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Tome V. BI - CALZ.
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individus tout entiers : mais dès f qu’onfait des conventions pour distinguer lesespeces les unes des autres , pour établirdes genres & des classes, en tombe né-cessairement daiìs Terreur, parce qu’onperd de vue les individus réels pour fui- ,vre un objet chimérique que Ton s’eflformé. Delà viennent Tincertitude desnomenclateurs fur le nombre des espe-ces , des genres & des classes, & la mul-tiplicité des noms pour les plantes; parconséquent toutes les tentatives que Tona faites pour réduirela nomenclature desplantes en corps de science , ont rendu laconnoissance des plantes plus difficile &plus fautive qu’elle ne le seroit, si on nese servoit que de ses yeux pour les re-connoître , o» si on n’employoit qu’unart de mémoire fans aucun appaieilseien-tifique.Ces systèmes n'ont servi àl'avan-cemcnt de la Botanique , que par les des-criptions exactes de plusieurs parties desplantes, & par les observations que Tona faites fur ces mêmes parties, pour éta-blir des caractères méthodiques.

Voilà donc à quoi ont servi toutes lesméthodes que Ton a imaginées jusqu’icidansla nomenclaturedesplantes.Voyonsà présent ce que Ton pourroit attendrede ces mêmes méthodes, en supposantqu’elles fussent portées au point de per-fection tant desiréparles nomenelateurs.Quiconque seroit bien instruit de ce pré-tendu système de la nature, auroit à lavérité un moyen infaillible de recon-ïioìtre toutes les especes déplantés, &de les distinguer les unes des autres :mais l’application de ce système paroî-troit immense dans le détail ; & ce se-roit vraiment un chef-d’œuvre de com-binaisons & de mémoires, dont peu depersonnes seroient capables , que depouvoir rapporter fans équivoque vingtmille noms à vingt mille plantes que Tonne connoîtroit presque pas. D’ailleurstin pareil système de nomenclature , uneauffi grande connoissance de noms & déphrases, ne pourroit en aucune façonnous instruire de la culture & des pro-priétés des plantes , puisque ces deuxparties de la Botanique demandent cha-cune des observations toutes différentesde celles que suppose la nomenclature.lía méthodiste observe scrupuleusement

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la position, le nombre,& la Forme de cer-taines parties de chaque plante : mais iln’en peut tirer aucune conséquence pourla culture; parce que, suivant ion sys-tème , le nombre , la position , &la for-me de ces parties, doivent être les mê-mes en quelque climat que se trouve laplante, L de quelque faqon qiTelle soitcultivée. Ces mêmes observations nepeuvent donner aucune lumière pour lespropriétés des plantes. La preuve en estconnue. Nous lavons parfaitement quetontes les plantes que Ton rapporte aumême genre, n’ont pas les mêmes pro-priétés : ce fait a été constaté dans tousles systèmes de nomenclature qui ont étéfaits jusqu’à présent; & malheureuse-ment on peut dire d’avance qu’il seraconfirmé par tous ceux que Ton pourrafaire dans la fuite. Cependant les métho-distes les plus zélés pour la découvertedu prétendu système de la nature,ont an-noncé qu’on pourroit parvenir à indiquerles propriétés desplantes par les vrais ca-ractères génériques. Ils prétendent mê-me qu’on a déja établi plusieurs de cesvrais caractères qu’ils appellentflaí&re/r,& qui se font soutenus dans la plupartdes méthodes. 81 cela est, ce ne pent êtreque Teffet d’un malheureux hasard : carles méthodistes ne peuvent changer lespropriétés des plantes, comme Tordre deleur nomenclature.

II seroit bien à souhaiter qn’il fût pos-sible d’établir un pareil système. Cettedécouverte seroit plus profitable au gen-re humain , que celle du système dumonde; cependant elle ne nous dispen-se roi t pas de faire des expériences pourdécouvrir de. nouvelles propriétés dansles plantes, il y avoit beaucoup de gen-res qui ne comprendroient que des espe-ces dont on 11e connoîtroit pas les pro-priétés. Quoìqu’on pût tirer quelque in-dication de la propriété générale attri-buée à la classe , il sa u d roi t encore ac-quérir de nouvelles lumières pour assi-gner le degré d’efficacíté des plantesd’un de ses genres: d’aillenrs toutes lesespeces d’un même genre seroient-elleségalement actives, demanderoient-eliesla même préparation , gfc. ? Je n’insis-terai pas davantage fur une suppositionchimérique; il me suffira de faire ob-server, qu’autant la nature est iiidépeu.