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Tome V. BI - CALZ.
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Cab. Difirt. IV. la f. vij.') donnent hcet Adam lin commencement : ils ontmême placé un espace entre lui & l'jnfini,pour marquer qu’il étoit d’une essencedifférente & fort éloignée de la perfectionde la cause qui l’avoit produit; & malgrél’empire qu’on lui attribue pour la pro-duction des autres mondes, il ne laissepas d’approcher du néant, & d’être com-posé de qualités contrastes; d’ailleurs lesJuifs qui donnent souvent le titre defils à leur Seir-Anpht , ne ('attribuentjamais à Adam Kadmon qu’ils élèventbeaucoup an dessus de lui.

On distingue quatre sortes de mondes,& quatre maniérés de création.

i°. II y a une production par voie d’é-manation ; & ce font les séphïrots & lesgrandes lumières qui ont émané de Dieu,& qui composent le monde Azileutique ;c’eil le nom qu’on lui donne. Ces lumiè-res font sorties de l'être infini , commela chaleur fort du feu, la lumière dusoleil, & l’effet de la cause qui le pro-duit. Ces émanations font toujours pro-che de Dieu , où elles conservent une lu-mière plus vive & plus subtile; car lalumière se condense & s’épaisfit à pro-portion qu’on s’éloigne de l’Etre infini.

Le second monde s’appelle Eritiihique,d’un terme qui signifie dehors ou déta-cher.

On entend par-là le monde ou la créa-tion des aines qui ont été détachées de lapretniere cause, qui en font plus éloi-gnées que les féphirots,& qui par consé-quent font pins épaisses& plus ténébreu-ses. On appelle ce monde le trône de lagloire, & les sephirots du monde supé-rieur y versent leurs influences.

Le troisième degré de la création re-garde les anges. On assure ( Philos. Cabb.dijs. 1. cap. xvij.j qu’ils ont été tirés dunéant dans le dessein d’être placés dansdes corps célestes, d’air ou de Feu ; c’estpourquoi on appelle leur formation Je-Jirah, parce que ces esprits purs ont étéformés pour une substance qui leur étoitdestinée. 11 y avoit dix troupes de cesanges. A leur tête étoit un chef nomméJPlétraton , élevé aII dessus d’eux , cou-templant incessamment la face de Dieu ,leur distribuant tous les jours le pain deleur ordinairc.iìs tirent de lui leur vie &leurs autres avantages ; c’est pourquoi

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tout l’ordre angélique a pris son nomê

Enfin Dieu créa les corps qui ne sub-sistent point par eux-mêmes comme lesâmes, ni dans lin autre sujet, comme,les anges. Ils font composés d’une ma-tière divisible, changeante ; ils peuventse détruire, & c’est cette création dumonde qu’ils appellent AJìah. Voilà Vidéedes cabaliftes , dont le sens est que Dieua formé différemment les aines, les an-ges , & les corps ; car pour les émana-tions ou le monde Azileutique,ct font lesattributs de la divinité qu’ils habillenten personnes créées, ou des lumières quidécoulent de l’Etre infini.

Quelque bizarres que soient toutes cesimaginations, on a tâché de justifier lesvisionnaires qui les ont enfantées , & ceíont les chrétiens qui se chargent sou-vent de ce travail pour les Juifs. Maisil faut avouer qu’ils ne som pas toujoursles meilleurs interprètes de la cabale. Ilspensent toujours à la Trinité des person-nes divines; & quand il n’y auroit qnece seul article dont ils s’entétent, ilsn’entreroient jamais dans le sentimentdes cabaliftes. Ils nous apprennent feu-lement par lenr idée de la Trinité, qu’onpeut trouver tout ce qu’on vent dans lscabale. Cohen Irira dans son livre inti-tulé : Philos, cab. disert. V, chap. viij ,nous fait mieux comprendre la penséedes cabaliftes, en soutenant, i°. que lalumière qui remplissoit toutes chosesétoit trop subtile pour former deS corpsni même des esprits. II falloit condensercette lumière qui émanait de Dieu.Voilàune pretniere erreur, que le monde estserti de la divinité par voie d’émanation,& qne les esprits sont sortis de la lumiè-re. 2 °.I! remarque que Dieu ne voulant,pas créer immédiatement lui-même, pro-duisit un être qrt’il revêtit d'un pouvoirsuffisant pour cela , & c’est ce qu’ils ap-pellent Adam premier ou Adam Kadmon .Ce n’tst pas que Dieu ne pût créer immé-diatement, mais il eut la bonté de ne lepas faire, afin que son pouvoir parûtavec plus d'éclat, & que les créaturesdevinssent plus parfaites. q°. Ce premierprincipe qne Dieu produisit, afin de s’enservir pour la création de l’rinivei'S, étoitfiíii & borné : Dieu lui donna les perfcc-| fions qu’il a , lui laijsa les défauts qu'il' »’« pas. Dieu est indépendant, & ct pre-