus générale-ment usitées, la Hollandaise él’Irlan-doiso ; tous les blanchisseurs suivent àprésent l’une ou l’autre.
Les habiles blanchisseurs suivent laméthode Ilollandoise , quand ils ont destoiles fines à blanchir ; mais quand ils11 ’en ont que dc groflìeres, ils ont recoursà l’Irlandoisc,à cause de sou bon marché,ou à une autre qui cn approche beau-coup. Voici la méthode Hollandoise.
On assortit d’abord la toile par pa-quets d’une égale finesse, & on la faitmacérer. Cette premiere opération con-siste à faire tremper la toile j elle sepra-
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tique de la maniéré suivante ; on plie sé-parément chaque piece de toile,on la meídans un grand vaisseau de bois , & l’onverse par-ilessus une quantité suffisanted’eau tiede , ou bien parties égales d’eau& dc lessive , dont on ne s’est servi quepour blanchir de la toile; ou enfin del’eau où l’on aura mis de la Farine ou duson de seigle , jusqu’à ce qu* le tout soliparfaitement imbibé, &que Peau surna-ge. Environ fix heures après qu’on a lais-sé tremper la toile dans l’eau chaude, &douze heures après qu’elle a été dans tafroide, la liqueur entre en fermentation»il s’éleve des bulles d’air, une pelliculese forme sur la surface de l’eau , la toiles’enfle, & s’éleve quand elle n’est pas re-tenue par un couvercle. Au bout detrente-fix ou quarante-huit heures, l’é-cume tombe au fond. 11 faut tirer la toileavant que cette précipitation se fasse.
On tire ensuite la toile , on la lavebien ; on la plie en deux, suivant lalongueur, & en plusieurs doubles , onla fait fouler au moulin , afin d’emporterla crasse que la fermentation en a déta-chée ; on l’étend ensuite dans une prai-rie pour la faire sécher. Qiiand elle elfeparfaitement seche, on passe à la secondeopération , qui est le coulage de la les-sive.
Cette premiere lessive se fait dans unechaudière qui contient environ cent soi-xante & dix gallons , mesure d’Ecosse ,(le gallon contient environ quatre pin-tes de Paris). On remplit cette chau-dière d’eau juiqu'aux trois quarts, onla fait bouillir , & dès qu’elle com-mence à bouillir, on y met la quan-tité de cendres nécessaire : savoir trentelivres de cendres bleues, & autant decendres blanches, deux cents livres decendres de Marcost, ou, s’il n’est paspossible d’en avoir, environ trois centslivres de soudé, trois cents livres depotasse ou cendres blanches de Mosco-vie. II faut bien broyer & bien pilerces trois dernieres especes de cendres.On fait bouillir cette eau pendant unquart d’heure , & on remue souventles cendres avec des pelles de bois, c’estccqu’on appelle brajser. On ôte ensuitele feu j on laisse reposer la liqueur
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