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profondeur, il Faut faire labourer uneseule fois , & semer en même temps lesplants avant l’hiver. Si l’on ne Femequ’an printemps, la chaleur du soleilfait périr les graines. Si on Fe contentede les jeter on de les placer Fur la terre,comme dans les terrains Forts, elles Fedessèchent & périssent; parce que l’her-be qui Fait le gazon de ces terres légeres,n’est pas assez garnie & assez épaisse pourles garantir de la gelée pendant l’hiver,& de I'ardeur du soleil au printemps.Les jeunes arbres arrachés dans les bois,réussissent encore moins dans ces ter-rains que dans les terres fortes ; & Fi onveut les planter, il faut le Faire avantThiver, avec de jeunes plants pris en pé-pinière.
Le produit d’un terrain peutse mesu-rer par la culture ; plus on travaille laterre , plus elle rapporte de fruits : maiscette vérité d’ailleurs Fi utile , souffrequelques exceptions; & dans les bois uneculture prématurée L mal entendue,cau-se la disette au lieu de produire l’abon-dance. Par exemple , on imagine que lameilleure maniéré de mettre un terrainen nature de bois, est; de nettoyer ce, ter-rain & de le bien cultiver , avant que desemer le gland ou les antres graines qnidoivent un jour le couvrir de bois; & M.de Bttffon n’a été désabusé de ce préjugéquiparoîtsi raisonnable, que par unelongue Fuite d’observations. M. de Buf-fon a fait des semis considérables & desplantations assez vastes; il les a faitesavec précautiomila souvent fait arracherles genievres,lesbruyeres,& jufquesauxmoindres plantes qu’il regardoit commenuisibles, pour cultiver à fond & parplusieurs labours les terrains qu'il vou-loir ensemencer. M. de Buffon ne dou-toit pas du succès d’un semis fait avectous ces foins : mais au bout de quelquesannées il a reconnu que ces mêmes foinsn’avoient servi qu’à retarder l’accroisse-ment des jeunes plants; & que cette cul-ture précédente qui lui avoit donné tantd’efpérance, lui avoit causé des pertesconsidérables; ordinairement,on dépen-se pour acquérir : ici la dépense nuit àl’acquisition.
Si l’on veut donc réussira faire croîtredu bois dans un terrain, de quelque qua-lité qu’il soit, il faut imiter la nature, il
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faut y planter & y semer des épinesdes buissons qui ptiissentromprela Forcedu vent, diminuer celle de la gelée, &s’opposer à l'intempérie des saisons. Cesbuissons font des abris qui garantissentles jeunes plants, & les protègent contreI’ardeur du soleil & la rigueur des fri-mais.Un terrain couvert.ou plutôt à de-mi-couvert. de genievre , de bruyères,est un bois à moitié fait, & qui peut-êtrea dix ans d’avance lur un terrain net &cultivé.
Pour convertir en bois un champ outout autre terrain cultivé , le plus diffi-cile est de Faire du couvert. Si l’on aban-donne un champ, il faut vingt ou trenteans à la nature pour y faire croître desépines & des genievres : ici il faut uneculture qui dans un an ou deux puissemettre le terrain au même état où il fetrouve après une non-cultnre de 30 ans.
Le moyen de suppléer aux labours, &prefqn’à toutes les autres efpeces de cul-ture , c'est de couper les jeunes plantesjufqu’auprès de terre : ce moyen , toutsimple qu'il paroît, est d’une utilité infi-nie ; & lorfqn’il est mis en œuvre à pro-pos , il accéléré de plusieurs années lesuccès d’une plantation.
Tous les terrains peuvent fe réduire kdeux efpeces, savoir, les terrains forts &les terrains légers : cette division, quel-que vague qu'elle paroisse, est suffisante.Si l’on veut semer dans un terrain léger,on peut le faire labourer; cette opérationfait d’autantplus d’effet, & cause d’au-tant moins de dépense, que le terrain eftplus léger; il ne Faut qu'un seul labour,& on sems le gland en suivant la char-rue. Comme ces terrains font ordinaire-ment secs & brûlans , il ne faut point ar-racher les mauvaises herbes que produitl’été suivant. Elles entretiennent unefraîcheur bienfaisante , & garantissentles petits chênes de I’ardeur dn soleil :ensuite venant à périr & à se sécher pen-dant l’automne, elles fervent de chaume& d'abri pendant l’hiver, & empêchentles racines de geler. 11 ne faut donc au-cune espece de culture dans ces terrainssablonneux; il ne faut qu’un peu de cou-vert & d’abri pour faire réussir un semisdans les terrains de cette espece. Maisil est bien plus difficile de faire croîtredu bois dans des terrains forts, & il faut