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Tome V. BI - CALZ.
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BON

font chez lc bonnetier méme. II n’y aque la carde & le filage qui se faffentdehors.

La premiere attention du bonnetierdoit être de se mettre à couvert de la fri-ponnerie du cardeur & du íìlenr: il peutêtre trompé sur le filage, en ce qu'il peutêtre plus ou moins fin; il peut être trom-pé sur ía quantité de la laine qu’on luirend filée, en ce qu’on cn peut diminuerla quantité, en augmentant le poids parlìne addition d’huile. Exemple : dansl’engraisde douze livres de laine qui sesait chez le bonnetier, il entre trois li-vres d’imile, ce qui fait quinze livres depoids : maïs la livre de laine peut allerjusqu’à quatre francs, & la livre d’huilene va qu’à douze sous;le cardcnr&leíìleur ne penventdonc être tentés desubí-tituer de shuile à de la laine.

Le bonnetier estimera la finesse du fi-lage par une machine semblable à celledu drapier. Voyez r article Draperie.C’est une espece de dévidoir qui indi-que le nombre de tours, & par consé-quent la longueur duiil, qu’on peut tou-jours comparer avec le poids. II est évi-dent que la finesse du filage est en raisoncomposée de la direction du nombre destours , & de l’inverse du poids , ou quele filage est d’antant plus fin,que le nom-bre des tours est grand, & le poids del'écheveau petit.

Quant àìa quantité de la laine, s’ilveut s’assurcr ,!e la fidélité de l’ouvricr,il n’a .qu’à la peser en la recevant, &après savoir parfaitement dégraissée, ledégrais de quinze livres de laine aurad’abord emporté les trois livres d’hnilesqu’ellcs avoient reçues dans l'engrais ,& le poids de laine restant Jevroit être de *douze livres, s’il n’y avoìt point en dedéchet dans la carde ’& le filage : mais ily a eu du déchet ; Lee déchet est estiméà deux onces par livre de seize onces.

Le bonnetier reçoit la laine filée, & ladistribue à des Faiseurs de bas a u métier& à des tricoteuses, pour être employée;ccs gens lui rendent la laine employéeatix ouvrages dont nous avons parlé ci-dessus Mais il ne faut pas croire qu’a-ïors ces ouvrages puissent se vendre ; ilsont à passer par un grand nombre d'opé-rations dont lions allons rendre compte,6 qui font proprement du ressort du nia-

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««Facturier bonnetier: auíîìse font-el-les ordinairement chez lui.

La premiere de ces opérations efi la fou-le. La foule demande la construction d’u-n c fouloire. La fouloire a été construitejusqu’à présent en bois de chêne \ maisson peu de durée & de solidité a détermi-né leiìeurPìchard, marchand bonnetierfabricant , rue Mouffetard, à la faireconstruire de pierre.

A11 reste Informe de la fouloire en pier-re est la méme que la fouloire en bois.C'est un grand envier garni de ses râte-liers. Les râteliers en bois ou en pierresontfaitsaveedes dents de la même ma-tière , ou de bois armé de groiles dentsde bœufs ou de cheval : il íeroit mieuxque le râtelier, a u lieu d’étre fixé à clousfur lc fond de la fouloire , y fût enchâs-sé, de maniéré qu’il n’y eût que les dentsqui désafleHrassent,'& c’est ce que le sieurPichard a fait observer dans ï"£ siennes.Des robinets donnent à discrétion dans!afouloire, de Peau chaude qui víeotd’une chaudière assise sur un fourneau,au dessous duquel se trouve un petit bû-cher , & au dessus un réservoir d’eailfroide , qui fournit à la chaudière.

Pour Fouler, on ouvre les robinets ,l’eau chaude tombe dans la fouloire;Pcuvriera du savon dans un sac de toi-le ; il prend ce sac , & le promené dansPeau chaude. La précaution du sac estbonne ; par ce moyen il ne passe dansPeau que les particules les plus fines dusavon, le gros tacheroit Pouvrage, Cet-te eau imprégnée de savon s’appelie eauneuve Quand l’ean neuve est prête,Pou-vrier prend fur la planche une certaineq uantiréd’onvrage qu’on appelle unepaz-: gnée. Si ce font des bas d’homme , il n’enfaut qu’une paire pour faireunepoignée.Cette poignée a déja souffert plusieurspréparations dans la fouloire, avanfhusde passer dans l’eau neuve, ainsi qu’011ie verra par la fuite , 1 e l’opération quenous décrivons. L’ouvrier foule cettepoignée: fou travail consiste alors à tour-ner, retourner, & presser à plusieursreprises fa poignée fur les dents du râte-lier; observant de la faire toucher à cha-que mouvement à Peau qui s’élçve dansla fouloire jusqu’à la hauteur de deuxrangées de dents les plus voisines dufond. II continue son opération pétulant