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Tome V. BI - CALZ.
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íes larges tubes, dont le blanc est lavéfie jaune & de violet : ailleurs Tacaciade Caroline qui ornoit d’abord les der-niers jours de mai, déploycra pour la se-conde fois les fi anges nombreuses de lesfleurs, où un jaune tendre expire fur unincarnat li FraiR Ses boules blanches descéphalantes , les pâles épis des clethras,f u r-tout les vases superbes des althe'as,dont la culture a tant varié les nuances,me consoleraient de la perte des arbresfleuris qui n’embellissent nos climatstju’aux heures charmantes de l’enfance«ie Tannée qui fuient, hélas ! d’un pas íìléger.

Sur les berceaux, autour des arbres &parmi les buissons, je ferois serpenter ,ou je relèverais en écharpe les chèvre-feuilles tardifs , les bignones à bouquetaurore, les morelles grimpantes semées'de saphirs; le doux jasmin & ces cléma-tites , dont les fleurs rouges ou bleues,S: semblables à des anémones, couvrentla terre d’une pluie de pétales : près desfilées, furies devants, au pied des ar-bres , autour des buissons , brilleraientse salin des lis, le luxe des œillets, &k flamme des martagons.

Qui m’empêcheroit de jeter dans uncoin la courge rampante,de fouler parmiles herbes le fraisier des Alpes, de cueil-lir en passant fur les rameaux qui s’in-clioent, Vabricet, la prune & la griotte,& d’oíFnr aux oiseaux les baies des ar-bustes, dont les couleurs diverses fontun nouvel ornement ? Ces haies , lesfleurs , la beauté d u Feuillage engage-raient la fauvette à redire Thymne gaidn printeins ; sombre rougi d» calville,Tété récréerait mes yeux ; le beurré &le rousselet tenteraient ma main : quandm’apportera-t-on ces fruits fous la voûtedes peupliers qui couvrent ce ruisseauque j’eutends coulêr? quand pourrai-jeprésentera Tamitiéces simples dons deTété fur des nappes de gazon ,& du vinfrais au moissonneur?

J’ai senti avec délire; j’ni observé avecintérêt; je vais jouir paisiblement. Latranquille automne vient tempérertoutela nature; les pluies bénignes vont ra-jeunir les prairies qne HétritToit la lu-mière : un jour plus doux vient éclairerles pommes d’or qui la couronnent.Hiais que sent, hélas ! les richesses sens

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la joie ? Essayons d’égayer ces heure»moins intéressantes du soir de Tannée:réunissons pour les embellir, les objetsgracieux qui le trouvent épars fous desclimats différens des arbres communs;plusieurs étrangers conservent leur pa-rure jusqu’aux jours les plus froids; ilen est mêmealors qui accordent quelquesfleurs : Témail rì’un grand nombre deplantes reluit encore fous les premiersFrimas: le vermillon des ombelles dessorbiers a plue d’effet que les grenades;Tambre du raisin , le carmin des poires,séduisent la vue comme les bouquets, &réveillent de plus tous les autres sens: lebeau coup d’œil, lorsque dans les cam-pagnes toutes les couleurs ont disparu!mais c’est du voisinage des bosquets d’hi-ver qu’il recevra l'on plus grand agré-ment.

Cette longue nuit de Tannée u’est pastoujours ténébreuse ; son crépuscule sanuance avec les derniers rayons de T au-tomne. Avqnt de paraître, l’awore duprintetns jette un voile moins épais furses dernieres heures: du sein même de saplus grande obscurité, la nature se ré-veille par intervalles, & promené un ins-tant autour d’elle un regard lumineux;il ue peut éclairer qn’une scene lugubre,si Ton n’a soin de parer la terre d’une■ verdure ineffaçable , & de diriger vers, le ciel les arbres dont le feuillage ne pé-

- rit pas.

: C’eft vous que j’aimerai alors, ccdres

: immortels , dont les branches fourrées

- nagent dans les airs comme des nuages !i gc-nevriers qui laissez tomber négligcm-: ment vos rameaux! cyprès dontles cimes: pyramidales vacillent fans cesse! & vous,

1 arbres de vie, qui flottez comme des: étendards ! magnolias, dont les feuillesi prodigieuses s'é tendent&bri! lent comme; des Fers de lance ! vous aussi , sapins,

: dont les fléchés partent fièrement desi étages réguliers qui les appuient ! venez

groupper dans ce paysage, il recevrac l’effet de son coloris des tons variés dea vos verds sombres ou mats; les tons pluse suaves & plus herbacés y jetteront les

- jours ; les branches revêtues de feuilles

- amples & pleines s’y mêlent parmi lesr brosses bleuâtres de celles des pins;

celles-ci vont croiser ou plonger devants les blocs obscurs des ifs j d’autres plus