Zi8 BOT J BOT
íl n’en tirera aucune lumière ,paroe qnele nom d’une chose qu’nn ne connoít pas,n’en peut rappelicr aucune idée. II fau-dra donc qu’il observe la plante , qu’ilJ’examine, & qu’il s’en forme une idéedistincte : i! y parviendra en la yoyant ;& s’il expose, s’il décrit tout ce qu’ilaura vu , il communiquera aux autres laçormoissance qu’il aura acquise. Alors lenom servira de ligne pour lui rappellerl’idée de cette plante à lui-même & àceux qui auront lu la description: maisil est impossible qu’un nomtienne jamaislieu ue description, ce signe peut rappel-ler l’idée d’une chose connue, mais ilne peut passionner l’idée d’une chose in-connue.
Cependant on a fait des tentatives in-finies pour parvenir à étendre les nomsdes plantes, à les compliquer & les com-biner , de faqon qu’ils puissent donnerune idée distincte des plantes, fans qu’ilfût nécessaire de les avoir vues, ou d’euavoir lu la description entiere. Ce projetne tendoit à rien moins qu’à Former unescience de la nomenclature des plantes,s’il eût réussi : mais on a échoué dansl’exécution autautde fois qu’on l'aentre-prsse , parce que les descriptions ne peu-vent pas être réduites en nomenclature,& que par conséquent les noms ni lesphrases ne peuvent pas être équivalensaux descriptions.
Les nomenclateurs ont entrevu la vé-íité de cette objection , & pour surmon-ter cette difficulté, ils ont joint au nomune petite partie de la description. C’eilce composé qu’ils appellent phrase. Ilsont tâché d’y faire entrer les caractèresspécifiques : mais comme ils n’ont pucomprendre dans ces phrases,c’est-à-diredans les noms des especes, qu’une partiede la description qui ne pouvoit pas don-ner une idée de la plante, ils ont préten-du suppléera ce défaut, en attribuantau nonï générique une autre partie de ladescription. Ces deux parties étant dési-gnées par les noms du genre, & la phrasede l’espeee étant encore trop imparfaitepour faire rcconnoître la plante , ils ontcompris dans l’énoncé de l’ordre & de laclasse d’autres parties de la description :mais quelque art qu’ils aient employépour combiner toutes ces partitions ,ils n’ont pu parvenir à donner une idée
distincte de la plante, parce qu’ils n T orîïpas rapporté la description en entier.
Cette description complété est absolu-ment nécessaire pour caractériser uneplante , de faqon qu’on la puisse distin-guer de toute autre plante : c’eit une lotconstante pour tous les objets de l’histoi-re naturelle , & principalement pourceux qui font aussi nombreux que lesplantes. Cependant on a tâché d'éludercette difficulté insurmontable dans lanomenclature , eu se persuadant quel’on trouveroit daus les plantes , desparties dont la description pourroifcsuppléer à la description de la planteentiere, & que ces parties seroient as-sez constantespour ne manquer à aucuneplante , assez varices pour fournir descaractères à chaque espece , & a fiez évi-dentes pour être facilement reconnues.ÇJ’a été par le moyen de ces attributsimaginaires, que l’on a prétendu réduirela nomenclature en système, en méthode,en distribution méthodique; &ÍÌ l’on eacroît les plus enthousiastes des nomen-clateurs , ce système est le syftcme de lanature ; cependant la nature dément iìchaque instant de pareils systèmes.II n’ya dans les plantes aucunes parties qui l'emanifestent dans toutes les especes: lesfleurs & les semences,qui paroissent êtreles parties les plus essentielles , & parconséquent les plus constantes , ne sontpas reconnoissables dans plusieurs espe-ces. C’est pourtant fur les parties de lafructification, que les systèmes les plusvantés sont établis. Mais comme leurFondement n’est pas plus sûr que les fon-demens des autres systèmes de nomen-clature, ils ne se soutiennent pas mieux,& ils ne sont pas moins éloignés les unsque les autres du système de la nature.î 7 . Méthode.
En effet, comment peut-on espérer cîesoumettre la nature à des loix arbitrai-res ? sommes-nous capables d.e distin-guer dans un individu qn’elle nousprésente, les parties principales & lesparties accessoires ? Nous voyons desespeces de plantes , c’est-à-dire des in-dividus qui font parfaitement reffem-blans ; nous les reconnoiflons avec cer-titude, parce que nous- comparons le*