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Tome V. BI - CALZ.
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une bonne heure au moins , ayant foinîle ne pas fouler à sec ; car fa marchan-dise en deviendroit cassante. Cela fait,il tord bien son ouvrage pour en fairesertir l’eau , le plie & le met dans le pa-llier qui est fous la fouìoire.

Son ouvrage ferré dans le panier , ilouvre les robinets; il tombe de l’eauchaude dans !a fouìoire; cela s’appelleyechaujser. Cette eau réchauffée une pre-Miere fois s’appclle eau d'imprime.L'eau d’imprime étant préparée, l'on-vrier prend une poignée d’ouvrage ; ilmet cette poignée dans l’eau d’imprime,l’y agite, & commence à la fouler unpeu. Cette manœuvre dure un quart-«i'hcure; an bout de ce temps, au lieutìe jeter cette poignée dans le panier,comme la premiers, ii la met fur la plan-che, après savoir tordue.

Cela fait, ii réchauffe l’eau: cette eauréchauffée s’appelle eau de dégrais à fait:îl prend une autre poignée; il a du savonïîtiir dans un baril; il en frotte fa poi-gnée à la quantité d’une demi-livre, en-suite il l’agite dans l’eau, & la pressefortement lur le râtelier pont en fairesortir la graisse. Cette manœuvre durenn quart-d’heure : au bout de ce temps,il tord fa poignée & la met fur la plan-che.

I! réchauffe l’eau; cette eau réchauf-fée s'appelle eaugrajfe. II prend une au-tre poignée ; il la met dans l’eau grassefans la frotter de savon, il fe contente deï’agiter Sz de la presser fortement contreïe râtelier. Cette manœuvre dure encoreun quart-d’heure ; au bout de ce tempsïl tord fa poignée , & la met fur la plan-che.

Pour cette Fois il ne réchauffe point,íl prend seulement une nouvelle poignée;cette poignée est d’ouvrage tel qu’il sorteles mains du fabriquant, & fans aucunepréparation. II jette fa poignée dansl’eau, l’y agite, & presse contre les dents.Cette manœuvre dure lin quart-d'heure;au bout de ce temps il la tord & la metfur la planche.

Cela fait, ii vnide tonte la fouìoirepar un bouchon qui est au fou d, K la net-toie exactement. Quand la fouìoire estbien nettoyée , il refait de l’eau neuvepour recommencer la fuite d’opérationsijitc {nous venons de décrire, & dans

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lesquelles consiste la foule.

D'où l’on volt que nous avons supposéla fouìoire en train : mais st elle n'y eûtpoint été, on eût fait une eau neuve avecdu savon noir, & on eût continué le tra-vail dans Tordre que nous avons prescrit:mais le commencement eût été coûteux& n’eût pas donné un ouvrage si parfait.I.e but de la sottie est de dégraisser, & derendre l’ouvrage plus fort & plus ferré.

L’ouvrier est payé trois fous la poi-gnée , mais tous les ouvrages ne font paségalement durs. Les bas d’homme,de Sé-govie , font les plus durs; les bas de Fem-me font de deux paires à la poignée. L’ou-vrage de foule le moins pénible , ce íontles calottes de castor, quoiqti'il y en aithuit à la poignée. •

Si l’on veut avoir de bel & bon ouvra-ge , il ne saur le fouler ni atix pies ni aumoulin ; ces deux maniérés rendent lesbas durs & inégalement foulés.

Laseconic opération est celle de la for-me. Au sortir des mains du foulon, dansle même jonr, il faut enfermer les mar-chandises : si on les laissait sécher, on nepourrait plus lesenformer fans les mouil-ler , ce qui les gáteroit. La forme n’estantre ehose qu’un morceau plat de boisde hêtre dont le contour est, à propre-ment parler la ligne de profil de la pie-ce à enfermer. On la fait entrer dans lesottvragesfoulés qu’on tend fortement furelle, avec de petits clous qu’on plante,soit dans ('ouvrage, soit dans une lifiereou alonge qu’on y attache:ordinairementon met des lisières aux jupons. On laisseles marchandises en forme jusqu’à cequ’elles soient seches , ce qui demandeau moins douze heures, fans feu ni le so-leil.

Quand on est pressé, on porte les mar-chandises enformées dans une étuve oucabinet échauffé par une poêle de feu :ii ne faut aux marchandises qu’une heu-re d’étuve pour les sécher : mais il vautmieux les laisser sécher à l’air.

La troisième opération consiste à lesrucoutrer. Racoutnr , n’est antre choseque réparer les défauts que les marchan-dises rapportent, soit du métier à bas,soit de la foule. Cette répartition fe faità l’aiguille & avec la même matière : ilfaut qu’elle soit la plus solide & la pluspropre qu’il eli pollible.