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Tome V. BI - CALZ.
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mier principe dépendoit de lui ; Dïen estinfini, & le premier principe est borné,il est immuable, & la premiere causeétoit sujette au changement.

II faut donc avouer que ces théologienss’éloignent des idées ordinaires, & decelles que Moïse nous a données fur lacréation. Ils ne parlent pas seulement unlangage barbare; ils enfantent des er-reurs, & les cachent fous je ne fais quel-les figures.On voit évidemment par IsaacLoriia , commentateur Juif, qui suit pasà pas son maître, qu’ils ne donnent pasimmédiatement la création à Dieu ; ilsfont même consister fa bonté à avoir faitlin principe inférieur à lui qui pût agir.Trouver Jesus-Chrift dans ce principe,c’est non feulement s’éloigner de leuridée, mais en donner urie très-Fausse duFils de Dieu , qui est infini , immuable,L indépendant.

Si on descend dans un plus grand dé-tail ; on aura bien de la peine à ne sescandaliser pas du Seir Aitfin , qui esthomme & femme ; de cette mere, cepere ,cette femme ou Nucha , qu'on fait inter-venir ; de cette lumière qu’on fait sortirpar le crâne, par les yeux & par lesoreilles du grand Anpin. Ces métaphoressont-eU.es bien propres à donner unejuste idee des perfections de Dieu , & dela maniéré dont il a créé le monde ? II ya quelque choie de bas & de rampantdans ccs figures , qui, bien-Ioín de nousfaire distinguer ce qu'on doit craindre &ce qu on doit aimer , ou de nous unir à ludivinité ravilissent, & la rendent mé-prisable aux hommes.

Voilà les principes généraux de la ca-lale, que nous avons tâché d’exptiqueravec clarté, quoique nous ne nous flat-tions pas d’y avoir réussi. II faut avouerqu’.l y a beaucoup d’extravagance,& mê-me de péril dans cette méthode; car si onne dit que ce que les antres ont enseignésur les opérations & fur les attributs deDieu,il est inutile d’employer des allégo-ries perpétuelles, & des métaphores ou-trées, qui, bien loin de rendre les véritéssensibles, ne servent qu’à les obscurcir.C’est répandre nu voile sur un objet quiétnit déja caché, & dont on ne décou-vroit qu’avec peine quelques traits.D’ail-leurs, on renverse toute l’Ecriture, ou«n change le feus, & jusqu’aux mots,

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aíîn de pouvoir trouver quelque fonde-ment & quelque appui à ses conjectures-On jette même souvent les hommes dansl’erreur , parce qu’il est impossible desuivre ces théologiens, qui entassent fi-gures fur figures, &qui ne les choisis-sent pas toujours avec jugement. Ce mé-lange d’hommes & de femmes qu’o»trouve associés dans les splendeurs , leurunion conjugale , & la maniéré dont ellese fait, sont des emblèmes trop puériles& trop ridicules pour représenter lesopérations de Dieu,L fa Fécondité.D’ail-'leurs, il y a souvent une profondeur siobscure dans les écrits des cabaliftes tqu’elle devient impénétrable : la raisonne dicte rien qui puisse s’aceorder avecles termes dont leurs écrits font pleins.Après avoir cherché long-temps inutile-ment, 011 se lasse, on ferme le livre ; o»y revient une heure après ; on croit ap-peroevoir une petite lueur,mais elle dif-paroit auffi-tôt. Leurs principes parois-sentd’abord avoir quelque liaison, maisla diversité des interprétés qui les ex-pliquent est fi grande , qu’on ne fait où.se fixer. Les termes qu’on emploie fontfi étrangers ou fi éloignés de l’objet,qu’on ne peut les y ramener ; & il y alieu d’étre étonné qu’il y ait encore deipersonnes entêtées, qui croient que l’onpeut découvrir ou éclaircir des véritésimportantes, en se servant du secours dela cabale. II seroit difficile de les guérir :d’ailleurs, si en exposant aux yeux cettescience dans son état naturel, on ne s’ap-perqoit pas qu’elle est creuse & vuideque sous des paroles obscures, souventinintelligibles à ceux mêmes qui s’en ser-vent, on cache peu de chose; tous lesraisonnemens du monde ne convain-croient pas. En effet, un homme de bonsens qui aura étudié à fond les séphirots,la couronne qui marque la perfeHion , lafagejfe , ou la magnificence , en compren-dra-t-il mieux que Dieu est un être infi-niment parfait, & qu’il a créé le monde?Au contraire , il faut qu’il fasse de lon-gues spéculations avant que de parvenirlà. II faut lire les cabaliftes , écouter lesdifférentes explications qu’ils donnent àleurs splendeurs , les suivre dans les con-séquences qu’ils en tirent, peser si ellesfont justes. Après tout, il faudra eu re-venir à Moïse > & pourquoi n’aller pas