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Tome V. BI - CALZ.
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lîans uns régné où la fureur homicide atrouvé des poisons.

Autrefois peut-être on connoissoitplus de plantes douces de vertus singu-lières , qu’on n'en connoît à présent. Unheureux hasard en avoirfáns doute in-«íiqiié quelques-unes, Sc la voie de l’é-preuve en avoit fait découvrir d’autres.Les remedes éprouvés formoîent toutela médecine des anciens. En Egypte , àBabylone, on expofoit les malades de-vant les portes , afin que les paffanspussent leur indiquer des remedes. Lapharmacie n’empioyoit encore que leslotions & décoctions. Long-temps lamédecine des Arabes ne consista guereque dans Tissage de certaines plantes, &c’est à quoi celle des jongleurs de l'Amé-rique sc borne aujourd’hui : quoi qu’ilen soit, les sauvages ont trouvé de bonsremedes dans le régné végétal,& fur-toutdes contre-poisons infaillibles.

A Tégard des peuples policés, ilsn’eurent pas plutôt renoué le fil des con-ítoissances qu’on devoir à Hippocrate ,qu’ils ne voulurent plus abandonner anhasard , on au danger d’une épreuveaveugle, la découverte des vertus desplantes, ils fe flattèrent de trouver dansla chymie qui venoit de naître en Orient,lin moyen fur de les reconnoître. Uscrurent pouvoir enchaîner les plantespar Tanalyfe forcée, & les obliger àdéclarer , pour ainsi dire , leurs secrets ;mais plus souples que Protée, elles ontéchappé à la curiosité des chymistes ,dans le nombre des principes végétauxmis en désordre par faction d n feu, lesplus subtils ont disparu , & d’autres ontquitté leur base, pour former de nou-veaux composés: iin’ya guere que lesplus fixes qu’on ait pu dégager dans cetteespece d’analyse. Comme on dút êtredéconcerté , lorsqn’on obtint les mê-mes résultats des plantes très - différen-tes ! lorsqu’on retira , par exemple,comme Tattestent les Mémoires de l'aca-démie des Sciences , des principes sem-blables & dans la même quantité d nftramonium vénéneux & du choux sa-lutaire.

Rebuté par ce mauvais succès, &n’espérant plus rien d’un élément féroce& destructeur , on eut recours à unpienstrue tout opposé j on espéra que >

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Peau dont Faction est lente & modérée»ubtiendroit ce qui avoit échappé au feu jmais les macérations & triturations n’onSsouvent tiré de plantes différentes qn»les mêmes sels qui fe sont trouvés quel-quefois semblables auxsels minéraux. Sicette analyse en a découvert dans plu-sieurs qui lenoient à l’cssence même de 1*plante, parmi ces sels essentiels , il n’enest que très-peu dont l’efficacité soit bienconstatée.

Cependant on a éprouvé que, si lessubstances animales sont trop analoguesà nos humeurs pour y produire quelquechangement notable, les minéraux ancontraire en diffèrent trop pour ne pasy causer dans plusieurs cas une funesterévolution. Quoique les plantes pasleur commerce avec le régné minéral napuissent que fe pénétrer de ses principes,ils y sont tellement atténués, modifiés,édulcoréspar lafiltration, qu’elles sem-blent avoir été spécialement destinéespar la nature à la curation de nos maux.

Combien donc n’est- il pas déplorableque nous ayions si peu de connoissancesfur la vertu des simples: le nombre deceux auxquels on en a reconnu est sipetit en comparaison d’une foule dontles propriétés ne sont pas même soupçon-nées: on en attribue de si diverses anxmêmes plantes, & de fi semblables à desplantes différentes , qu’il faut regarderla thérapeutique végétale comme très—défectueuse. Ainsi , à Tégard des plantesusuelles , que Ton consulte plutôt Tex-périeuce des plus grands médecins queî’étalage fastueux des pharmacopées, afinde n’annoncer dans leurs articles particu-liers que leurs vertus les moins équivo-ques.

11 étoit aisé de s’affprer de Futilité desplantes relativement aux arts & aux mé-tiers : les effets des gommes, dçs rési-nes, des jus colorans, iles substances hui-leuses, Nc. n'avoient rien qui ne frap-pât les sens, ou du moins quelque acci-denta dû bientôt les faire connoître. Lesteintures végétales étoient en usage long-temsavant qu’Hercule, Tyrien, eût tiréla pourpre fameuse d’une veine d’untestacée; & lors même qu’une industrieplus savante eut mis la main à quelquessubstances végétales, pour les appropriéeà nos besoins, également éclairé par sos