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res pourcônnoìtrc ses droits, ni assez deforce pour Ses défendre. A peine Ula-ilifias fut-ii monté fur le trône, qu'ani-méparla reine Christine, il voulut dé-pouiller ses freres de leurs appanages.Lanation s’y opposa & parut prête à le sou-lager en faveur de ces princes. Uladiíìasqui avoit su fe faire des ennemis de sesfreres & de ses sujets , chercha des alliéshors de la Pologne, il y attira les Russes ;la nation muette d’effroi n’osa pas mêmesecourir les princes par de vains murmu-res. Uladillas les assiégea dans Posnan.Apres avoir soutenu plusieurs aflâuts,pressés par la famine , un noble désespoirprécipita les assiégés fur le camp d’Uladis-las ; les Russes furent taillés en pieces ,le roi s’enfiiit en Allemagne, les troisfreres s’emparerent de Cracovie, toute lanation d'une voix unanime déclara Ula-diíìas déchu de tous ses droits à la cou-ronne, & la mit fur la tête de Boieslasl’au 1146.
Uladislas avoit cherché un afvle à lacour de Conrad : il lui demanda des trou-pes polir lui r'ouvrir l'entrée de la Polo-gne; mais cet empereur possédé de lamanie qui régnoit-alors , aima mieuxaller massacrer les Sarrasins qui ne luiavoient fait aucun mal, que de secourirson allié, & de compter un roi de Polo-gne au nombre de ses vassaux. L’arméechrétienne ayant été détruite par la per-fidie de l’empereur d’orient, Conrad ren-tra en Allemagne ; & profitant de cetteleçon terrible qui coûtoit plus à ses sujetsqu’à hii-même , résolut d’employer anrétablissement d’Uladislas le relie desforces qu’il avoit destinées à la ruine desinfidèles. 11 entra en Pologne ; Boieslas,avare dti sang de se s sujets, crut qn’unprince ami de l’hiimanité devoit rejetterla voie des armes , quand la politiquepouvoít assurer le succès de ses desseins,il se rendit au camp de l’cmpereur, parlaavec tant d’éloquence , peignit avec tantde vérité la tyrannie d’Uladislas, lesmaujt que ses freres & lui avoient souf-ferts dans Posnan, & justifia si claire-ment la révolution , qu’il subjugua tousles esprits , émut tous les cœurs, & forçaConrad à fe retirer.
Mais l’empereur Frédéric Barberoussequi lui succéda, rassembla toutes les for-ces de l’Empireen 1156. Sa compassion
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! politique cherchoit moins à replacer lemalheureux Uladislas fur le trône , qu’àréunir la Pologne à ses domaines; c’eíèpar cette conquête qu’il vouloir jeter lesfonde mens de la monarchie universellequ’il avoit projetée. II entra donc en Po-logne : Boieslas,trays fnible pour soutenirla guerre en rase campagne, attira lesimpériaux dans des embuscades où leursdétachemens furent massacrés , les har-cela tantôt en tête , tantôt en flanc, tan-tôt en queue, enlevant les convois, con-servant les hauteurs, attaquant toujours& jamais attaqué.
L’empereur qui voyoit son armée périren détail sans fruit & fans gloire , pro-posa un accommodement. Boieslas con-sentit au retour de son frère ; mais cclui-ci mourut en chemin , l’an 11; , L laissatrois ensansqui, n’ayant hérité que dela haine des Polonois que leur pere s’étoitattirée, isolèrent d’abord réclamer leurpatrimoine.
Us attendirent, pour faire valoir leursprétentions, que le souvenir de la tyran-nie de leur pere fut effacé. Boieslas tran-quille dans ses états songea à en reculerles bornes. Depuis longtems les rois dePologne jetoieut fur la Prusse des regardsambitieux.Les habitans de cette contrée,vaincus quelquefois & jamais domtés,payoient tribut à la Pologne lorsqu’ils seîentoient foibles, & le refusaient dèsqu’ils avoient réparé leurs forces. Boies-las se servit du prétexte de la religionpour les asservir; ces peuples étoient ido-lâtres ; on avoit déja essayé en vain deles soumettre au joug de la foi. Boieslascrut que l’aspect d’une armée préteroitplus de force aux raisonnemens des mis-sionnaires.Les Prussiens en effet reçurentle baptême , & rendirent hommage àJeíus-Christ & à Boieslas. Mais à peinel’armée fut rentrée en Pologne , que lesPrussiens relevèrent leurs idoles, replan-tèrent leurs bois sacrés ; Boieslas résolutde se venger, reparut sur les frontièresde Prusse en 1168 : mais ayant confié àdes guides infidèles le salut de son armee,elle tomba dans une embuscade & futtaillée en pieces.
Les fils d’Uladislas profitèrent d’uneconjoncture si favorable à leurs desseins :ils réclamèrent hautement le duché deCracovie, résolus 4e demander ensuite