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niées; si elle accorda encore des arbresfleuris,ce n’est que d’une main économe;ils ne í'uffiroient pas à garnir des bosquetsconsacrés à cliaqne mois; ii 11e Fautqu’unautel à Tété.
Une chaleur seche & brûlante m’cnvi-ronne & m’accable : où fuir, quand mesfibres font relâchées, que ma poitrinemanque de ressort, & lorsque la lumièredévore tout en silence? voilà le feuilla-ge pendant & fletri;!es tiges de ces fleursíe traînent fur la terre qui s’ouvre, com-me pour respirer ; fur ces hauteurs desnuages de pouíììere marquent la trace deschemins : voici ce coursier qui vient deles descendre, la queue élevée, la criniè-re éparfe & soufflant 1 c feu par les 11a-zeaux ; il s'eft précipité dans les (lotsqu’il partage en levant fièrement la tête:voyez par-là ces bergeres aíîifes dansl’eau fous ia voûte des saules ; & par icileurs geniffes à moitié cachées dans lesroseaux qui s’y tiennent immobiles,tan-dis que fur la roche voisine, à sombre decet orme, dont ces brebis couronnent lepié, ce berger a jetéfes vête mens, & s’eitcouché près de son chien, dont la languefort pantelante.
Dieux ! queue fuis-jc assis parmi lesfontaines dans une grotte voûtée de crys-tal, derrière la nappe d’eau qui tombedevant fou entrée ! ou bien près de cettecascade élevée , dont Tonde qui rejaillitarrose les arbrisseaux & les gazons d'a-lentour ! ah ! qui me portera fous la nefde ces hêtres? Là an moins coule & ferafraîchit l'air qnimepefe& 111c brûle;& je verrai fuir les vagues dorées fur l’o-céan des moissons du sein de cet asyle:je vous regarderai tomber, bienfaisantesondées ; lorsque vos réseaux tranfparensreflètent les rayons du soleil, qui vientd’entr’ouvrir le voile léger d'un nuage,lorsque les globules humides bouillon-nent fur la terre altérée,inclinent douce-ment les plantes, scintillent de tontesparts comme des dianians, avivent tou-tes les couleurs, imbibent l'air d’unefraîcheur balsamique ,& réveillent lessymphonies du ciel.
Je veux un jour, près de mon habita-tion , rassembler fous les loix d’un artingénu ces fraîches retraites de la natu-re: j’irai souvent dans ce lieu aspirer sousle dôme des allées l’Iialeine salubre du i
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nord: que les masses des buissons y soientséparées par des clairières où elle circuleavec liberté; qifen frissonnant parmi lesbranches, elle m’avertissede la fraîcheurqu’elle m'apporte; des maliifs trop épais& trop contìgns ne peuvept plus ia con-server ni Tadmettre : ce bosquet cil lesanctuaire des ombres & Turne des eaux}il fera aussi le temple de l’air.
Au renouvellement de la belle saison,la foule des sentimens étouffe la pensée ,à présent on observe mieux , on détaillevolontiers. Je voudrois réunir quelquepart dans ce bosquet les effets les plus pit-toresques : j’y marierois tons les tons duverd ; chacun a son extrême : un érabletire le plus au jaune, le pinau bleu, Té-léagnus au gris, TiP au noir ; il eít unhêtre , dont les rameaux agités ressem-blent aux ondes d’uiie flamme épaisse:qu'un coup de vent soulevé ia tunique, des abcles &■ des aliziers, elle resplenditcomme une toison pure , ou bien on lesprcmlroit de loin pour des fruitiersblancs de fleurs , & ils retracent à i’œil| séduit Limage du printemps, j’cntrcmè-I lerois tous ces arbres de ceux à panachesblancs , jaunes ou roses : qu’ils doiventou non cette enluminure à une déprava-tion de la fève; que m’importc, c’est unecouleur pour mon tableau.
Que le taffetas iles feuillages Frais &glacés murmure doucement dansceio/iquet , où les feuilles sonores du peuplierde Caroline c laqueront l’une contre i’au-tre , en tournant fur leur pédicule in-quiet. Qti’on y entremêle les feuillessimples íe pleines avec les éehancrées &les composées ; il en est de ciselées, degnillochées, de bosselées, dont fart aemprunté des enjolivemcns: dans cellesd n cleditsia , je m’amuserois à compterles folioles que la nature y a placées en sigrand nombre , & dispoíéesavec tant desymmétrie.
Je vous appeilcrois des confins ditmonde , arbres & arbrisseaux qu’un cielinconnu voit fleuri dans cette saison : letulipier des Iroquois couvrira ma tête rieson dais élevé, d’où tombent des houpesmêlées de trois couleurs: le catalpa, dontune feule Feuille Forme un parasol, sem-ble fait pour braver les feux de la cani-cule ; à son abri impénétrable , je verraipendre de ses rameaux les giranduies de