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frapper par ries objets sensibles & maté-riels , qui s’engendrcnt & qui se produi-sent l’un l’autre, on ne peut se per-suader qu’avec peine , que la chose sesoit faite autrement,&.on fait préexisterla matière sur laquelle Dieu a travaillé;c’est ainsi que Flutarque comparoit Dieuà un charpentier qui bâtissoit un palaisdes matériaux qu’il avoie assemblés, &à un tailleur qui faisoit un habit d’uneétoffe qui existoit. F. Chaos.
On avoue aux cabalistes, qu’il est vraiçkc rien ne peut être fuit de rien , &qu’il y a, comme ils disent, une opposi-tion formelle & une distance infinie entrele néant & l’étre , s’ils entendent par-làces trois choses. i°. Que le néant & í'êtresubsistent en même tems : en effet, celaimplique contradictionauíîì évidemmentque de dire qu'un homme est aveugle &qu’il volt: mais comme il n'est pas im-possible qu’un aveugle cesse de l’étre, &volt les objets qui luiétoientauparavantcachés, il n’est pas impossible aussi que cequi n’existoit pas acquière l’existence,&devienne un être. a°. II est vrai que lenéant ne peut concourir à la productionde I’être ; il semble que les cabalistes re-gardent le néant comme un sujet fur le-quel Dieu travaille, à-peu-près commela boue dont Dieu se servit pour créerrhomme;& comme ce sujet n’existoitpoint, puisque c’est le néant, les caba-listes ont raison de dire que Dieu n’a putirer rien du néant. II seroit ridicule dedire que Dieu tire la lumière des ténè-bres ,fì on entend par-là que les tene-bies produisent la lumière , mais rienti’empêehe que le jour ne succédé à lanuit ,& qu’une puissance infinie donnaI’être à ce qui ne l’avoit pas auparavant.Le néant n’a été ni le sujet, ni U ma-tière, ni l’instrument, ni la cause desêtres que Dieu a produits. II semble quecette remarque est inutile, parte quepersonne ne regarde le néant comme unfond fur lequel Dieu ait travaillé,ou quiait coopéré avec lui. Cependant c’est ence sens que Spïnosa, qui avoit pris ceprincipe des cabalistes, combat la créa-tion tirée du néant: il demande avec in-sulte : Jì on conçoit qìie la vie pnijfe sortiráe ia mort : dire cela , ce seroit regarderHies privations comme les cmtscs d'uneinfi-mté d’effets ; c'est la même chose que JÌ onfouie V. Fart, IL
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d foi t, le niant U la privation de titresónt la cause de fêrre.Spiiiosa & ses maî-tres ont raison ; la privation d’une chosen’en est point la cause. Ce ne sont ni lesténèbres qui produisent la lumière,ni lamort qui enfante la vie. Dieu ne com-mande point au néant comme à un es-clave qui est obligé d’agir & de plier sousses ordres, comme il ne commande pointaux ténèbres ni à la mort, d’enfanter lalumière ou Ia vie. Le néant est toujoursnéant , la mort & les ténèbres ne fontque des privations incapables d’agir:mais comme Dieu a pu produire la lu-mière qui dissipe les ténèbres, & ressus-citer un corps, le même Dieu a pu aussicrcer des êtres qui n’existoient point au-paravant, & anéantir le néant, u on peutparler ainsi,enproduisant un grand nom-bre de créatures. Comme la mort ne con-court point à ia résurrection , & que ksténèbres ne font point le sujet fur lequelDieu travaille pour en tirer la lumière,le néantanffi neeoopere point avec Dieu,& n’est point la cause de I’être, ni la ma-tière fur laquelle Dieu a travaillé pourfaire le monde. On combat donc ici unfantôme; & on change le sentiment deschrétiens orthodoxes, afin de le tournerplus aisément eu ridicule. 3 0 . Enfin ilest vrai que rien ne se fuit de rien ou parrien, c’est-à-dire sans une cause qui pré-existe. II seroit, par exemple , impossi-ble que le monde te fût Fait de lui-mêtne;il salloit une cause souverainement puis-sante pour le produire.
L’axiome , rien ne se fait de rien, estdonc Vrai dans ces trois sens.
II. Principe. II n'y a donc peint dtsubstance qui ait été tirée du néant,
III. PeíncipE. Donc la. matière ftiê-nte ria pu fartir du néant.
IV. PEiNCIPE, La matière, à caustde ja nature civile , ne doit point son ori-gine à elk-même : la raison qu’en donneIrira , est que la matière n’a point deForme, & qu’elle n’est éloignée du néantque d’un devis.
V. PïtNCiPE. De - là il t ensuit quedam la nature il riy a point de matièreproprement dite.
La raison philosophique que les caba-listes donnent de ce principe, estqu*Vintention de la cause efficiente est desaire
ouvrage qui lui soit semblable 1 or Ift
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