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Tome V. BI - CALZ.
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Une pratique toute différente. Dans cesterrains les premiers labours font inu-tiles, & souvent nuisibles ; la meilleuremaniéré est de planter les glands à lapioche, fans aucune culture précédente:mais il ne faut pas les abandonner com-me les premiers an point de les perdrede vue & de n’y plus penser ; il faut aucontraire les visiter souvent ; il faut ob-server la hauteur à laquelle ils se sontélevés la premiere année , observer en-suite s’ils ont pouffe plus vigoureuse-ment à la seconde: tant que leur accrois-sement va en augmentant, ou même tantqu’il se soutient sur le même pié, il nefaut pas y toucher. Mais on s’apperqoitordinairement à la troisième année quel’accroiffement va en diminuant ; & sion attend la quatrième, la cinquième,la sixième, Uc. on reconnoítra que l’ac-croiifement de chaque année est toujoursplus petit : ainsi dès qu’on s’appercevraque fans qu’il y ait eu des gelées on d’au-tres accidens, les jeunes arbres com-mencent à croître de moins en moins , ilfaut les faire couper jusqu’à terre, aumois de mars , & l’on gagnera un grandnombre d’années. Le jeune arbre livré àlui-même dans un terrain fort & ferré ,ne peut étendre ses racines: la terre tropdure les fait refouler fur elles-mêmes >les petits filets tendres & herbacés quidoivent nourrir L’arbre & former la nou-velle production de saunée, ne peuventpénétrer la substance trop ferme de laterre ; ainsi l’arbre languit privé denourriture , & la production annuellediminue fort souvent jusqu’au point dene donner que des feuilles & quelquesboutons. Si vous coupez cet arbre, tou-te la force de la feve feporteaux racines,elle en développe tous les germes, &agissant avec plus de puissance contre leterrain qui leur résiste,les jeunes racinesa’ouvrent des chemins nouveaux , & di-visent par le surcroît de leur force cetteterre qu’eiles avoient jufqu’alors vaine-ment attaquée , elles y trouvent abon-damment des sucs nourriciers ; & dèsqu’elles s’y font, pour ainsi dire , éta-blies, elles poussent avec vigueur audehors la surabondance de leur nourri-ture , & produisent dès la premiere an-née un jet plus vigoureux & plus élevéque ne fêtait l’ancienne tige de L ans.

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Dans un terrain qui n’est que ferme,fans être trop dur,il suffira de couper uneseule fois le jeune plant pour le faireréussir. ✓

Les auteurs d’agriculture font bienéloignés de penser comme M. de Buffonsur ce sujet * ils répetent tous les unsaprès les autres que , pour avoir une fu-taie, pour avoir des arbres d’une bellevenue, il faut bien se garder de couperle sommet des jeunes plantes , & qu’ilFaut conserver avec grand soin le mon-tant, c’eft-à-dire, le jet principal. Ceconseil n’est bon que dans certains casparticuliers : mais il est généralementvrai , & M. de Buffon assure , après untrès-grand nombre d’expériences, querien n’est pins efficace pour redresser lesarbres, & pour leur donner une tigedroite, que la coupe faite au pié. M. deBuffon a même observé souvent que lesfutaies venues de graines ou de jeunesplants , n’étoient pas si belles ni fi droi-tes que les futaies venues fur des jeu-nes souches ; ainsi on ne doit pas hésiterà mettre en pratique cette espece de cul-ture , si facile & si peu coûteuse.

II n’est pas nécessaire d’avertir qu’elleest encore plus indispensable lorsque lesjeunes plants ont été gelés -, il n’y a pasd’autre moyen pour les rétablir que deles couper. On auroit dû, par exemple,récéper tous les taillis de deux ou troisans qui ont été gelés au mois d’Octobre1740: jamais gelée d’automne n’a Fait au-tant de mal. La feule faqon d’y remédier,c’est de couper: ou sacrifie trois ans pourn’eu pas perdre dix ou douze.

Le chêne & le hêtre font les seuls ar-bres , à l’exception des pins & de quel-ques autres de moindre valeur, qu’onpuisse semer avec succès dans les ter-rains incultes. Le hêtre peut être semédans les terrains légers : la graine nepeut pas sortir dans une terre forte, par-ée qu’elle pousse au dehors son envelop-pe au dessus de la tige naissante ; ainsi illui faut nue terre meuble L facile à di-viser, sans quoi elle reste & pourrit. Lechêne peut être semé dans presque tousles terrains. M. de Buffon a donné en1739 , dans les Mémoires de /’ Académie,les dissérens procédés suivant les disse-